Museum connection. Enquête sur le pillage de nos musées


Auteurs : Emmanuel Pierrat et Jean-Marie de Silguy

jpg-couverture_connection-jpgVoilà un livre qui défie la critique. Il n’est pas une page en effet qui ne contienne une erreur, un amalgame douteux, une digression totalement hors sujet ou un argument de mauvaise foi.
Si le monde de la culture et des musées est souvent critiquable, il n’est nul besoin de créer des scandales imaginaires. On pardonnera à l’auteur de ces lignes de s’attarder aussi longtemps sur un aussi mauvais ouvrage. Mais vu la médiatisation à laquelle celui-ci semble déjà promis (voir à ce propos l’annexe à cet article, en bas de page), il est nécessaire d’en démonter la mécanique, avec des arguments concrets et incontestables.

Sa thèse est simple : le marché de l’art et le personnel des musées (au premier rang desquels les conservateurs) sont unis pour, soit par cupidité, soit par négligence, mener les musées à leur perte par le vol ou la disparition des œuvres d’art leur appartenant. D’après la quatrième de couverture : « les prédateurs sont au cœur de l’institution » ! Pour crédibiliser ses élucubrations, Emmanuel Pierrat s’est affublé d’un co-auteur sous pseudonyme qui serait un conservateur travaillant dans un grand musée. Peut-être, mais l’on s’étonne qu’une telle personne puisse avoir laissé passer toutes les erreurs factuelles que contient ce livre1.

Un de ses aspects remarquables est l’absence quasi complète de révélations. On cherche en vain les témoignages de première main qui nous sont promis en quatrième de couverture. Il ne s’agit absolument pas d’une enquête mais plutôt d’une revue de presse commentée de toutes les affaires sorties ces dernières années2, voire même au XIXe siècle puisque l’on est gratifié d’un long développement (p. 97-98) sur les vols commis dans les années 1840 (!) par un Inspecteur des bibliothèques, le comte Libri...
Dans ce livre, pour reprendre un trait d’humour fameux, beaucoup de choses sont vraies et beaucoup de choses sont nouvelles. Malheureusement, dans bien des cas, ce qui est vrai n’est pas nouveau et ce qui est nouveau n’est pas vrai.... Et parfois, ce qui n’est pas nouveau n’est même pas vrai : il est faux par exemple de dire que l’opération d’Atlanta rapporte au Louvre 15 millions d’euros (p. 189). C’est en réalité 5,5 millions d’euros, soit à peine plus d’un tiers.
Pour étayer sa démonstration, l’auteur emploie un certain nombre de techniques bien rodées qui peuvent tromper ceux qui ne connaissent pas les arcanes de nos musées. Ces procédés sont cependant utilisés d’une manière si grossière qu’il n’est pas très complexe de les débusquer.

Première technique : pratiquer l’amalgame. Dans cet ouvrage, on trouve de tout, mélangé et monté en épingle dans un melting-pot indigeste. Sont ainsi traités des sujets directement en rapport avec le thème du livre comme le récolement organisé depuis 1996 sous la direction de Jean-Pierre Bady, les réserves des musées, les dépôts du Mobilier National, certains vols ou détériorations d’œuvres d’art dus à des manquements internes aux établissements, des cas d’achat d’objets exportées illicitement de leur pays d’origine ou des affaires de legs manqués ou remis en cause par des héritiers. Une grande partie du livre est pourtant totalement hors sujet et n’a absolument rien à voir avec sa « thèse ». En vrac, l’auteur parle : du classement du Jardin à Auvers de Van Gogh (p. 130), des démêlés du propriétaire de la grotte Chauvet avec l’Etat (p. 142-143), des dégradations subies par Lascaux (p. 144), des règles de protection des monuments historiques (immobiliers !) classés (p. 135). Plus étonnant encore, pour dénoncer la supposé gabegie et malhonnêteté des musées français, on prend des exemples à l’étranger3, comme les démêlés du Getty avec l’Italie à propos des exportations illégales d’antiquités (p. 68-76), le vol du Cri de Munch (p. 76-82) et d’autres œuvres dans des musées européens, ou des exemples parfois très anciens sans beaucoup de rapport avec les musées tel que les vols de statues khmères par André Malraux dans les années 20 ! Mieux, certains exemples situés à l’étranger n’ont rien à voir avec les musées : les vols récents de grandes sculptures en métal au Royaume-Uni (p. 114-115), et même l’affaire des faux Vermeer de Van Meegeren juste après la seconde guerre mondiale (p. 62). Celle-ci « certes ancienne, est parfaitement révélatrice des pratiques douteuses qui ont toujours cours, aussi bien du côté des experts que parmi les collectionneurs et les musées » Et allez donc : l’affaire van Meegeren témoigne de la malhonnêteté des experts, des collectionneurs et des musées français !!
Dernier type de hors sujet, les problèmes des droits d’auteur, en particulier pour les reproductions d’œuvres (p. 195-202), y compris ceux des architectes ! (p. 216-221), le droit moral (p. 212-213) et la question de savoir qui est l’auteur d’une œuvre (on parle même du procès ayant abouti à reconnaître Richard Guino co-auteur des sculptures de Renoir !). Il faut dire qu’Emmanuel Pierrat est un avocat spécialisé dans ce domaine d’où il n’aurait pas dû s’éloigner.

