Michel-Ange au siècle de Carpeaux Contenu abonnés


Valenciennes, Musée des Beaux-Arts, du 16 mars au 1er juillet 2012.

Preuve s’il en faut, l’importance de l’œuvre graphique de Jean-Baptiste Carpeaux, longtemps occulté par sa sculpture, prend une nouvelle fois corps au Musée des Beaux-Arts de Valenciennes, ville natale de l’artiste. Après « Daumier-Carpeaux : dessiner sur le vif » présentée en 2008, l’actuel « Michel-Ange au siècle de Carpeaux » apparaît comme le pendant de la première exposition puisque, comme le souligne Mehdi Korchane, commissaire de l’exposition aux côtés d’Emmanuelle Delapierre directrice du musée, « les expressions les plus opposées se côtoient dans l’œuvre graphique de Carpeaux : le dessin sur le vif et la copie des maîtres anciens […] »1. C’est donc, cette fois, de la deuxième catégorie, les dessins d’après modèles, dont il est question, plus restreinte que la première mais loin d’être négligeable. De ce versant « académique » Valenciennes conserve en son fonds propre nombre de grandes feuilles d’études, d’esquisses préparatoires et de petits carnets de croquis imitant ou s’inspirant des maîtres anciens et plus spécifiquement de Michel-Ange. Une sélection parmi ces derniers enrichie de quelques sculptures et de prêts de collections publiques2 et privées construit un parcours thématique en 6 sections et un peu plus de 150 œuvres, de Carpeaux bien sûr, mais aussi de quelques-uns de ses prédécesseurs, contemporains et successeurs, tous héritiers de Michel-Ange, acteurs directs et indirects du « siècle de Carpeaux ».

Un « siècle de Carpeaux » qui révèle l’idée première des commissaires, leur projet idéal non soumis aux contingences de l’actualité artistique, un portrait du michelangelisme français au XIXe siècle. Mais les expositions romantiques simultanées de Clermont Ferrand3 ou de Madrid4 ont quelque peu compliqué les plans en rendant difficiles certains emprunts, et à l’influence de Michel-Ange sur les artistes français du XIXe siècle, Valenciennes a privilégié la plus spécifique influence de Michel-Ange sur Jean-Baptiste Carpeaux, sans omettre le contexte du « michelangelisme ». Une orientation non moins pertinente tant Carpeaux semble être une figure particulière de ce « courant ».


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1. Michel-Ange (1475-1564)
Tête de satyre, vers 1520-1525
Plume et encre brune - 28 x 21 cm
Paris, musée du Louvre
Photo : RMN (Musée du Louvre)
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2. Jean-Baptiste Carpeaux (1827-1875)
Tête de faune, d’après Michel-Ange, vers 1856-1860
Crayon, sanguine, plume et encre brune - 35,9 x 29,4 cm
Valenciennes, musée des Beaux-Arts
Photo : RMN (Musée du Louvre)/Jean-Gilles Berizzi

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3. Jean-Baptiste Carpeaux (1827-1875)
Autoportrait, dit Carpeaux criant de douleur, 1874
Huile sur toile - 40,5 x 32,5 cm
Valenciennes, musée des Beaux-Arts
Photo : Musée des Beaux-Arts de Valenciennes

Car Michel-Ange fut pour l’artiste valenciennois le maître absolu, celui qui « écrase tout, [qui] est terrible d’aspect, foudroyant de caractère et incomparable comme science »5. De ses années de formation à sa mort, il ne cessa de puiser dans le répertoire de formes du maître…

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