Lettre ouverte aux membres de la Société des Amis du Louvre


Vous avez reçu comme moi la lettre trimestrielle de la Société des amis du Louvre et avez pu vous apercevoir que j’avais posé ma candidature au conseil d’administration.

Quel est le sens de ma démarche ?

Je suis membre des Amis du Louvre depuis plus de vingt ans. Mon intérêt et ma passion pour ce musée sont notoires et il suffit de consulter La Tribune de l’Art pour constater que ses expositions et ses acquisitions - acquérir des œuvres étant la mission unique de la Société, rappelons-le - sont traitées très régulièrement. Il m’a semblé cohérent de ne pas en rester aux avis exprimés sur La Tribune de l’Art sans participer et m’impliquer davantage dans cette Société. Un éditorial précédent de Monsieur Marc Fumaroli exposait que de nombreux membres avaient envoyé des courriers contestant les opérations de délocalisation et de location des œuvres du Louvre. Ceux qui me lisent régulièrement savent que je ne m’oppose pas aux prêts pour des expositions scientifiques mais à l’utilisation des collections à des fins politiques, diplomatiques ou financières privant les visiteurs d’œuvres majeures tout en menaçant leur intégrité physique.

Comme Monsieur Fumaroli l’exprimait dans un bulletin récent, il n’est pas, à mon avis, du rôle de cette Société d’intervenir dans la politique du Louvre, que ce soit pour la valider ou la contester1. En revanche, il me semble de son devoir de veiller à ce que les volontés des donateurs (dans la lettre et dans l’esprit) soient respectées et que les œuvres offertes par la Société elle-même puissent bénéficier avant tout aux visiteurs du musée, en complétant les lacunes des collections.

Il est prévu que les membres ne pouvant pas assister à l’Assemblé Générale où sera renouvelé le Conseil d’Administration envoient aux Amis du Louvre un pouvoir nominatif. J’invite donc tous ceux qui ne pourront pas venir à mettre en œuvre cette procédure en s’interrogeant sur la personne la mieux à même de voter selon leurs souhaits.


Didier Rykner, samedi 5 avril 2008


Notes

1Pourtant, en dépit de cette affirmation, il n’avait pas hésité à prendre parti au nom de la Société des Amis du Louvre dans Télérama du 8 décembre 2004 (Luc Le Chatelier, Trésors à l’export) ou dans un précédent bulletin (bulletin de décembre 2004 ; voir notre éditorial du 5 janvier 2005).





imprimer Imprimer cet article

Article précédent dans Éditorial : Elle est belle ma Ferronnière, elle est belle !

Article suivant dans Éditorial : Villa Médicis : et l’histoire de l’art ?