Deuxième technique : faire de l’exception la règle. Deux conservateurs ont été, dans les années récentes, inculpés et condamnés pour vol. Deux sur des milliers de fonctionnaires honnêtes, qui exercent leur travail dans des conditions pas toujours faciles, pour un traitement faible compte tenu de leur niveau de compétence.
Les vols commis par des fonctionnaires sont évidemment des actes très graves, mais ils sont, on vient de le voir, rarissimes, et de toute façon à peu près inévitables. Dans tous les métiers il y a des brebis galeuses. Celles-ci étant sans doute trop peu fréquentes au goût de l’auteur, il se croit obligé d’aller en chercher à l’étranger pour asseoir sa démonstration et, dans un amalgame tendancieux (voir la première technique), laisser l’impression au lecteur qu’en France cette profession est profondément corrompue. On aura donc droit (p. 56 à 58) à l’affaire des objets ayant récemment disparu dans les réserves de l’Ermitage.

Troisième technique : s’indigner très fort de ce qui n’a rien de scandaleux. Ainsi, l’auteur semble s’étonner (p. 16) que les œuvres soient « en promenade constante ». Outre que le terme « promenade » est excessif, s’indigner des dépôts effectués par le Mobilier National et par le FNAC (Fonds National d’Art Contemporain) est absurde puisque ces institutions ont été créées dans cet objectif, la première sous la Royauté (il est l’héritier du Garde-Meuble), la seconde au XIXe siècle.
L’ouvrage monte en épingle (p. 116) le vol en 2006 d’une sculpture monumentale en bronze de Arp, le Torse des Pyrénées, qui était placée avenue du Général de Gaulle à Strasbourg : en quoi les musées et les conservateurs (ou même la ville de Strasbourg) sont-ils responsables de cette disparition ? Le vol n’a pas été remarqué tout de suite, ce qu’il trouve désolant. Faut-il embaucher une brigade spéciale chargée de vérifier tous les matins si les sculptures publiques n’ont pas été dérobées dans la nuit, voire affecter un fonctionnaire de police à chacune d’entre elles pour les surveiller ? Sans doute, puisque cette affaire témoigne, selon lui, « à quel point la ville de Strasbourg est peu attachée [à Jean Arp]. »
L’exemple cité juste après du vol d’une grille en bronze en Argentine n’est pas moins surréaliste : en quoi cela regarde-t-il les musées français ?
Enfin, est-il anormal qu’une œuvre entrée en France depuis moins de cinquante ans puisse en ressortir sur simple demande sans pouvoir se voir refuser le certificat d’exportation ? Non, mais l’auteur laisse penser le contraire.

Quatrième technique (qui pourrait se rapprocher de la précédente) : déconsidérer certains dispositifs légaux permettant aux musées de s’enrichir. Ainsi, la dation (p. 153-155), un dispositif qui a permis de faire entrer dans le patrimoine des musées un nombre considérable de chefs-d’œuvre est voué aux gémonies sous prétexte que le Ministère des Finances en empêcherait certaines. S’il est vrai que ce dernier peut y regarder à deux fois avant de remplacer un paiement en argent par un règlement en œuvres d’art, ce ne peut évidemment pas être mis à la charge des musées. De plus, l’auteur ne fournit aucun exemple d’acceptation d’une dation par la commission en charge de son traitement suivie de son refus par le Ministère des Finances.
Une autre attaque (p. 155-156) concerne la préemption qui permet à l’Etat de se substituer au dernier enchérisseur lors d’une vente publique. Tout en regrettant qu’il soit interdit d’annoncer le souhait de préempter avant la vente (ce qui est tout de même normal pour éviter de fausser l’adjudication), l’auteur s’indigne de ce que la préemption impliquerait que les enchères soient poussées au maximum par les acheteurs qui voudraient l’empêcher. C’est totalement absurde, puisque personne ne sait réellement si l’Etat va préempter. De toute façon, son représentant ne peut aller au delà d’un certain montant fixé à l’avance et qu’il est seul à connaître. Si quelqu’un porte une enchère supérieure, il emporte l’objet, voilà tout. Cette volonté de trouver des scandales partout est facilement démontable par une personne informée, mais le lecteur ne connaissant pas ces sujets peut se laisser abuser.

