Les Régents d’Isaac Palingh. Un rare tableau à l’Académie nationale de médecine à Paris


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1. Isaac Palingh (1637-1728)
Assemblée de régents d’un hospice ou d’une corporation ?
Huile sur toile – 176 x 344 cm
Paris, Académie nationale de médecine
Photo : Académie nationale de médecine
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De bons tableaux anciens, il peut s’en trouver partout, même en dehors des musées (regrettons au passage que certains ferment comme le musée de l’Assistance publique1 ou bien, tel le musée Marmottan2, souffrent d’une certaine sous-exposition), sans parler bien sûr de tout ce qu’offrent à voir les églises, même si ce n’est pas, après tout, leur rôle premier. Et que ne pas dire du commerce et des salles de vente. Puisque la peinture du Siècle d’or hollandais est ou vient d’être mise à l’honneur ces temps-ci (suggestive exposition Kremer à la Pinacothèque de Paris, nécessaire et somptueuse présentation du fonds de peintures de la Fondation Custodia alias Lugt), profitons-en pour attirer l’attention sur une remarquable et imposante peinture de régents d’hospice ou d’orphelinat (?) à l’Académie nationale de médecine de Paris (ill. 1). Nul à vrai dire n’en soupçonnait la présence ; à notre connaissance, elle n’a jamais été publiée. Qui plus est, elle était longtemps restée anonyme, ce qui ne pouvait guère contribuer à sa promotion. Un opportun décrochage (elle était exposée à une grande hauteur dans un escalier) permit, il y a quelques années, d’y trouver la signature d’Isaac Palingh (Leyde, 1637- La Haye, 1728)3.

Une aubaine pour le patrimoine français, car de tels portraits collectifs, gloire de l’Ecole hollandaise, de Frans Hals à Van der Helst, de Jan de Bray ou de Ferdinand Bol à Rembrandt, ne se voient pratiquement que dans les collections publiques des Pays-Bas, notamment à Haarlem et à Amsterdam (n’omettons pas cependant ceux, un peu moins connus, qui relèvent de l’Ecole flamande et qu’on peut découvrir dans les musées de Belgique4). C’est le genre d’œuvres qui avaient toute raison, vu leur sujet et leur destination – hospices, hôtels de ville, confréries militaires, corporations de métiers, etc. – de rester sur place. Et d’être peu attractives pour le commerce, compte tenu du sérieux souvent ostentatoire de telles représentations et de la disposition forcément pesante et insistante sinon monotone de ces accumulations de portraits. Et ce, quand bien même, avec les changements des modes et des styles (de la fin de la Renaissance à l’avènement du baroque !), les poses, l’interrelation des figures, les visages ont pu gagner au fil des années en diversité et en souplesse. En France même, on ne trouverait guère à citer dans ce registre – écartons évidemment les portraits d’échevins, le genre du portrait collectif n’étant certes pas l’apanage des Ecoles du Nord – que la grande, disons même encombrante Garde civique de Saint-Adrien (de Haarlem ?) par Cornelis Engelsz., de 1612, au musée de Strasbourg5, démonstration, il faut bien l’admettre, plus sociologique que picturalement exaltante. Ce même musée possédait pourtant un chef-d’œuvre de portrait de corporation avec les Orfèvres d’Amsterdam de Thomas de Keyser, de 1627, mais, par une vraie malchance, le tableau en question disparut à jamais (sauf en photo !) dans un incendie accidentel en 19476. Quant au petit Van der Helst du Louvre, Les chefs du corps des archers de la garde civique d’Amsterdam (confrérie de Saint-Sébastien), de 16537, il ne peut que faire modestement écho au grand et opulent tableau analogue du Rijksmuseum d’Amsterdam. Les autres pays ne sont pas mieux lotis : lorsque qu’on aura cité de Ferdinand Bol, à Munich, Les Régents de la corporation des tonneliers et des marchands de vin d’Amsterdam, de 1659, et ceux de la même corporation, de 1657, par Gerbrand Van den Eeckhout, à la National Gallery de Londres, les deux Compagnies de fusiliers d’Amsterdam de Dirck Jacobsz., de 1532 et 1563, à Saint-Pétersbourg, enfin les superbes Orfèvres de Keyser, de 1627, à Toledo, si comparables à ceux déjà cité de Strasbourg, on aura au moins provisoirement noté l’essentiel8.

