Les relations entre le marché de l’art et les musées, entre les marchands et les historiens de l’art n’ont pas toujours été au beau fixe. Certains conservateurs considèrent encore avec méfiance le marché, comme si celui-ci avait des intérêts forcément opposés aux leurs. Il est assez paradoxal de constater que le marché de l’art et ses acteurs, au XVIIIe, au XIXe et pendant la première moitié du XXe siècle sont étudiés et font l’objet de nombreuses publications alors que les marchands actuels sont souvent mal considérés.
Pourtant, leur rôle est essentiel à l’histoire de l’art. Nombre de grands donateurs des musées français, parfois très récemment, sont des antiquaires (Baderou à Rouen ou Puech à Avignon par exemple). Beaucoup sont également historiens de l’art et publient dans les revues savantes (rappelons que Marianne Roland-Michel dirigeait la galerie Cailleux...). On ne compte pas les catalogues, qui sont aussi de vrais ouvrages d’histoire de l’art, publiés par des marchands. Certains d’entre eux soutiennent financièrement la publication de revues et de livres érudits.
Chacun sait qu’un marché de l’art fort est un atout considérable pour le patrimoine d’un pays. Sans lui, que seraient les collections des musées ?
L’accord que viennent de passer le Syndicat National des Antiquaires et l’Institut National d’Histoire de l’Art est ainsi tout à fait exemplaire des relations qui devraient s’instaurer entre le marché et les historiens de l’art. Il se traduira par l’organisation de conférences qui auront lieu tantôt au SNA, tantôt à l’INHA1, et surtout par un don qui sera fait par le SNA à l’issue de la prochaine biennale des Antiquaires (du 15 au 22 septembre) et que l’INHA pourra utiliser pour un projet de recherche, de conservation ou d’exposition.
Les choses ont donc heureusement tendance à s’améliorer comme en témoignent d’autres initiatives récentes, telle que le partenariat toujours plus important entre le Salon du Dessin et les musées. Ceux-ci, et l’histoire de l’art en général, ont tout à y gagner.