Cinquième technique : multiplier les sous-entendus. On l’a vu, pour Emmanuel Pierrat, tout le monde ou presque est à mettre dans le même sac. D’ailleurs, le nombre de personnes et de métiers gravitant autour du marché de l’art et des musées est forcément suspect : « Les intervenants du marché de l’art, en particulier des œuvres destinées à enrichir les collections publiques, sont nombreux, démultipliant les risques comme les convoitises » lit-on p. 119. En décrivant (très mal et de façon très caricaturale) tous ceux dont les fonctions les amènent à avoir des rapports avec les œuvres d’art (des artistes aux courtiers, des marchands aux restaurateurs et même aux « socleurs » !...) l’auteur ne se prive pas de laisser entendre qu’il s’agit de gens peu recommandables, grâce à l’utilisation d’un vocabulaire et d’expressions choisis : « Tous ce beau monde est directement au cœur du système artistique, et en particulier muséal », « Tous ces individus » (p. 122). A nouveau : « Tout ce beau monde », p. 125. Et cette affirmation, plus vraiment allusive, en p. 126 : « Tous participent peu ou prou au commerce illicite des œuvres d’art, que ce soit de bonne ou de mauvaise foi » !
Reconnaissons-le, certaines accusations sont beaucoup plus directes et tout à fait scandaleuses puisqu’elles sont faites sans apporter le plus petit début de preuve. Ainsi, l’auteur affirme à deux reprises que l’atelier de restauration d’un grand musée français (nous nous refusons pour notre part à être plus précis, mais ce musée est nommé dans le livre), a « écoulé des Picasso, ayant eu le malheur d’être produits en nombre multiple » (p. 12 et 122). Quant aux conservateurs : ils « ne sont pas en reste » [pour les vols] (p. 64) ; « ils ne se contentent pas d’écouler, mais aussi de participer aux marchés les plus illicites en achetant des pièces d’origine plus que douteuse »4...

Sixième technique : s’indigner de choses effectivement scandaleuses, mais complètement étrangères aux musées français. Ainsi, l’auteur souligne la faiblesse des peines pouvant frapper ceux qui volent ou vandalisent des œuvres d’art. Il a évidemment raison comme nous l’avons plusieurs fois dit ici même. On lit p. 32 : « Pour l’heure, ce n’est pas la sévérité des peines encourues qui dissuadera les voleurs de livres. » sachant que « les délinquants risquent une peine de trois à cinq ans d’emprisonnement et 45000 à 75000 euros d’amende », et p. 37, à propos des détériorations de livres dans une bibliothèque : « Les sanctions sont pourtant dissuasives » jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 45000 euros d’amende ! Ces contradictions ne sont pas étonnantes dans un ouvrage dont la rigueur n’est pas la première qualité.
Alors, les peines sont-elles dissuasives ou pas ? Bien sûr, elles ne le sont pas. Mais comment l’auteur, bien incertain sur la question, peut-il également affirmer (p. 32) que « ce n’est pas l’annonce par les Ministres de la Culture et de la Justice en février 2008, d’un projet de loi visant à renforcer les sanctions pénales qui va dissuader réellement les pillards » Qu’en sait-il ? Même si cette mesure tarde trop, elle ira évidemment dans le bon sens.
On sait que les vols dans les églises (p. 89 à 95) sont un phénomène dramatique dont tout le monde s’accorde à dire qu’ils est difficile à contrecarrer. Qu’il soit possible de faire mieux, en aggravant les peines encourues ou en sécurisant davantage les églises (ce qui a un coût très élevé), rien n’est plus vrai. Mais comment ce réel problème peut-il être imputé aux musées ou aux conservateurs ? Comment les rendre responsables, comme le fait l’auteur, du vol organisé, du trafic d’œuvres d’art facilité d’ailleurs par les législations plus permissives de la Belgique et des Pays-Bas ? Ce dernier point est d’ailleurs également instruit à charge alors que les églises et les musées français en sont les premières victimes.

Septième technique : jouer avec les chiffres. On le sait, on peut faire dire aux chiffres ce que l’on veut. L’auteur ne s’en prive pas. Dès la quatrième de couverture, on apprend ainsi que « La France se vante de millions d’œuvres cachées. Elles ne le sont plus : elles se sont envolées discrètement par le marché de l’art ». Des millions d’œuvres disparues de nos musées, diable !
Les chiffres évoqués dans le corps du texte sont plus raisonnables, mais restent importants. Leur signification doit pourtant être relativisée parce qu’ils portent sur une très longue durée. Sont passés par là une guerre mondiale et quelques désastres et incendies. Parmi les œuvres disparues, une grande partie a été détruite dans ces catastrophes (Strasbourg, Orléans, Beauvais, Brest et bien d’autres musées ont vu leurs collections en grande partie détruites pendant la Seconde Guerre Mondiale, ce qui explique d’ailleurs en partie le nombre plus élevé des objets manquants au Ministère des Affaires Etrangères). Beaucoup des objets disparus n’ont également qu’une valeur artistique minime. Les œuvres manquantes vraiment importantes sont rares, et certaines sont tout simplement égarées et parfois retrouvées. Quant à l’exemple de l’Institut du Monde Arabe dont quelques dizaines d’objets avaient été portés manquants puis retrouvés peu après le dépôt d’une plainte, on renverra à cet article de Vincent Noce qui montre que, contrairement à ce qu’affirme Emmanuel Pierrat, il ne s’agissait pas d’œuvres volées qui auraient été rendues par crainte des poursuites.
Autre exemple de manipulation des chiffres qui pourrait ressortir de plusieurs techniques ici décrites (l’amalgame, par exemple), le raisonnement suivant (p. 85) : « On ne connaît pas avec précision le nombre d’œuvres volées dans les collections publiques françaises » […] « Toutefois, les ordres de grandeur, même approximatifs, laissent songeur. Le commerce mondial et illicite des biens culturels s’élèverait à quelques milliards de dollars par an » ! Un lecteur un peu rapide en conclura que les vols dans les collections publiques françaises se montent à plusieurs milliards de dollars par an...