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2. Isaac Palingh (1637-1728)
Assemblée de régents d’un hospice ou d’une corporation ?,
détail de la main gantée du personnage assis en avant, vers la droite
Paris, Académie nationale de médecine
Photo : Académie nationale de médecine
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Pour en revenir à Palingh, l’assemblée – ou assemblage ! – dépeinte par cet artiste de grande rareté a toutes les vertus de la formule proprement imparable et comme inusable du portrait de régents (ou régentes) qui réussit à joindre unité et diversité, varie et différencie les poses pour mieux individualiser les visages, et joue d’une subtile dynamique pour faire se répondre en rimes mains, taches blanches des cols, port des têtes et direction des regards (aucun visage n’est à la même hauteur). On remarquera le rôle que joue ici le motif de la figure placée en avant et adossée à un fauteuil, qui creuse l’espace, comme on l’observe si souvent dans de tels portraits collectifs, ainsi dans les Régents de l’hospice des enfants pauvres de Jan de Bray, de 1663, à Haarlem, sans parler de l’exemple-clé de Frans Hals, Les régents de l’hospice Sainte-Elisabeth à Haarlem, de 1641, dans le même musée ; invoquons encore à cet égard les Régents de la maison de correction d’Amsterdam de Carel Dujardin, en 1669, au Rijksmuseum d’Amsterdam. Non moins typique est la figure de quelque serviteur, placée tout à gauche, en retrait pour respecter la hiérarchie vis-à-vis de la digne assemblée, ce qui se voit dans presque chaque tableau de ce genre. Quant à l’échappée sur un espace d’arbres et de jardin qui ménage une opportune diversité dans le fond plutôt sombre et uniforme du tableau, c’est l’un de ces habiles et inévitables artifices qui marquent fréquemment les grands portraits collectifs, comme si les groupes siégeaient sur une terrasse ouverte. Un morceau de choix, de grande élégance et de belle évidence visuelle, est le détail de la main gantée tenant un autre gant (ill. 2), qui distingue la figure assise au premier plan9. Pour une fois, mais ce n’est tout de même pas exceptionnel dans de tels portraits de groupes, nos héros sont sans chapeau (voir un autre exemple chez Jan de Bray : son tableau de 1675, à Amsterdam), mais arborent en revanche d’amples chevelures qui annoncent l’usage des perruques, ce qui justifie d’ailleurs dans de plus tardifs portraits collectifs, notamment ceux du XVIIIe siècle10, l’abandon du port du chapeau (on ne peux exclure ici même que certains participants, le deuxième régent par exemple en partant de la gauche, portent déjà une perruque). Concluons sur la datation de l’œuvre : la mode des costumes, notamment dans la forme des cols à rigides rabats blancs, nous situe à la fin des années 1660 sinon dans la décennie suivante.

