Les Macchiaioli. Des Impressionnistes italiens ? Contenu abonnés


Paris, Musée de l’Orangerie, du 10 avril au 22 juillet 2013.
Madrid, Fundación Mapfre, du 20 septembre 2013 au 5 janvier 2014.

Voici une exposition à ne pas manquer. Tandis que Louvre propose un De l’Allemagne contesté et contestable mais qui déplace les visiteurs autour de ses quelque vingt Friedrich (un exploit en soi !), l’Orangerie nous propose de découvrir un pan assez ignoré chez nous de la peinture italienne : les Macchiaioli. Qualifier ceux-ci d’impressionnistes c’est assurément ajouter un petit plus qui peut sensibiliser l’amateur assez peu au fait des courants de la peinture italienne de la seconde moitié du XIXe siècle. Mais reconnaissons au musée parisien de ne pas jouer sur une lourde ambiguïté : d’abord le sous-titre est placé sous le signe de l’interrogation ; ensuite la courte introduction du catalogue que signe Guy Cogeval, Président du lieu, s’ouvre sur une titre encore moins ambigu : « Sont-ils des impressionnistes italiens ? » – question qui vaut réponse, explicitement cette fois-ci1.


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1. Giovanni Fattori (1828-1908)
La rotonde de Palmieri, 1866
Huile sur bois - 12 x 35 cm
Florence, Galleria d’Arte Moderna, Palazzo Pitti
Photo : S.S.P.S.A.E e per il Polo Museale
della città di Firenze – Cabinetto Fotografico
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2. Photo d’ambiance
De gauche à droite : Portique (ill. 2),
au centre Giuseppe Abbatti, Route toscane
(huile sur toile, 28 x 38 cm, Florence,
Galleria d’Arte Moderna, Palazzo Pitti)
et Le Cloître de Santa Croce à Florence (ill. 3).
Photo : Daniel Couty
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Reste qu’au-delà de cette interrogation assez rhétorico-commerciale (même si on peut lui reconnaître de justes fondements), l’exposition – d’une élégante et sobre scénographie, alternant selon les salles moquettes et tentures de cimaises brunes, vert profond, bleu de même et rouge pompéien – présentée sous la responsabilité de Marie-Paule Vial, Isabelle Julia et Béatrice Avanzi, a le très grand mérite d’offrir au public français l’occasion de faire connaissance avec des peintres d’un réel talent, voire de génie, mais peu connus hors de leur Italie d’origine : Giuseppe Abbati (1836-1868), Vito d’Ancona (1825-1884), Giovanni Fattori (1825-1908), Silvestro Lega (1826-1896), Diego Martelli (1839-1896) ou Telemaco Signorini (1835-1901). Si l’on s’en tenait à la stricte signification de la macchia2, peu d’œuvres mériteraient d’être accrochées. La Rotonde de Palmieri (ill. 1) de Fattori (sans doute pas innocemment choisie comme affiche de l’exposition) : une grève aux teintes fortement contrastées, présentant en un format à l’italienne sept femmes vêtues de noir ou de gris (seule tache colorée, le châle de couleur rouge couvrant les épaules et le dos de la femme de droite), assises sur des chaises posées sur le sable, que l’ombre d’un auvent jaune se nimbant de vert pour les protéger d’un soleil que l’on devine torride à en croire le ciel quasiment blanc, transforme en une surface couleur ciment, une étroite bande d’eau bleue devant elles les séparant d’un promontoire de basse altitude en face de ce chenal. La macchia est ici à l’œuvre,…

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