Huitième technique : utiliser la théorie du complot. On nous cache tout, on ne nous dit rien. Il est vrai que le Ministère de la Culture donne des verges pour se faire battre. On connaît son goût pour le secret. De là à imaginer les pires machinations, il n’y a qu’un pas que notre auteur (ou nos auteurs s’ils sont vraiment deux) n’hésite pas à franchir.
Il est vrai, en particulier, que les rapports Bady consacrés aux inventaires auraient dû être publiés. Mais prétendre que le nombre d’objets manquants a été caché est totalement inexact. En effet, cela fait longtemps que les chiffres qu’il avance sont connus et ont été publiés un peu partout. Nous en parlions ici-même dès 2003.

Neuvième technique : faire preuve de mauvaise foi. On l’aura compris, celle-ci baigne le livre et est érigée en véritable système. Parfois, cela est plus subtil. Ainsi, on lit p. 152 : « A Montauban, au musée Ingres, des dizaines de cartons à dessins de l’artiste attendent d’être classés, inventoriés et étudiés. Faute de moyens humains et financiers, on peut craindre qu’ils ne restent à jamais ignorés… » Cela est d’une malhonnêteté intellectuelle incroyable, à moins que la vraie cause ne soit tout simplement l’absence totale d’un travail de vérification. Si effectivement quelques dizaines de cartons ne sont pas inventoriés dans le détail, ils contiennent des calques documentaires réalisés par Ingres, par exemple des centaines de relevés de vases étrusques. Ces feuilles ont un intérêt artistique minime et principalement documentaire. L’ensemble des dessins originaux d’Ingres est non seulement inventorié mais publié, comme d’ailleurs la plus grande partie des collections de ce musée. Ces calques ne sont de toute façon pas « ignorés ». Leur inventaire sommaire indiquant quel type de documents conserve chaque carton a été établi par Georges Vigne, alors conservateur du musée. Il est évident qu’un travail de recensement détaillé, peu valorisant et tout compte fait loin d’être prioritaire, ne pourrait être réalisé que grâce, effectivement, à des moyens humains et financiers supplémentaires. Quant aux réserves du Musée Ingres, elles sont modernes et viennent d’être inaugurées.
Le Louvre aussi conserverait des chefs-d’œuvre ignorés et négligés. On lit ainsi p. 176 que le département des Antiquités égyptiennes contient dans ses réserves des caisses pleines d’objets envoyés du Caire à la fin du XIXe siècle et qui, non seulement n’auraient pas été étudiées sérieusement mais n’auraient même jamais été ouvertes ! Ceci est faux, bien entendu. Il n’y a pas de caisses mystérieuses au Louvre. Toutes sont ouvertes et ce qu’elles contiennent est connu même si, comme à Montauban, certaines séries, par exemple de papyrus, n’ont pas encore été étudiées en détail5. De manière générale d’ailleurs, le Louvre a non seulement tout inventorié, mais beaucoup publié y compris sur Internet (mieux que la plupart des grands musées). [sur ces fameuses caisses, voir ce complément]

Si l’auteur (ou les auteurs) est opposé à la location des œuvres à Abou Dhabi (il y a vraiment des alliés dont on se passerait), il se prononce également contre l’inaliénabilité, faisant remonter celle-ci au XIXe siècle en oubliant que ce principe est en réalité aussi ancien que Philippe-Auguste, en citant l’exception de la vente des bijoux de la Couronne sans souligner quelle catastrophe ce fut (voir l’article) et surtout en s’indignant un peu plus loin (p. 194-195) de la vente discrète des meubles du Musée Marmottan dont nous avions parlé ici même (voir l’article). L’incohérence de ses propos ne semble pas le perturber le moins du monde6. Celle-ci est également flagrante lorsqu’il préconise (p. 169) la vente d’objets peu importants ou redondants tout en préconisant de « prolonger automatiquement [leur] classement empêchant ainsi les fuites à l’étranger comme les dégradations ». Quelle logique ! On se débarrasse de ce qui n’a pas d’intérêt, mais on le classe monument historique ! Quant à imaginer, comme il le répète plusieurs fois, que « cela permettrait de remplir aisément les caisses des musées et bibliothèques » (p. 169), on se permettra d’en sourire, d’autant qu’il affirme peu après - à juste titre - que les réserves ne conservent pratiquement pas d’œuvre importantes. Quant au mauvais état de certaines réserves, il n’a pas tort, sauf qu’il oublie de dire que cela est dû dans bien des cas aux faiblesses des crédits dont les conservateurs ne sont pas responsables, et il néglige surtout de rappeler (probablement ne les connaît-il pas) les très nombreux chantiers ayant permis de créer des réserves dignes de ce nom (la liste serait longue, citons par exemple Angers, Montpellier, Montauban, Ajaccio dont les travaux sont en cours, et bien d’autres). Et dans beaucoup de musées, les réserves, même lorsqu’elles ne sont pas modernes, permettent de conserver les œuvres dans des conditions décentes.