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3. Isaac Palingh (1637-1728)
Assemblée de régents d’un hospice ou d’une corporation ?,
détail des fragments d’écorce de quinquina posés sur la table
Paris, Académie nationale de médecine
Photo : Académie nationale de médecine
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Reste la précision essentielle qui fait hélas ! défaut, à savoir l’origine de cette peinture qui nous renseignerait du coup sur la nature de la réunion voire l’identité des personnages. On peut envisager qu’il s’agit, comme dans tant de représentations de ce type, de bourgeois aisés qui régissent un hospice charitable, à moins qu’il ne faille songer à quelque corporation de marchands ou de fabricants. Une recherche d’archives en Hollande livrerait-elle la solution ? L’œuvre pourrait provenir de Leyde : Palingh y fut longtemps actif (sa présence dans la guilde des peintres de l’endroit est documentée pour 1664 ; il en devient même le doyen en 1675 et à nouveau en 1680), avant de passer à La Haye où il est mentionné en 1682, non sans s’établir ensuite en Angleterre jusqu’en 1703 pour revenir définitivement à La Haye où il décède en 172811. Si le tableau émanait de l’Académie de Saint-Luc à Leyde, – on peut penser que cela se serait su. En tout cas, dans les fiches de Bredius et de Hofstede de Groot conservées au R.K.D.12, nulle mention n’est faite d’une telle œuvre de Palingh, et il n’y a rien à tirer des catalogues de ventes anciennes, relativement à cet artiste13. A l’Académie nationale de médecine en tout cas, le tableau passait pour représenter, dans une interprétation typiquement XIXe siècle, des « savants hollandais dissertant sur la découverte du quinquina » – voir le détail (ill. 3) de deux fragments d’écorce de cet arbuste exotique qui a pu justifier un tel titre14. C’est ainsi qu’était désignée cette peinture (sans nom d’auteur) dans le seul inventaire des œuvres d’art conservées à l’Académie, rédigé en 1905, probablement par le bibliothécaire d’alors, Alexis Dureau15. Le tableau aura-il été offert comme bon nombre de tableaux et sculptures de la collection par quelque docteur membre de ladite académie ? Sans doute le dépouillement des bulletins de l’Académie devrait-il pouvoir préciser la date d’entrée du tableau, compte tenu du fait qu’elle fut fondée en 1820, et sa bibliothèque, vraiment opérationnelle à partir de 1846.


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4. Isaac Palingh (1637-1728)
La diseuse de bonne aventure, 1677
Huile sur bois – 78 x 68 cm
Genève, collection particulière
Photo : D.R.
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5. Isaac Palingh (1637-1728)
Concert sur une terrasse avec un couple
Huile sur bois – 85 x 67 cm
Localisation actuelle inconnue
Photo : D.R.
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La découverte d’un tel tableau, un unicum jusqu’à plus ample informé, constitue un enrichissement appréciable dans la connaissance de ce bel artiste peu ou mal représenté dans les musées (citons au moins une paire de sages portraits d’un couple, de 1702-1703, à Leyde). On le confinerait un peu vite dans une simple activité, banale tout de même, de portraitiste, comme il appert de sa période anglaise marquée par la manière mondaine de Kneller. Formé sinon influencé par le Leydois Abraham van den Tempel, Palingh sait pratiquer aussi une peinture souple et colorée, avenante, agréable, qui caractérise à merveille une réussite de la peinture de genre fine et mondaine comme l’est sa Diseuse de bonne aventure (ill. 4), signée et datée de 167716, qui appartint à l’illustre collectionneur Tronchin à la fin du XVIIIe siècle, soit un tableau à situer flatteusement entre Mieris père, Karel de Moor et surtout Jacob van Loo. On y retrouve toute l’élégance des drapés et des poses qui marque si bien le grand portrait collectif de l’Académie nationale de médecine, comme l’heureux usage d’un clair-obscur velouté. Pour la petite histoire, signalons que la signature du peintre fut chaque fois tardivement redécouverte : en 1974 pour la Diseuse de bonne aventure, en 1990 pour nos Régents de l’Académie de médecine, à croire que, parfois, l’habitude ou la commodité l’emportent sur la vérification d’un nom trop peu connu… Et l’on pourra désormais accroître assez aisément l’œuvre de ce doué Palingh, à preuve par exemple la convaincante réattribution, en 1994, d’un Concert sur une terrasse passé en vente en 1955 sous le nom d’Ochtervelt que David Mandrella a reproduit à bon escient dans sa récente monographie de Jacob van Loo parmi les œuvres rejetées de ce dernier (le Concert en question (ill. 5)17 avait un temps porté une attribution à Jacob van Loo qui pouvait s’expliquer, eu égard justement à sa capiteuse qualité picturale).

