Les « dessinateurs de fabrique (1750-1880) »


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Esquisse, par Baraut et Devent
Fonds Galais, BAD 4983 (CC 109.1),
Réserves de l’Union Centrale des Arts Décoratifs,
Musée de la Mode et du Textile,
Volume 42, page 66.
Photo : D.R.
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Audrey Millet, doctorante en histoire moderne sous la direction de Philippe Minard (Paris 8, EHESS) et d’Olivier Christin (Université de Neuchâtel) travaille sur les « dessinateurs de fabrique (1750-1880) » au sein de l’IDHE (UMR-8533) et de l’Institut d’Histoire. Elle enseigne l’histoire du luxe au sein de l’université Paris 8.
Sa base de données rassemble aujourd’hui 6000 vies de dessinateurs issus de centres manufacturiers variés : Lyon, Tours, Paris, Nantes, Rouen, Mulhouse, Rixheim, Thann, Calais, Rouen, Sèvres, Jouy-en-Josas, Beauvais, Orange… Les supports privilégiés sont la céramique, la dentelle, la tapisserie, la soie, le papier peint, la toile imprimée et la tapisserie. Elle est à la recherche de dessins signés (esquisses, mises en cartes, calques…). Ils peuvent être conservés dans des musées, chez des particuliers ou aux archives.
Elle remercie à l’avance institutions, collectionneurs, ou détenteurs d’un patrimoine familial qui voudront bien lui faire découvrir leurs dessins dans la perspective de ce travail.


Audrey Patrizia Millet

Courriel : audreypatrizia@yahoo.fr

Doctorante, histoire moderne
Professeur d’histoire-géographie
UMR 8533, CNRS (IDHE), Université Paris 8
Institut d’histoire, Université de Neuchâtel
http://sites.google.com/site/audreypatriziamillet/

Projet de thèse :
La première industrialisation, au tournant des XVIIIe et XIXe siècles, s’est appuyée sur ce que l’historiographie récente appelle « la révolution des consommateurs » : une consommation et une circulation accrue de tous les objets du quotidien, ces « choses banales » (selon le terme de Daniel Roche) que sont tissus, dentelles, tapisseries, faïences, papiers peints, vaisselle… Le désir d’acheter et de posséder des biens autres que ceux qui permettent la simple survie conduit ainsi à une affirmation des phénomènes de mode, impliquant pour les producteurs la nécessité de prendre en compte le goût changeant des consommateurs et la diversification de leurs consommations. La course à la novation pour séduire la clientèle devient un enjeu majeur pour les manufacturiers. Le dessinateur occupe une place essentielle dans cette compétition, puisque la première phase du processus de production, avant celle de la fabrication et de la commercialisation, est celle de la création, du design du produit.
Ce travail vise donc à interroger le statut de cette main-d’œuvre très qualifiée, détentrice d’un savoir-faire encore peu formalisé dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, mais qui tend à une lente institutionnalisation, dont nous examinerons les rythmes jusqu’à l’émergence et la codification de la profession. L’œuvre et l’auteur étant des entités indissociables, il s’agit de questionner le statut du dessinateur-auteur au sein du processus de production collectif et industriel, et non singulier et artistique. Rarement étudiée, la place des femmes dans le monde manufacturier doit aussi être analysée. De plus, il convient de faire le deuil des taxinomies sociales ordinaires et en particulier des oppositions binaires figées : art/industrie, artiste/artisan, art libéral/art mécanique. Cette enquête débute par la recherche et l’identification de ces hommes et femmes méconnus, afin de constituer une base de données. Notre but est de reconstituer leur parcours, leur formation en situation ou en apprentissage, leur statut dans l’entreprise, le degré de leur mobilité et les circulations de savoir-faire. Une partie de ce travail prendra donc la forme d’un dictionnaire biographique.


La Tribune de l’Art, lundi 17 septembre 2012





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