Louis-Antoine Prat élu président des Amis du Louvre


22/6/16 - Élection - Société des Amis du Louvre - Marc Fumaroli n’ayant pas souhaité se représenter, les Amis du Louvre viennent de changer de président. Le bureau de l’association a voté pour Louis-Antoine Prat qu’il est inutile de présenter longuement à nos lecteurs (nous l’avions invité dans notre émission La Semaine de l’Art que vous pouvez réécouter ici1). Celui-ci multiplie les casquettes. Il est à la fois un grand collectionneur de dessins français du XVIe au XIXe siècle, l’ensemble qu’il a réuni depuis des années et qu’il continue à enrichir ayant fait l’objet de plusieurs expositions, au Louvre, dans de nombreuses villes des États-Unis (voir l’article), au Canada, en Angleterre et en Espagne, et jusqu’à l’Australie. Donateur des musées nationaux, il a notamment offert plusieurs de ses feuilles au Musée du Louvre (récemment encore un Paul Delaroche). Historien de l’art, il est l’auteur de nombreux livres, catalogues raisonnés et catalogues d’exposition, sur Poussin, Ingres, Chassériau, ou encore la collection Chennevières mais on retiendra d’abord de lui les sommes qu’il a fait paraître sur le dessin français et dont nous avons parlé ici (les volumes sur le XVIIe et le XIXe sont parus, celui sur le XVIIIe paraîtra en 2017). Il est aussi enseignant à l’École du Louvre et, c’est moins connu, romancier (signalons notamment L’Amateur d’absolu).

La Société des Amis du Louvre est une très vieille dame qui a beaucoup apporté au musée. Espérons toutefois que le nouveau président saura résister à certaines évolutions récentes qui ne sont pas pleinement satisfaisantes. Nous sommes de ceux qui pensent que l’argent de cette association devrait être entièrement consacré à l’enrichissement du musée et aux acquisitions d’œuvres qui ne soient financées que par eux. À cet égard, l’achat récent à New York de la Pandore de Nicolo delle’Abbate, signalé par Cécile Scailliérez, fait figure d’exemple à suivre (voir la brève du 1/2/16). Les Amis du Louvre n’ont pas pour vocation de venir en supplétif du budget du musée, qu’il s’agisse de restaurations ou pire encore d’opérations aussi discutables que la construction en cours d’un faux lit qui viendra remplir l’alcôve de la chambre de Chevreuse (dont on se souvient qu’elle n’est même pas à la taille d’origine, puisqu’il fallait caser derrière l’escalier construit par l’architecte en chef Michel Goutal !) Il ne manquait plus que le Louvre imite Versailles et fasse fabriquer sciemment de faux meubles...

Les Amis du Louvre devraient également, à notre avis, devenir plus démocratiques. Il est anormal que le président dispose d’un nombre illimité de bulletins de vote : les sociétaires ne pouvant venir à l’assemblée générale envoient en effet des centaines de pouvoirs qui lui sont affectés. Il peut ainsi faire et défaire à sa guise les membres du conseil. Ceux qui ne lui plaisent pas ou qui ne votent pas selon ses choix peuvent ainsi être débarqués, éventuellement pour faire face à une autre personne qu’il a choisi, comme cela est arrivé il y a quelques années à Hugues Gall ou à Jean Guéguinou.
Malgré ces remarques, nous ne pouvons trop célébrer l’importance des Amis du Louvre, la plus grande société d’amis de musée en France. Rappelons que celle-ci, née en 1897 et forte aujourd’hui de près de 60 000 adhérents, est à l’origine de l’achat de quelques-uns des plus grands chefs-d’œuvre du musée dont la Pietà de Villeneuve-les-Avignon.


Didier Rykner, mercredi 29 juin 2016


Notes

1Nous reprendrons à la rentrée cette émission radio.





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