
1. Victoria & Albert Museum
Grande galerie des sculptures
(The Renaissance City 1350-1600)
Photo : Didier Rykner
Engagé dans un vaste programme de restructuration et de rénovation de ses salles, comme nous l’explique son directeur, Mark Jones, dans une interview, le Victoria & Albert Museum de Londres a rouvert, en décembre dernier, ses galeries Moyen Age et Renaissance après plusieurs années de travaux.
Le résultat est une complète réussite. Les musées britanniques sont décidément particulièrement doués pour exposer les œuvres, qu’il s’agisse d’expositions temporaires ou de présentations permanentes.
Les salles se déploient à droite de l’entré principale, se partageant entre une grande galerie de sculptures (ill. 1) et deux niveaux de galeries plus petites formées de huit salles. Aucune distinction par écoles n’est effectuée, la France côtoie l’Espagne, l’Italie jouxte les Pays-Bas...
La grande galerie qui ressemble, par la densité d’œuvres exposées à ce qui existait avant s’organise en trois sections consacrées respectivement, de l’entrée à l’extrémité à trois grands thèmes : la ville, la villa, et l’église. La taille de cette galerie, dominée par la grande barrière de chœur de la cathédrale Saint-Jean de Bois-le-Duc, qu’il était évidemment impossible de déplacer, permet d’évoquer ainsi une place publique dominée par le grand Samson massacrant les Philistins de Giambologna (ill. 2), une cour intérieure de villa et le chœur d’une église (ill. 3). Les sculptures trouvent naturellement leur place dans cette mise en scène très pédagogique qui ne nuit pas à la contemplation. Les socles sont sobres et d’une belle couleur, la muséographie sait rester parfaitement discrète pour mettre au mieux les œuvres en valeur.

2. Giambologna (1529-1608)
Samson massacrant les Philistins
Marbre
Londres, Victoria & Albert Museum
Photo : Getty Images

3. Victoria & Albert Museum
Grande galerie des sculptures
Au premier plan Ange agenouillé, peut-être par
Silvio Cosini (vers 1495-après 1547) et son atelier
Au fond : autel de la chapelle du couvent de Santa Chiara
peut-être par Giuliano da Sangallo et son atelier
vers 1494-1500
Les autres salles proposent une approche à la fois chronologique et thématique. La première est consacrée aux années 300 à 1250, du bas-empire à l’art roman, la seconde à l’avènement du gothique, tandis que la troisième et la quatrième s’attachent davantage, sur les années 1250-1500, à l’art de la dévotion privée et à celui lié à la vie nobiliaire. La sculpture est privilégiée mais les autres techniques sont représentées : mobilier, émaux, tapisseries, vitraux… L’ouverture de ces galeries a permis de sortir beaucoup d’œuvres des réserves comme ces fenêtres romanes (ill. 4) ou une grande tapisserie tissée dans le Pays-Bas du sud vers 1425-1430 représentant une chasse à l’ours et au sanglier. L’étage supérieur, à nouveau séparé en quatre grandes salles, est consacré au XVe et au XVIe siècle et s’achève sur l’une des plus belles collections qui soit de sculptures du XVe siècle autour de Donatello.
Rappelons enfin que les plus importantes œuvres de la Renaissance conservées au Victoria & Albert Museum, sont les cartons de Raphaël pour le tapisseries des Actes des Apôtres du Vatican, déposés par la Reine d’Angleterre, exposés dans une autre galerie qui n’a pas encore été refaite.