Certaines des rares propositions avancées par le livre ne sont pas dénuées de bon sens et rejoignent d’ailleurs les préoccupations de nombreux conservateurs.
Multiplier les récolements (la loi prévoit qu’ils doivent maintenant avoir lieu tous les dix ans) est a priori une bonne mesure. Encore faut-il disposer des moyens pour le faire. En p. 30, l’auteur souligne que celui des seuls imprimés de la BnF nécessitera 80 personnes pendant cinq ans ce qui montre bien que la tâche est absolument monstrueuse et s’apparente au tonneau des Danaïdes puisque des milliers d’ouvrages y entrent chaque année. L’absence d’inventaires, qui a été la règle pendant très longtemps dans certains établissements, est effectivement un scandale, mais un scandale en voie d’être résolu depuis de nombreuses années, la prise de conscience ayant eu lieu depuis longtemps. Pour en rester à la Bibliothèque nationale, y a-t-il vraiment de quoi s’indigner de manière véhémente par rapport aux chiffres ? 17.000 disparitions sur dix millions d’unités inspectées (p. 30), soit 0,17% sur 60 ans ! est un chiffre en réalité remarquable, d’autant qu’une partie de ces « disparitions » est sans doute due à de mauvais classements. L’auteur s’indigne (p. 31) : « quand une pièce a disparu, on ne sait jamais si c’est à la suite d’une erreur de classement ou d’un vol ». Il s’agit d’une évidence (voir la troisième technique) qui n’a rien de scandaleux, puisqu’on risque souvent de s’apercevoir de la disparition seulement quand on cherche la pièce… Comment peut-on imaginer un système qui fonctionnerait autrement, à moins de passer sa vie à récoler (et quand bien même !). Ce constat n’est nullement « inquiétant » mais évidemment inéluctable. Quant à parler de « personnel corrompu »...

Le livre consacre pas moins de dix-huit pages (p. 38 à 56) à l’affaire Garel, du nom de ce conservateur de la Bibliothèque nationale récemment convaincu d’avoir volé, mutilé et vendu des manuscrits hébraïques de la collection. Cette affaire a été fortement médiatisée et l’auteur n’apporte évidemment aucune révélation nouvelle. En revanche, il l’utilise largement pour meubler son pamphlet et démontrer que les conservateurs sont pour la plupart malhonnêtes, puisque l’un d’entre eux l’a été (seconde technique). Cette affaire cause à Emmanuel Pierrat une autre source d’indignation : l’autorisation de sortie de France d’un des manuscrits volés par Michel Garel a été signée par Michel Garel ! Là encore (troisième technique) il n’y a rien de scandaleux. Faudrait-il refuser aux spécialistes des musées d’examiner les œuvres exportées sous prétexte qu’ils seraient soupçonnables ? Va-t-on interdire à un conservateur du Louvre, spécialisé dans une école de peinture, de se prononcer sur les autorisations de sortie d’un tableau parce qu’il aurait pu voler celui-ci dans son musée ? On voit l’absurdité de la chose, d’autant que le système n’a, tout compte fait, pas si mal fonctionné puisque le conservateur de la BnF a été arrêté et condamné7. On accordera simplement à l’auteur que le dépôt de la plainte a été tardif et que la crainte du scandale amène parfois les institutions à vouloir régler leur linge sale en famille. Ce qui est anormal mais loin de concerner uniquement les musées. La loi de 2002 oblige d’ailleurs maintenant ceux-ci à porter plainte dès qu’un vol est constaté.

A ce propos, attaquer aussi violemment le Mobilier National quand cette institution, depuis déjà de nombreuses années, prend toutes les mesures nécessaires pour pallier les dysfonctionnements qu’elle a pu connaître dans le passé, témoigne de la méconnaissance de ce dossier et de l’absence complète d’investigation. Le Mobilier National met actuellement en œuvre une politique de dépôts patrimoniaux dans de grands musées nationaux. Ainsi, Versailles a pu s’enrichir récemment d’œuvres très importantes (voir l’article) tandis que le Louvre, Fontainebleau et Compiègne bénéficieront bientôt de telles libéralités.
Il est exact qu’aucun mobilier datant d’avant 1800 ne peut normalement être prêté par le Mobilier National dans les palais de la République, à l’exception notable de l’Elysée (ce que le livre ne précise pas). Il est vrai également que des objets antérieurs au XIXe siècle y sont pourtant encore déposés. Il est prévu qu’ils reviennent peu à peu, et plus aucune œuvre ancienne ne fait l’objet de dépot hors des musées8. Quant à l’ouverture, il y a un an, de la Galerie des Gobelins qui permet de présenter au public le plus large, grâce à des expositions temporaires, les richesses du Mobilier National (voir l’article), il n’en est même pas fait mention par Emmanuel Pierrat. En revanche, il s’étend largement sur une affaire pour laquelle on aimerait qu’il nous apporte des précisions : un ambassadeur de France au Danemark (quand ? on n’en saura pas plus) aurait emporté une commode Louis XV après l’avoir remplacée par une copie commandée par ses soins. Les sources de l’auteur sont « quelques initiés du Ministère ». Si cela est vrai, on attend avec impatience qu’Emmanuel Pierrat transfère à la police tous les éléments concrets sur cette affaire, qui serait un vol pur et simple. D’autres sources, au Mobilier National, tout aussi initiées, affirment en tout cas qu’il s’agit d’un ragot.