La belle surprise de ce Palingh pas si académique (au sens péjoratif du mot !) donne l’occasion d’attirer l’attention sur la riche collection de peintures (au moins 85) et de sculptures (près de 140) abritée dans les murs de l’Académie nationale de médecine et restée trop méconnue18. La bibliothèque de cette institution prend soin de cet ensemble répertorié désormais dans un précis et précieux fichier informatique, mais on ne peut s’empêcher de penser qu’un catalogue imprimé serait encore plus commode et plus stable d’accès. En attendant, signalons déjà en sus du rarissime et inattendu Palingh, seul ou presque de son genre en France, des peintures d’histoire fort estimables d’Aparicio, Mélingue, Fichel, Ch.-L. Muller, Lhermitte – un vrai triomphe du XIXe siècle à deux pas du musée d’Orsay –, sans compter une suite impressionnante et typique de portraits de diverses personnalités médicales (l’exercice devait plaire à la profession !), dus entre autres à Scheffer, Delaroche, Bonnat, Callande de Champmartin, Giraud, Boulanger, Guérin, Gervex, Gigoux, Gérôme, Domergue – mais oui ! et pour célébrer le fameux docteur Pozzi –, plus une pathétique scène d’hôpital du fameux Vuillard : gloire au docteur Vaquez en action à Saint-Antoine dans toute une symphonie de blancs, de gris et de bruns. Décidément, la connaissance et la protection afférente du patrimoine public sont des tâches proprement inépuisables et exaltantes.


Jacques Foucart, mardi 29 mai 2012


Notes

1Une fermeture que n’a pas manqué de relever la Tribune de l’art. A présent, l’hôtel de la rue Scipion qui abritait depuis 1934 le musée est en cours de vente, et l’on peut craindre que la réinstallation des collections envisagée dans l’Hôtel-Dieu ne se fasse pas avant plusieurs années. Que penser aussi du devenir du Musée national des Arts et Traditions populaires ? Et quand le Musée d’Ennery rouvre, bonne nouvelle après une si longue éclipse (le musée fut fermé en 1996), constatons que c’est uniquement sur rendez-vous, en groupe, et juste trois après-midi par semaine. – De la vie fragile et instable de ces œuvres d’art que sont aussi les musées !

2Le visiteur de ce musée sait-il qu’il pourrait y voir, à condition qu’elles soient exposées de temps à autre, des peintures, pour s’en tenir aux écoles du nord, de Baburen (l’un des seuls exemples de France), Francken, Neefs, Flémalle, Gysbrechts, Verbruggen, Saeys, etc. ? Et saisit-on assez que les Marmottan, le père surtout, furent également sensibles à l’art du Moyen-âge, notamment germanique, présent dans leurs collections ?

3Toile. H. 1,76 ; L. 3,44. Signé en bas à droite : I. Palingh Fecit. Nous avions pu repérer en 1974 ce tableau lors d’une campagne photographique assurée par l’agence photographique de la Réunion des musées nationaux ; remercions Michèle Lenoir, alors conservatrice de la bibliothèque de l’Académie, de nous avoir signalé en 1990 la découverte de la signature du tableau et procuré une nouvelle photo de l’œuvre (la première était tronquée en raison de la difficulté de la prise de vue) ; la toile fut alors légèrement restaurée par le service de Restauration des musées de France, pourvue d’un nouveau cadre et réaccrochée plus commodément à une autre place. D’après Maarten L. Wurfbain (communication écrite du 24 IV 2012), Palingh dont la date de naissance n’est pas connue fut probablement baptisé à Leyde, le 8 février 1637.

4Que l’on songe à de typiques prestations de Pieter Meert, Crayer, Biset au musée de Bruxelles, de Balthazar van den Bossche à Anvers, de Robert van Audenaerde à Gand, de Bernaerts à Bruges, etc.

5Toile. H. 1,78 ; L. 5,10. Signé et daté en bas à droite : CE fecit 1612. Acquis en 1897 pour le musée de Strasbourg par Wilhelm Bode chez Charles Sedelmeyer à Paris. Voir la notice de David Mandrella dans le catalogue du musée des Beaux-Arts de Strasbourg, Peinture flamande et hollandaise XVe-XVIIIe siècles, Strasbourg, 2009, n° 131, p. 198-199, avec repr. en couleurs. Le tableau a souffert, il est vrai, des bombardements de 1944, n’ayant pas été évacué pendant la dernière guerre du fait de sa grande taille. Reste qu’il paraît d’une formulation passablement empruntée, face aux magistrales solutions déployées par Frans Hals dès 1616 (voir le fameux Banquet des officiers des archers de Saint-Georges de ce dernier, à Haarlem : à quatre ans près, la différence est saisissante). Est-ce à dire que le vrai titre de gloire d’Engelsz. est d’être le père du très fin portraitiste Jan Verspronck ?

