Ne mettons pas les tableaux sous verre


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Andrea Mantegna (1431-1506)
Saint Sébastien
Huile sur toile - 255 x 140 cm
Paris, Musée du Louvre
Photo : RMNGP/R.-G. Ojéda

Les nouvelles de Lens sont heureusement très rassurantes : le feutre utilisé pour écrire sur la Liberté part assez facilement, l’épaisse couche de vernis du tableau ayant servi de protection.

Si cette affaire doit, à notre avis, poser une nouvelle fois la question de la pertinence du déplacement inutile de cette œuvre fragile qui ne devrait plus quitter le Louvre, il ne faudrait pas, comme on peut le lire ici ou là, que cela accélère un phénomène très regrettable qui se développe dans beaucoup de musées : le placement sous une protection excessive des œuvres, très coûteuse alors que l’argent manque, et qui empêche leur bonne contemplation. Il suffit de se rendre dans la grande Galerie du Louvre et d’essayer de regarder le Saint Sébastien de Mantegna (ill.) pour comprendre le problème.
La pose de verres et de caissons climatiques sur les tableaux est une véritable plaie qui ne doit se faire que dans quelques cas exceptionnels, et encore. Le risque zéro n’existe pas et on ne peut raisonner en fonction d’incidents en définitive fort rares et presque jamais irrémédiables.

A-t-on d’ailleurs pensé aux conséquences sur une évacuation rapide qui serait rendue nécessaire par un incendie ou une soudaine catastrophe ? Il serait alors très difficile de sauver des œuvres devenues trop lourdes ou inaccessibles par des systèmes de protection sophistiqués.
Ne répondons pas à de vraies questions par de mauvaise solutions.


Didier Rykner, vendredi 8 février 2013




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