Normandie et Paris, plusieurs expositions impressionnistes Contenu abonnés


Savez-vous d’où vient le terme « impressionnisme » ? Oh oui. C’est une Impression de déjà vu que donne aujourd’hui le soleil levant de Monet. Et pourtant, l’impressionnisme suscite toujours l’engouement du public. Cette année encore, les expositions fleurissent en France, liées au Festival Normandie impressionniste qui célèbre sa troisième édition. Le thème choisi pour 2016 a le mérite de surprendre puisqu’il s’agit du portrait. Certains musées disciplinés respectent la règle - le Musée André Lemaître expose les portraits dans l’œuvre… d’André Lemaître, le Musée de Vernon a choisi des portraits de femmes par des femmes – d’autres contournent la difficulté en proposant de faire le portrait indirect d’un artiste à travers une exposition monographique. L’un des fers de lance du festival, le Musée des Beaux-Arts de Rouen, traite comme à chaque fois le sujet de manière globale – et brillante. Il élargit toutefois le thème aux scènes de la vie quotidienne. Il s’agit de montrer que les impressionnistes, et les artistes de leur entourage, n’ont pas peint que des paysages, mais ont su traduire la vie moderne et les transformations socio-culturelles qu’elle a entraînées.

Scènes de la vie impressionniste au Musée des Beaux-Arts de Rouen

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1. Paul Cézanne (1839 - 1906)
Portrait du fils de l’artiste, 1881-1882
Huile sur toile - 38 x 38 cm
Paris, Musée de l’Orangerie
Photo : RMN-GP / Franck Raux

L’exposition de Rouen alterne avec bonheur les œuvres connues et moins connues, venues de loin parfois (États-Unis, Allemagne, Suède…). Ainsi on verra l’incontournable portrait de Berthe Morisot par Manet, et La Fille du Patron par Gauguin, moins iconique, tableau de transition à la touche encore impressionniste, mais dont l’arrière-plan décoratif, presque abstrait, annonce le synthétisme.
L’accrochage ménage d’éloquentes confrontations comme ces deux portraits de famille face à face, offrant deux visions différentes de la vie dans les appartements haussmanniens : Louise Abbema avec son Déjeuner dans la serre (1877) dépeint une réunion à la fois familiale et amicale dans un intérieur exubérant, envahi de plantes vertes, de tapis, coussins, tentures ; il s’agirait du jardin d’hiver de Sarah Bernhardt, vêtue ici d’une robe blanche, avec qui l’artiste a entretenu une amitié amoureuse. Abbema se tient juste derrière, accoudée, songeuse. Quel contraste avec le portrait que Fantin-Latour fait de sa belle-famille (1878), les Dubourg, dont les membres, vêtus de noir, ont une allure sévère, pour ne pas dire lugubre.

Les commissaires de l’exposition répartissent ces « scènes de la vie impressionniste » en onze sections. La visite s’ouvre sur des caricatures, celles que Monet réalisa lorsqu’il était au Havre. Puis se succèdent des portraits d’enfants et même d’adolescents ; cet âge de la vie reconnu à la fin du XIXe siècle est incarné par la belle Julie Manet, fille de Berthe Morisot et d’Eugène Manet, déclinée sur la toile par sa mère et par Renoir. La section sur…

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