Nombreuses restaurations grâce au mécénat à Vaux-le-Vicomte


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1. Charles Le Brun (1619-1691)
Le Triomphe de la Fidélité et Les Muses
Huile sur toile (centre) et huile sur enduit (voussures)
Vaux-le-Vicomte, château
Photo : Christian Gluckman

14/10/16 - Restauration - Château de Vaux-le-Vicomte - Désormais dirigé par les trois fils de Patrice de Vogüé, le château de Vaux-le-Vicomte est plus actif que jamais. Réussir à maintenir et à entretenir un monument de la taille et de l’importance de celui-ci est un exploit toujours renouvelé qui force l’admiration. Grâce notamment à une recherche très active de mécénat, accompagné pour les donateurs de réductions fiscales importantes, de multiples restaurations sont en cours. En revanche, les subventions directes, en raison de la forte baisse du budget de la Culture dédié au patrimoine (et malgré la communication trompeuse du ministère) sont désormais réduites à la portion congrue : 150 000 € en 2016 pour un budget global (fonctionnement et restaurations) de 9 000 000 d’euros !

Les Américains viennent aussi aider le château, et la restauration de la chambre des Muses qui vient de commencer1 peut avoir lieu grâce à la générosité de l’un d’entre eux, Alexis Gregory, qui finance entièrement les 450 000 € qu’elle va coûter. Il s’agit de deux plafonds : celui de la pièce elle-même, représentant Le Triomphe de la Fidélité (ill. 2), et celui de l’alcôve qui figure La Nuit, tous deux peints par Charles Le Brun pour Nicolas Fouquet.
Le Triomphe de la Fidélité était en assez mauvais état, la peinture s’écaillant en de multiples endroits, notamment sur la toile centrale. Celle-ci, fragilisée par l’onde de choc d’un bombardement de 1944, avait été restaurée à cette époque sans que les travaux aient été documentés. Un rentoilage a eu lieu, peut-être à ce moment ou plus anciennement, qui fragilise encore davantage la peinture. Elle devra être déposée (une opération qui aura lieu la semaine prochaine), puis sera débarrassée de ses repeints qui, comme sur certains plafonds versaillais, sont assez nombreux.


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2. Charles Le Brun (1619-1691)
Détail des voussures de la chambre des Muses
Huile sur enduit
Vaux-le-Vicomte, château
Photo : Didier Rykner
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3. Charles Le Brun (1619-1691)
Détail des voussures de la chambre des Muses
Huile sur enduit
Vaux-le-Vicomte, château
Photo : Didier Rykner

Comme pour les voussures (ill. 2 à 5), également assez largement repeintes, tout dépendra de la conservation de la couche picturale d’origine : si celle-ci s’avère bien conservée, ils seront enlevés (c’est, par exemple, ce qui s’est passé à Sceaux au pavillon de l’Aurore, où une grande partie de la peinture originale a pu être dégagée) ; si les repeints sont bien faits et recouvrent un vide, ils seront conservés faute de mieux ; si les repeints sont de mauvaise qualité, récents, et ne cachent pas de matière originale, une réintégration sera pratiquée. Toute cette opération se fera dans la pièce elle-même, et les visiteurs pourront y assister en direct à travers des vitres. Les voussures, peintes à l’huile sur enduit, et La Nuit, une huile sur toile en meilleur état, qui souffre essentiellement d’un fort encrassement, resteront en place pendant leur restauration.


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4. Charles Le Brun (1619-1691)
Détail des voussures de la chambre des Muses
Huile sur enduit
Vaux-le-Vicomte, château
Photo : Didier Rykner
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5. Charles Le Brun (1619-1691)
Détail des voussures de la chambre des Muses
Huile sur enduit
Vaux-le-Vicomte, château
Photo : Didier Rykner

Fin 2015, Le Sommeil (ill. 6), plafond de la petite pièce contigüe (le Cabinet des Jeux) avait déjà été restauré par la même équipe (pour 80 000 € dont 20 000 avaient été fournis par une vingtaine de mécènes).


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6. Charles Le Brun (1619-1691)
Le Sommeil
Huile sur toile
Vaux-le-Vicomte, château
Photo : Didier Rykner

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Jacques Loysel (1867-1925)
L’Enlèvement d’Europe
Pierre
Vaux-le-Vicomte, château
Photo : Service de presse

Grâce aussi au mécénat (réparti entre plusieurs donateurs), une grande campagne de restauration des sculptures du parc a été entamée2. 60 sculptures sont traitées entre février et novembre 2016, chacune d’entre elle étant soutenue par un mécène, pour des montants allant de 2 500 à 10 000 €, et pour un budget global de près de 770 000 €. Certaines d’entre elles datent du XVIIe siècle comme Les Lions et L’Écureuil de Matthieu Lespagnandel, Les Quatre Saisons ou Les Quatre parties du monde, d’autres sont du XIXe siècle comme L’Enlèvement d’Europe de Jacques Loysel (ill. 7) ou des groupes sculptés par Émile Peynot.

Signalons enfin une nouvelle importante pour nos lecteurs non motorisés qui souhaiteraient visiter Vaux-le-Vicomte (il faut s’y rendre, d’abord parce que c’est magnifique et qu’on n’y retrouve pas les dérives de Versailles, ensuite parce qu’il faut soutenir ce monument). Une navette est désormais disponible pour pratiquement tous les trains, entre la gare de Verneuil-l’Étang et le château (voir ici). Le trajet prend à peine une heure, ce qui rend celui-ci désormais très accessible depuis Paris. Attention néanmoins : de début novembre à la fin de l’année, le château n’est ouvert que les week-end et pendant les vacances scolaires, et il est fermé de janvier à mi-mars.


Didier Rykner, vendredi 14 octobre 2016


Notes

1L’équipe est dirigée par Ariel Bertrand, restauratrice mandatée.

2Le chantier est confié à l’atelier de Serge Giordani.





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