Marie Stuart, une figure romantique ? Contenu abonnés


Le catalogue de l’exposition Marie Stuart à La Rochelle et la peinture de genre historique au XIXe siècle.

jpg-couverture_marie_stuart-2-jpgPeinture d’histoire ou de genre, ou même, et plutôt, peinture tout court ? Le genre historique qui fleurit à l’époque romantique signifie-t-il forcément une demi-mort de la peinture, une décadence en marche ? Entre genre et histoire, y a-t-il un vrai dilemme ? Que de questions pose une intelligente et neuve exposition comme celle de Marie Stuart au musée de La Rochelle1 !

On aurait pu craindre que celle d’Ecouen-Chantilly2, consacrée elle aussi à Marie Stuart et antérieure de quelques mois, lui ait brûlé la politesse, mais leurs propos en fait n’étaient pas du tout les mêmes. La première était nettement axée sur le XVIe siècle et sur la période proprement française de cette jeune reine quasi éphémère de France, veuve de François II à 18 ans en 1560, écossaise de naissance mais bien française par sa mère – une Guise – et par son éducation (fiancée au dauphin le futur François II, Marie arrive en France à l’âge de cinq ans et y séjourne de 1548 à 1561), d’où une présentation érudite et significative – bien accordée au propos d’un musée de la Renaissance comme l’est Ecouen – de dessins, d’émaux, de bijoux, de manuscrits liés à Marie Stuart à la Cour de France, notamment ces « crayons » qui sont la spécialité de François Clouet et qui célébraient la fameuse beauté de la jeune reine (voir son portrait de veuve en deuil blanc, dans les collections royales d’Angleterre3), à l’unisson des superbes éloges poétiques de Du Bellay et de Ronsard (cf. Zvereva). Au regard de cette légitime spécificité, le petit excursus portant sur la vogue romantique du thème de Marie Stuart avec trois ou quatre peintures – Ducis, Vermay, Révoil – ne s’imposait pas vraiment à Ecouen4, et il faut se réjouir que l’exposition de La Rochelle et son catalogue aient complètement repris et développé à part cet aspect si attachant de la fortune artistique de Marie Stuart dans la peinture française du XIXe siècle. Heureusement, l’important essai d’Alain Pougetoux (aidé de Gilles Soubigou), « Une reine martyre dans la peinture française »5, est beaucoup plus étoffé que celui que ces mêmes auteurs avaient déjà donné dans le catalogue d’Ecouen ; s’y ajoute un chapitre non moins instructif d’une spécialiste, Nicole Cadène qui a consacré une thèse entière à l’iconographie de Marie Stuart dans la France du XIXe siècle6. Enfin et surtout, Annick Notter, la conservatrice du musée de La Rochelle, et Nicole Cadène, déjà nommée, nous procurent ici la liste de tous les tableaux (et dessins) présentés aux Salons de Paris entre 1808 et 1899, qui ont pour sujet Marie Stuart, soit 83 mentions qu’elles font suivre d’une trentaine d’autres œuvres, principalement picturales et graphiques – les sculptures sont plus rares –, toujours en relation avec l’infortunée reine d’Ecosse, de façon à élargir au maximum, et non sans succès, cette première approche iconographique7. Y participent également l’estampe (c’est la troisième section du répertoire en question8, avec une vingtaine de pièces, et même quelques…

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