La convention Unidroit (et sa non ratification par la France) fait l’objet de tout un développement, à charge bien sûr. Ce refus d’y adhérer serait dû au fait que : « les collections publiques [françaises] contiennent trop d’œuvres pillées au gré des invasions et de la colonisation ». Ce vieux mythe a la peau dure9. A supposer que cela soit exact, ce ne serait de toute façon pas une raison pour ne pas ratifier Unidroit, puisque cette convention n’est pas rétroactive. Les œuvres actuellement dans les musées ne sont donc pas menacées. Ce que l’auteur oublie de dire, c’est que cette convention, en prévoyant d’appliquer partout les lois sur l’exportation en vigueur dans les pays d’origines des œuvres d’art, renverse la charge de la preuve. Si un pays décide de contrôler toute exportation (c’est le cas de beaucoup de ceux d’où proviennent les pièces archéologiques), tout objet passant en vente ou conservé dans une collection privée et par exemple prêté à un musée – donc exposé – pourra être revendiqué par le pays « d’origine » et la charge de la preuve sera à la charge du collectionneur. Or, comment prouver l’exportation licite d’œuvres sorties souvent depuis longtemps (au moins depuis avant l’application d’Unidroit) ? Dans bien des cas, c’est impossible. Techniquement, ces pays pourront réclamer toutes les œuvres non documentées, et il y en a beaucoup. On imagine les résultats. En droit, la preuve doit normalement être apportée par l’accusateur. Unidroit est une convention très discutable et les avis sur celle-ci sont divers. Certains pensent au contraire qu’il s’agit d’une avancée majeure. Quoiqu’il en soit, ceux qui s’y opposent ouvertement sont plutôt les antiquaires qui y voient un facteur de risque intolérable. Pas les musées.

Comment conclure ? Evidemment, tout n’est pas rose dans le paysage muséal français, et bien des choses doivent être dénoncées, ce que La Tribune de l’Art ne se prive pas de faire. Encore faut-il y mettre de la rigueur. Et savoir distinguer ce qui est actuel de ce qui ne l’est plus. Mettre en cause les professionnels d’aujourd’hui pour des affaires ayant eu lieu il y a souvent plus de cinquante ans est absurde et totalement injuste.
On ne peut critiquer sans nuance le mécénat (p. 183), une source majeure de revenus pour les musées, sous prétexte que l’Etat en profite pour se désengager. C’est ce désengagement qu’il faut combattre, pas le mécénat lorsqu’il apporte des ressources utiles supplémentaires. Dénoncer (p. 185) la vente au Louvre de « tongs en plastique aux couleurs fluorescentes » (et à l’image de la Joconde), bien sûr. Mais affirmer dans le même mouvement que ces tongs se substitueraient aux « publication[s] scientifique[s] un peu ardue[s] destinée[s] aux spécialistes, et donc publiée[s] à faible marge », c’est ignorer entièrement la réalité. Le Louvre, fort heureusement, édite encore, et à une fréquence très soutenue, des catalogues et des ouvrages de haut niveau destinés aux spécialistes. Craindre cette dérive est une chose. La dénoncer comme si elle avait déjà eu lieu en est une autre. Plutôt que de jeter l’anathème sur la location de l’espace sous la Pyramide qui rapporte de l’argent au musée sans le dénaturer, il aurait mieux fallu se scandaliser légitimement des constructions qui s’élèvent régulièrement dans la Cour Carrée.

Il est vrai, néanmoins, que ce livre met le doigt sur un vrai scandale, dont les conservateurs français sont coupables et qu’ils tentent de cacher au public (heureusement, Emmanuel Pierrat est là pour nous le révéler, p. 211) : dans le cadre du 1% consacré à l’art contemporain, une anamorphose géante a été installée à un carrefour de la banlieue parisienne. Les reflets qu’elle émettait ont causé plusieurs accidents et elle a dû être enlevée d’urgence. Honte aux musées français pour avoir causé ces drames...

Annexe : Emmanuel Pierrat à la radio (tous les extraits sont retranscrits littéralement)

L’auteur du livre multiplie les interventions radiophoniques et va parfois encore plus loin que dans le livre.

