Libourne lance une souscription pour une esquisse de Princeteau


17/4/14 - Souscription - Libourne, Musée des Beaux-Arts - On se souvient de la grande rétrospective que le Musée des Beaux-Arts de Libourne, alors dirigé par Marguerite Stahl, avait consacrée à René Princeteau (1843-1914) et qui s’est déployée en plusieurs chapitres entre 2007 et 2009 (voir les articles du 5/6/09 et du 5/8/09). Connu avant tout, aujourd’hui, pour avoir été le maître de Toulouse-Lautrec, ce peintre qui naquit à Libourne et y mourut (à Fronsac plus précisément) mena pourtant une brillante carrière parisienne.


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1. René Princeteau (1843 – 1914)
Patrouille de uhlans surprise par une embuscade
de francs-tireurs
, 1871-1872
Huile sur toile - 50 x 110 cm
Collection particulière
Photo : D. R. (domaine public)
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2. René Princeteau (1843-1914)
Patrouille de Uhlans surprise par une embuscade
de francs-tireurs
, 1872
Huile sur toile - 195 x 430 cm
Libourne, Musée des Beaux-Arts
Photo : Véronique Schiltz

Cette année, à l’occasion du centième anniversaire de la mort de Princeteau, le musée, conduit depuis 2010 par Thierry Saumier, lance une souscription afin d’acquérir une esquisse à l’huile conservée dans une collection particulière et proposée pour 10 000 euros (ill. 1) : elle est préparatoire à la fameuse toile monumentale exposée au Salon de 1872, acquise par l’État et déposée à Libourne dès 1875 : Patrouille de uhlans surprise par une embuscade de francs-tireurs (ill. 2). Princeteau participa à la guerre de 1870-1871, engagé dans l’artillerie de l’armée de la Loire. Il a déjà mis en place dans son étude toute la composition finale. Les différents chevaux semblent décomposer la chute d’un seul et même animal. La blancheur de la neige fait ressortir l’imbroglio des corps, ceux des hommes et de leurs montures, silhouettes noires et robes bai. Finalement cette œuvre semble reprendre le thème des divertissements hippiques dont Princeteau s’était fait une spécialité, pour les transformer en peinture d’histoire épique, tandis que ses tonalités sombres annoncent le monde paysan que le peintre traduisit plus tardivement sur ses toiles.
Passionné de chevaux, il se fit en effet le chantre des élégances équestres, chasse à courre et steeple-chase, dans la lignée d’Alfred de Dreux, avant de s’intéresser à un univers plus rustique.

Le musée possède un ensemble important d’œuvres de René Princeteau - une trentaine de tableaux, plus de 200 œuvres graphiques - dont des croquis et des dessins préparatoires à la Patrouille de uhlans ainsi qu’une dizaine de sculptures. Thierry Saumier signale que sur les 10 000 euros nécessaires à l’acquisition de cette esquisse à l’huile, 6500 environ ont déjà été récoltés.

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Bénédicte Bonnet Saint-Georges, jeudi 17 avril 2014





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