6Toile. H. 1,18 ; L. 1,95. Signé et daté en bas à gauche : T.D.K. 1627. Acquis à Londres par Wilhelm Bode pour le musée de Strasbourg en 1890. Voir la notice de David Mandrella, op. cit. à la note précédente, n° 156, p. 228, avec repr. (en noir et blanc) p. 229.

7On l’a parfois même considéré comme une simple copie d’époque par Gerrit Lundens, mais cette proposition semble d’une défiance excessive ; le tableau qui est sur toile a sans doute souffert d’avoir été jadis collé sur un support de bois et un peu aplati dans cette opération. Voir notre Catalogue des peintures flamandes et hollandaises du Louvre, Paris, 2009, p. 153.

8Pareille liste ne saurait bien sur être exhaustive, et nous la donnons à titre indicatif en remerciant au passage Albert Blankert pour ses informations ; citons encore un tableau d’un maître peu connu, Martin Lengele (il apparaît dans la bibliographie de Jacob van Loo), soit la Parade des officiers de l’Orange Vendel, de 1660, au Fitzwilliam Museum de Cambridge, réduction d’un grand tableau disparu depuis 1795 des locaux de cette milice de La Haye, cf. Carola Vermeeren, « De kunstmarkt in Den Haag in de 17de eeuw » dans Haagse Schilders in de Gouden eeuw / Het Hoogsteder Lexicon van alle schilders werkzaam in Den Haag 1600-1700, La Haye - Zwolle, 1998, p. 69, avec repr. fig. 15 p. 70.

9Il y aurait tout un développement à faire sur la mise en évidence des gants, spécialement d’hommes, dans les portraits hollandais ou flamands de l’époque, de Van Dyck (son Charles Ier du Louvre, vers 1635, modèle entre tous), à Rembrandt (Maerten Soolmans, 1634, coll. part., Paris ; Jan Six, 1654, Fondation Six, Amsterdam), de Frans Hals (Stephanus Geraerdts, vers 1645, Anvers) à Van den Helst (Régents des arbalétriers, 1656, Amsterdam) et ainsi de suite. Un bel exemple de mode précieuse nous est donné à cet égard par le présumé Conrad van Beuningen d’Abraham van den Tempel, le maître – éventuel – de Palingh justement (tableau passé en vente à Amsterdam, 19-20 VI 1913, n° 148).

10L’évolution de la mode (perruques plutôt que chapeaux) est bien marquée dans les Régents d’Arnold Boonen (peintures de 1699 et de 1705) au musée historique d’Amsterdam.

11Voir la notice consacrée à Palingh dans Haagse Schilders de l’ouvrage, op. cit. à la note 8, p. 335 (les notices du dictionnaire en question sont de Erik Löffler, Charles Dumas, Fred Meijer et Carola Vermeeren). La formation de Palingh auprès de Van den Tempel repose sur une assertion de Pieter Terwesten (biographie manuscrite de son père, Mattheus Terwesten, 1747), mais pour M. L. Wurfbain, cela reste sujet à discussion.

12Communication écrite d’Albert Blankert, 15 VIII 1990.

13Par exemple, dans une vente à Amsterdam, 26 VIII 1807, n° 174 et n° 175 (parties de musique avec société élégante), à Rotterdam, 22 IV 1818, n° 278 (deux petits portraits), à Gand, 13 III 1839, n° 68 (paysan italien), d’après la base Getty des catalogues de vente, une indexation il est vrai encore très partielle. Le dossier Palingh du R.K.D. à La Haye concerne surtout des portraits de la bonne société dont quelques-uns dans des musées (Leyde, Dordrecht, Loosdrecht, Kiev, un bel exemple signé du portrait aristocratique de la famille leydoise Van der Meer-Merode). Le tableau de l’Académie de médecine y est connu grâce à la photographie que nous avions envoyée à Albert Blankert en 1995, mais pas autrement commenté. A noter que la base internet du R.K.D. propose 34 reproductions d’œuvres de Palingh, moins le tableau de l’Académie toutefois. Remercions Erik Löffler, du R.K.D., pour les vérifications qu’il a effectuées pour nous au sujet de Palingh.