Il était, le 15 mai 2008, l’invité de Jacques Pradel sur Europe 1. A cette occasion il révélait d’autres chiffres dont on ne sait d’où ils viennent puisqu’ils sont différents de ceux du livre :

« On pense actuellement, Jacques Pradel, et je pense que nos auditeurs doivent vraiment en avoir conscience, qu’il manque environ de 12 à 20% des œuvres d’art appartenant, en théorie, aux collections publiques françaises [...] aussi bien Beaubourg [...] que le Louvre, que le Musée d’Orsay, que Guimet [...], que des musées de Beaux-Arts de Province etc., que le Mobilier National, que tout ce qui est supposé être à la Bibliothèque Nationale de France etc., il manque de 12 à 20% selon les institutions et ce quels que soient leur âge et leur ancienneté. »

Non seulement le chiffre donné par le livre p. 17 (17.000 objets introuvables sur 180.000, ce qui fait 9,44%) est devenu 12 à 20%, mais il affirme maintenant que tous les établissements sont concernés. Tous les musées ont donc vu disparaître dans ces 60 dernières années de 12 à 20 % de leurs œuvres. Plus c’est gros, mieux ça passe.

Pour rappeler le propos de l’émission, après une pause informations, une présentatrice explique doctement :

« Nos musées souffrent d’un mal que l’on s’applique à cacher au grand public mais que révèle le livre Museum Connection [...] ce mal c’est la disparition des œuvres d’art ce qui représente pour les musées français une déperdition considérable. Alors ces œuvres qui se sont envolées ont pu simplement être déplacées dans des palais nationaux ou des ministères mais la plupart sont volées. Les pillards, qui sont de mèche avec le marché sont souvent des membres du personnel, peuvent les vendre à des acheteurs peu regardants et des experts douteux »

Ce qui est finalement un très bon résumé du livre. Jacques Pradel renchérit :

« il ne faut pas que l’on dise non plus... on n’est pas en train de montrer du doigt, ne regardez pas mal le conservateur de musée que vous allez rencontrer dans la semaine [...] Il ne faut pas voir un voleur et un pillard derrière chaque membre de l’administration des musées... mais voilà quoi, il y a quand même une réalité. »

Et Emmanuel Pierrat apporte encore une nouvelle révélation, absente du livre (sans sources, bien sûr) :

« On sait qu’entre le Musée des Arts Africains et Océaniens de la Porte Dorée et le Musée de l’Homme qui ont fusionné pour donner les collections du Quai Branly, en théorie on devrait avoir 200.000 œuvres. On ne peut en exposer que 3.000. Il y en a 200.000 qui ne sont pas véritablement inventoriées on va dire et on sait qu’il y a un pourcentage non négligeable dont on n’a aucune idée de si elles sont là ou pas et ce que je sais en tout cas c’est que le marché continue d’en proposer et on en trouve en galeries, on en voit passer en vente aux enchères et on sait que ça vient de là. Il y a des choses formidables. Alors c’est beaucoup plus simple quand ça vient de l’étranger c’est-à-dire quand ça vient de musées étrangers on les propose plus aisément à la vente et en vitrine. Il y a un musée à Leipzig donc qui était célèbre pour ses collections d’ethnographie africaine dont toutes les collections - c’est un musée public - sont en vente aujourd’hui dans les galeries parisiennes. »

Prétendre que les œuvres d’un grand musée national (et de tout un musée allemand, pendant qu’on y est) passent sur le marché - au vu et au su de tout le monde manifestement - relève évidemment de l’affabulation la plus complète. Si ce n’est pas le cas, nul doute que la justice va se saisir rapidement de l’affaire !

La conclusion va de soi. A propos de Jean-Noël Jeanneney, Emmanuel Pierrat explique :

« [Il] a l’avantage immense de ne pas être dans la carrière de conservateur de musée. »

Le 19 mai, Emmanuel Pierrat était l’invité du Fou du Roi, l’émission de Stéphane Bern sur France Inter. Il y réitère de manière encore plus affirmée ses propos

« Tout ce qui fait partie du patrimoine culturel [...] est pillé essentiellement, c’est le propos de mon livre [...] par les premiers intéressés c’est à dire les conservateurs de musée, les manutentionnaires, les diplomates qui confondent leurs meubles personnels avec la commode Louis XV etc., etc. »

On y apprend aussi, par la voix d’une intervenant que je n’ai pas identifiée, que :

« C’est une expérience qu’on peut quasiment tous faire si on achète des livres anciens [...] il suffit d’aller sur les quais de la Seine ou en province chez n’importe quel bouquiniste pour trouver des livres estampillés (sic) de bibliothèques d’Etat. »

Fréquentant assidûment les bouquinistes, cela m’avait pourtant échappé.

