Lettre de Bernard Hasquenoph, graphiste Contenu abonnés


LE LOUVRE MARCHAND CHASSE LES ARTISTES

Si la suppression de la gratuité d’accès au Musée du Louvre des enseignants au 1er septembre 2004 a généré une onde de protestation1, celle qui, dans le même temps, toucha les artistes professionnels est passée, quant à elle, quasiment inaperçue2. Graphiste adhérent à la Maison des Artistes ce qui me confère la gratuité dans les musées nationaux3, j’en ai personnellement fait les frais, quand, habitué à venir hanter les salles de ce lieu mythique, je me suis présenté dernièrement au portique de l’aile Richelieu. Je me suis vu alors refuser l’entrée.

Tout aussi scandaleuse que la suppression de la gratuité accordée traditionnellement aux enseignants, celle concernant les artistes est peut-être encore plus lourde de sens car elle met fin sans discussion à une très longue tradition qui a uni si intimement, dès l’origine du Musée, les artistes du passé à ceux du vivant.

Souhaitant interpeller la direction du Louvre sur cette disgrâce ingrate, je me suis documenté sur le sujet et je suis tombé sur quelques faits stupéfiants connus des seuls spécialistes qui rendent encore plus inique la décision.


Au Louvre, les artistes sont chez eux.

En effet, c’est Henri IV lui-même qui, en 1608, ouvrit grand le palais royal du Louvre aux artistes - « Comme entre les infinis bien qui sont causés par la paix, celui qui provient de la culture des Arts n’est pas des moindres. » - les affranchissant au passage de la tutelle pesante des Corporations. Ceux-ci y furent logés non loin de la « Salle des Antiques », embryon du futur musée, que le Vert-Galant avait fait aménager au rez-de-chaussée de la Grande Galerie.

Ainsi, pendant près de deux siècles, les « ouvriers d’art » tel que les appelait le bon roi Henri purent travailler et vivre en paix dans l’enceinte même du Louvre, sous le regard bienveillant de leurs illustres paires dont les oeuvres exposées sur les cimaises des Collections royales n’étaient encore réservés qu’aux seuls initiés.…

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