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Si elle se verra progressivement supplantée par Paris, Rome est bien, pendant toute la première moitié du siècle, la seconde capitale européenne des arts. Comme au début du XVIIe siècle, tout ou presque ce que l’Europe compte d’artistes fera le voyage d’Italie afin de compléter leur formation grâce aux richesses accumulées depuis l’Antiquité. Avec plus de huit cents objets exposés, des peintures et sculptures bien sûr, mais aussi des dessin et objets d’art jusqu’aux photos et maquette architecturale, le pari de ces trois expositions de montrer ce foisonnement artistique est brillamment tenu.
Trois expositions donc, ou plutôt deux sur trois sites. A la Villa Médicis, le propos est clair et contenu dans le titre : D’Ingres à Degas. Les artistes français à Rome. En revanche, la distinction entre les deux expositions des Scuderie del Quirinale (Universelle et éternelle) et de la Galerie Nationale d’Art Moderne (Capitale des arts) n’apparaît pas clairement. Peu importe, tant, à l’instar de celle de l’Académie de France, elles sont remarquablement réalisées. Le catalogue commun contribue d’ailleurs à les confondre en une seule et même exposition.

D’Ingres à Degas (Villa Médicis)

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Les deux premières salles sont placées sous le signe d’Ingres et David d’Angers : un peintre, un sculpteur, les plus emblématiques de l’Académie de France à Rome au tout début du XIXe siècle, peu après son emménagement dans la Villa Médicis. Le dernier envoi d’Ingres, Jupiter et Thétis (ill. 1), a fait le déplacement d’Aix-en-Provence. Ce tableau fut incompris des censeurs de l’Institut. C’est qu’Ingres n’est déjà plus un élève, comme le souligne Mehdi Korchane dans le catalogue. L’analyse très fine et convaincante que ce dernier fait de l’Etude de vieillard (également Aix, Musée Granet) qui l’amène à avancer sa date aux environs de 1800 rend plus compréhensible le bouleversement stylistique que subit la peinture d’Ingres à Rome. L’artiste pose ainsi les bases d’une véritable refondation (c’est le titre de cette section de l’exposition) de la peinture qui fait écho à celle de l’Académie de France.
David d’Angers, prix de Rome en 1811, dix ans après Ingres, subit directement l’influence de celui-ci. Ceci est particulièrement évident dans le relief en plâtre représentant Thétis (Angers, Galerie David d’Angers, ill. 2). Exposé en regard de celui d’Ingres, le parallélisme est troublant entre le profil serpentin des deux Thétis.


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La deuxième partie de l’exposition est dédiée essentiellement aux envois de Rome, de peinture et de sculpture. Ces figures d’étude, travesties en personnages mythologiques, rappellent que les artistes prix de Rome, bien qu’ayant fait la preuve de leur talent, sont toujours considérés comme en formation. Ils doivent donc se plier aux exercices imposés dont ils se tirent avec plus ou moins de brio. Le chef d’œuvre incontestable de cette section n’est d’ailleurs pas un envoi au sens strict du terme. Il s’agit du Zéphyr et Psyché de Rutxhiel,…

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