Nancy : achat d’un tableau de Charles Dauphin et restauration d’une sculpture d’Émile Chatrousse


18/11/14 - Acquisition et restauration - Nancy, Musée des Beaux-Arts - Nous l’avions reproduit lors de son exposition chez Franck Baulme, il y a un an exactement (voir la brève du 14/11/13) : un tableau de Charles Dauphin, à l’iconographie rare, vient d’être acquis par le Musée des Beaux-Arts de Nancy (ill. 1).


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1. Charles Dauphin (1615-1677)
Le Mépris du Monde
Huile sur toile - 144 x 121 cm
Nancy, Musée des Beaux-Arts
Photo : F. Baulme Fine Arts

Cette toile représente Le Mépris du Monde : on y voit un jeune homme repousser dédaigneusement une allégorie ailée lui présentant des richesses terrestres sous la forme de couronnes, de bijoux, d’une caissette de pièces d’or et de pièces d’orfèvrerie. Il s’agit, si l’on en croit l’Iconologia de Francesco da Ripa, de la figure de L’Occasion : « Cette femme nue qui tient un voile à la main est le symbole de l’Occasion. Elle est chauve par derrière ; & chevelue par devant, pour nous apprendre qu’il la faut empoigner quand elle se présente, de crainte qu’elle ne nous échappe ; car elle est volage, & toujours prête à s’enfuir. Voila pourquoi elle est ici peinte ayant un pied en l’air, & l’autre sur une roue ». La roue ici est une sphère.


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2. Charles Dauphin (1615-1677)
Le Christ chassant les marchands du temple
Huile sur toile - 135 x 96,5 cm
Nancy, Musée des Beaux-Arts
Photo : H. Maertens/MBA de Nancy
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3. Charles Dauphin (1615-1677)
Le Temps dévoilant la Vérité
Huile sur toile - 125 x 155 cm
Nancy, Musée historique Lorrain
Photo : Musée Lorrain, Nancy/G. Mangin

Né à Nancy, Charles Dauphin, après une carrière parisienne, s’installa à Turin en 1655 jusqu’à sa mort en 1677. Avec cette œuvre récemment découverte, le corpus de l’artiste, encore réduit, s’enrichit notablement. Le Musée des Beaux-Arts conservait déjà une toile de lui acquise en 1988, Le Christ chassant les marchands du temple (ill. 2), tandis que le Musée Lorrain possède, lui, Le Temps dévoilant la Vérité (ill. 3).


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4. Émile Chatrousse (1829-1895)
Les crimes de la guerre, Salon de 1876
Marbre - 173 x 195 x 100 cm
Nancy, Musée des Beaux-Arts
Photo ancienne

Profitons de cette brève pour signaler également que le Musée des Beaux-Arts vient de restaurer une importante sculpture d’Émile Chatrousse, conservée depuis fort longtemps en réserve, qui sera bientôt réinstallée dans les salles. Ce marbre imposant, Les Crimes de la guerre, fut exposé au Salon de 1876 et évoque probablement les désastres de l’année 1870, la défaite contre les Prussiens et la Commune. Il s’agit incontestablement d’un chef-d’œuvre dans son genre, une œuvre néo-baroque pour reprendre le terme utilisé par Guillaume Peigné (écouter l’émission où nous le recevions), manifestement inspirée par l’art romantique de la première moitié du siècle mais également par l’Ugolin de Carpeaux.


Didier Rykner, mardi 18 novembre 2014





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