14Ce détail relativement secondaire – somme toute, il n’a pas plus d’importance que l’encrier ou le probable livre de comptes au centre – ne peut à lui seul justifier la réunion représentée ici, laquelle obéit à toute une tradition iconographique (place en retrait du serviteur, rhétorique des gestes etc.), liée généralement à une vérification d’activités financières (charitables). La feuille tenue par l’un des assistants ne comporte pas d’inscriptions déchiffrables renseignant sur la nature de l’assemblée. En fait, il y a seulement simulation d’écritures. Selon M. L. Wurfbain, le tableau pourrait représenter les régents du Collegium Chirurgicum de Leyde ; le quatrième personnage depuis la gauche, celui qui tient une plume à la main, n’est pas sans ressembler à Frans De la Boe Sylvius, professeur de médecine à l’université de Leyde depuis 1658 (voir son portrait gravé par Cornelis Dalens en 1658). Mais cette ressemblance ne semble pas assez caractérisée et, par ailleurs, rien dans le tableau ne fait allusion à la spécialité chirurgicale des personnages de cette assemblée. A notre avis, la question semble devoir rester ouverte. En tout cas, l’article de Charles Tiels, « De Leidse chirurijns en hun kamer boven de waag », Nederlands kunsthistorisch jaarboek, t. 31, 1980, p. 215-238, ne fait aucune mention d’un tableau de Palingh et renseigne d’ailleurs très peu sur la présence de tableaux dans cette institution.

15Communication écrite de Jérôme van Wijland, directeur de la bibliothèque de l’Académie nationale de médecine, 27 III 2012. D’origine hollandaise, ce dernier s’est particulièrement intéressé au tableau, nous joignant à ce sujet par l’intermédiaire de la Tribune de l’art. Nous tenons à le remercier de nous avoir ainsi incité à le publier.

16Bois. H. 1, 178 ; L. 0,68. Signé et daté en bas à droite : J. Palingh F. 1677. Voir le catalogue de l’exposition De Genève à l’Ermitage / Les collections de François Tronchin Genève, musée Rath, 1974, n° 188, avec repr. Le tableau a été acquis par Tronchin auprès du marchand de tableau Vigneux à Mannheim, en 1781 (Vigneux y voyait un Karel de Moor mais Tronchin penchait pour Mieris). Passé dans la vente Tronchin, Paris, 23 III 1801, n° 114, il est resté ensuite dans la famille Tronchin puis fut acheté par Xavier Givaudan en 1938 ; par héritage, à présent dans une collection privée de Genève.

17Bois. H. 0,85 ; L. 0,67. Paris, Galerie Charpentier, 28 III 1955, n° 74, comme Ochtervelt ; exporté par le marchand J. Neger à Londres pour vente chez Sotheby, 22 VI 1960, n° 53 (idem) ; attribué par O. T. Banks à Jacob van Loo en 1977 ; New York, Sotheby 14 I 1994, n° 77, comme Isaac Palingh (attribution de W. L. Van de Watering qui le situe vers 1675) ; foire de Maastricht, 1996 (chez Whitfield) ; New York, Sotheby, 25 V 2000, n° 38. Cf. D. Mandrella, Jacob Van Loo (1614-1670), Paris, Arthena, 2011, n° PR 61, p. 227-228. On peut sans doute donner également à Palingh une Partie musicale, T. H. 0,58 ; L. 0,54, chez Waterman à Amsterdam, en 1979, comme Jacob van Loo (Mandrella, op. cit., n° PR 58, p. 227 : attribution à Jacob van Loo refusée mais pas de nouvelle proposition).

18Voir la banque d‘images de la Bibliothèque interuniversitaire de santé – Sur l’Académie nationale de médecine, 16 rue Bonaparte, Paris 6e, voir le commode opuscule que lui a consacré Connaissance des arts, n° hors-série, Paris, 2008, 35 pages, avec renseignements pratiques et 35 illustrations.





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