Les attaques d’Emmanuel Pierrat contre le Louvre se font encore plus précises (ce monsieur enrichit son enquête tous les jours apparemment) :

« Je ne vous parle pas du Louvre évidemment parce que là il manque à peu près 15 à 20% des collections du plus grand musée du monde paraît-il. On nous dit qu’il y a dix millions d’œuvres sauf que moins 10 ou moins 15 % ça commence à chiffrer. »

La rigueur de l’enquête saute aux yeux : 10%, 15%, 20% ? Calomniez, il en restera toujours quelque chose.

Emmanuel Pierrat et Jean-Marie de Silguy, Museum Connection. Enquête sur le pillage de nos musées, First Editions, 235 p., 17,90 €. ISBN : 978-2-7540-0891-4.

Voir aussi un courrier reçu à propos de ce livre.


Didier Rykner, jeudi 22 mai 2008


Notes

1Citons en quelques-unes, parmi les plus évidentes :
- p. 15 sont cités « les cinq grands détenteurs d’art en France : l’Etat, le Mobilier National, le Fonds National d’Art Contemporain (FNAC), le musée national d’Art moderne du Centre Pompidou et l’Union central des arts décoratifs (UCAD). » Cette liste est absurde, comme si le Mobilier National et le FNAC, ce n’était pas l’Etat, comme si le Louvre ou le Musée d’Orsay n’étaient pas des « grands détenteurs d’art », comme si les musées de province n’existaient pas...
- p. 16, on a une définition curieuse des objets classés : « ceux qui sont inscrits à l’Inventaire des monuments historiques », confondant ainsi l’inscription et le classement. Cette notion n’est pas claire pour nos auteurs, puisque p. 129 on lit que « Les œuvres d’origine étrangère peuvent également être classées et donc, comme on le verra ci-après devenir… des trésors nationaux. », montrant qu’ils ne comprennent pas la différence pourtant claire entre objets classés et trésors nationaux ; p. 134 enfin, on apprend que l’inscription est une « sorte de préclassement », ce qui est faux (on pourrait tout au plus parler de « sous-classement »). Toutes ces notions juridiques liées à l’art semblent échapper aux auteurs, à l’avocat comme au supposé conservateur. Ainsi, la dation serait la possibilité de s’acquitter d’une dette fiscale par la remise d’une œuvre d’art ». Certes, mais pas n’importe quelle dette fiscale : l’impôt sur les successions et depuis quelque temps l’impôt sur la fortune. Inexactitudes et approximations fourmillent dans ce livre.
Quant à la possibilité d’achat d’une œuvre n’ayant pas atteint aux enchères son prix de réserve, on pourrait l’acheter « de gré à gré passé un certain délai » Rien de plus faux : cet achat peut être négocié tout de suite après la vente. C’est ainsi d’ailleurs que certains musées peuvent aquérir des œuvres à bon compte (et sans avoir à préempter car, effectivement si le prix de réserve n’est pas atteint, la préemption est impossible).
- p. 136 on peut lire : « Si le bien n’est pas un « trésor national » mais excède un certain montant ou une certaine ancienneté, il est néanmoins nécessaire d’obtenir un certificat permettant son exportation ». Or un bien n’est pas proposé comme trésor national avant de demander un certificat : c’est le refus de certificat qui le transforme en trésor national !

2Les références sont d’ailleurs données au compte-gouttes. Un seul exemple : p. 102 à 109, l’auteur cite de nombreuses affaires de vols d’œuvres d’art, toutes très connues, mais ne donne pas toujours l’origine des informations, par exemple pour le tableau de Millet volé, puis retrouvé, du Musée des Beaux-Arts de Reims.

3P. 56, l’auteur écrit qu’à l’étranger, ce n’est « ni pire ni mieux » qu’en France. Face à cette révélation qui lui échappe presque par inadvertance, l’auteur ne tire aucune conclusion.

4Affirmation mise dans la bouche de Bernard Darties, commandant de police, directeur adjoint de l’OCBC, sans que l’origine de ces propos, évidemment sortis de leur contexte à supposer qu’il les ait bien prononcés comme cela, ne soit précisée.

5Dans un monde merveilleux tel que le réclame rapidement Emmanuel Pierrat, tous les objets de tous les musées et de toutes les églises seraient parfaitement identifiés, complètement étudiés, fichés, photographiés... Et sans doute il n’y aurait plus de guerres ni de famines.

6Sur l’inaliénabilité, voir nos nombreux articles sur ce site.

7Il est vrai que l’auteur sous-entend, évidemment sans preuve, que beaucoup d’autres membres du personnel sont impliqués dans cette affaire.

8Il est en revanche tout à fait anormal qu’il reste des tableaux du Louvre déposés notamment à Matignon et à l’Elysée (les conservateurs n’y sont évidemment pour rien). Nous parlerons bientôt de ce sujet, d’ailleurs totalement ignoré par le livre [voir l’article « Le musée caché de la République », mis en ligne le 21/5/09].

9Le nombre très réduit de demandes de restitution faites à la France par d’autres pays témoigne de la faiblesse de cette affirmation. Rappelons que l’essentiel des pillages de Napoléon, par exemple, a été rendu après Waterloo et que les campagnes de fouilles ont la plupart du temps fait l’objet d’accords avec les autorités du pays.





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