Martine-Martine fait son musée


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30/6/16 - Musée - Tours, Musée des Beaux-Arts - C’est un secret qui semble mieux gardé que le code de l’arme atomique. Combien d’œuvres de Martine-Martine trouve-t-on dans la donation Cligman au Musée des Beaux-Arts de Tours ? Nous n’avons rien pu savoir de précis malgré nos demandes officielles et officieuses. Parmi les noms prestigieux d’artistes qui ont circulé (voir l’article), celui-ci n’a pas été prononcé. Nous savons seulement qu’elle en contient effectivement, sans doute un grand nombre. Épouse du donateur Léon Cligman, Martine Cligman, dite Martine-Martine (ou Martine Martine), est peintre et sculpteur.

Nous nous permettrons, bien que cela sorte de notre champ chronologique, de porter un jugement esthétique sur sa production : c’est très médiocre. On trouve des photos sur internet, notamment sur son site, et nous parcourrons son travail par date décroissante : Balzac moyen XIX (2011), Grandes mains sur fond bleu (2001), Banc des dernières amours (1993), J’implore fonds bleu (1982), Autoportrait au col roulé (1971), Le Mariage (1965), Homme de profil (1952)… Dans ses œuvres les moins mauvaises (qui sont plutôt celles des débuts), elle tente parfois - sans grand succès - de faire du Degas, du Cézanne, du Toulouse-Lautrec ou même du Picasso… avec au mieux cinquante ans de retard. On imagine le prestige que ce fonds va donner au Musée des Beaux-Arts de Tours.

Mais quel que soit l’avis que l’on porte sur la production de Martine-Martine, tout cela n’ajoute-t-il pas à la confusion des genres ? Un donateur offre sa collection qui comprendrait plusieurs œuvres de son épouse et exige qu’on construise une nouvelle aile pour abriter cet ensemble dans un lieu théoriquement inconstructible ? On aimerait donc en savoir davantage sur cette partie de la donation, ce qu’on envisage de retenir et ce que cela est censé représenter en terme de surface d’exposition. Pourquoi, tant qu’on y est, ne pas renommer le Musée des Beaux-Arts de Tours « Musée Martine-Martine ». Ce serait presque plus franc.


Didier Rykner, jeudi 30 juin 2016





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