Les peintures du musée d’art et d’histoire de Narbonne Contenu abonnés


Auteur : Jean Lepage

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1. Jean-Joseph Bellel (1816-1898)
Paysage rocheux, 1852
Huile sur toile – 73 x 96 cm
Narbonne, Musée d’art et d’histoire
Photo : Musée de Narbonne
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Il n’est pas trop tard, il n’est jamais trop tard pour parler d’une chose aussi rare et bienvenue que l’est un catalogue de musée. De Narbonne, à la date de juin 2009 mais guère diffusé jusqu’à présent1, nous vient ainsi un catalogue complet du fonds de peintures de ce musée fondé en 1833 mais qui n’avait plus rien fait paraître à ce sujet depuis 19232. Les musées, on le sait, ont pour eux l’éternité… En plus, nous voulons aujourd’hui, siècle de l’image oblige, des catalogues intégralement illustrés et, si possible, en couleurs, même si le bon vieux noir et blanc reste infiniment plus lisible. C’est ce que nous propose très opportunément Jean Lepage, vertueux conservateur qui vient juste, comme symboliquement, de prendre sa retraite (il entra en fonction en 19793) après avoir achevé ce grand, utilissime travail de catalogueur qui, ailleurs, lasse trop souvent les bonnes volontés : tout reclasser, remesurer, photographier, vérifier les provenances, préciser les sujets des tableaux, les attributions, la bibliographie, même s’il ne s’agit ici que d’un catalogue « sommaire », forcément prudent. L’angélique simplicité des ouvrages de ce type fait certes oublier le désordre souvent indescriptible qui en règle générale leur préexiste, infernal magma des réserves de musée où tant d’œuvres, peu ou mal triées, bien souvent décadrées, autre écueil matériel à signaler, s’empilent, se détériorent, s’oublient... Avec un significatif humour, Jean Lepage a mis en exergue de son catalogue quatre petites reproductions édifiantes qui suffisent à évoquer – cruellement – l’envers ordinaire du décor4. Et de souligner dans son introduction que le musée de Narbonne, comme tant d’autres, a inévitablement subi quelques pertes – il est vrai peu nombreuses –, sans oublier le problème assez classique de ces grandes (trop grandes) toiles du XIXe siècle qui, victimes de leurs sujets démodés et de leurs incommodes et imprudents formats, ont été déplorablement évacuées dans les années 1950 (à Narbonne, point de drames et d’excuses de guerre, juste l’incurie et les fatales humeurs d’un goût d’époque) : roulées, elles ne purent être photographiées et reproduites dans le nouveau catalogue5 , au grand dam du conservateur qui a voulu particulièrement satisfaire à l’exigence de l’exhaustivité (tout cataloguer, tout reproduire, même les œuvres médiocres et les copies).

Mais la vie d’un musée, si elle doit être impérativement synonyme de réorganisations et de reclassements très salvateurs, est faite aussi d’enrichissements et de perfectionnements. A Narbonne, le seul fait comptable aurait suffi à toutes les justifications : le vaillant maître des lieux n’a eu de cesse d’enrichir son musée par une très active politique d’acquisition – achats et dons –, parallèlement à la multiplication de prêts et d’expositions…

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