Meilleurs voeux


2003 restera sans doute l’année de l’affirmation par le ministre de la Culture de sa volonté de décentralisation culturelle. Nous ne reviendrons pas sur ce sujet, abondamment traité ici même (voir notamment nos précédents éditoriaux).
Soyons justes. Tout n’est pas négatif dans les mesures prises par Jean-Jacques Aillagon en 2003. La nouvelle loi sur le mécénat qui permet d’étendre aux biens culturels d’importance vendus à l’étranger les avantages fiscaux jusque là réservés aux trésors nationaux est, notamment, une excellente chose. Les moyens donnés à Versailles également, si l’on excepte le projet absurde de reconstitution de la grille de Louis XIV (voir notre article sur ce sujet).
Mais un bilan objectif de son action sur le patrimoine devrait aussi inclure un champ qui sort du périmètre que traite La Tribune de l’Art. Et le ministre a beau se féliciter récemment sur son site Internet que « tous les moyens nécessaires au bon fonctionnement de l’Institut national de recherches archéologiques préventive (INRAP) soient réunis », tout le monde sait, et de nombreux spécialistes l’ont affirmé, que la nouvelle loi et la nouvelle organisation de l’archéologie en France est un très mauvais coup porté à cette discipline.

L’année 2003 a été importante pour La Tribune de l’Art, puisqu’elle fut celle de sa naissance début avril. En lançant cette revue d’histoire de l’art sur Internet, nous espérions arriver à intéresser quelques personnes. L’ambition était modeste, avec un objectif de cinquante connections par jour au bout d’un an d’existence. Neuf mois plus tard, la fréquentation est de plus de 600 visites quotidiennes, et ce nombre augmente régulièrement, sans aucune publicité. Le contenu, mélangeant partis-pris, articles d’actualité et études de fond, est lui-même une nouveauté, les journaux papier existant faisant une distinction stricte entre magazines d’actualité et revues savantes (hors, peut-être, L’Estampille-L’objet d’art, sans aucun doute le meilleur mensuel pour ce qui regarde l’art ancien).
Les réactions positives très nombreuses qui nous parviennent prouvent que notre initiative a été favorablement reçue. Nous nous attendions à être critiqués sur notre engagement et nos prises de position parfois très fortes. C’est le contraire qui est advenu : il semble que nous exprimions tout haut ce que beaucoup pensent mais ne veulent ou ne peuvent pas dire. Il va cependant de soi que les collaborateurs – bénévoles, il faut le souligner – de La Tribune de l’Art ne sont pas engagés par l’ensemble de ces partis-pris : les articles n’engagent que leurs auteurs, et les « Nouvelles Brèves », non signées, n’engagent que le signataire de cet éditorial.

Nous poursuivrons, bien sûr, ces orientations en 2004. Bonne année à tous les lecteurs de La Tribune de l’Art.


Didier Rykner, mercredi 31 décembre 2003





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