Les dernières acquisisions du Chrysler Museum


JPEG - 179.7 ko
1. Pinckney Marcius-Simons (1867-1909)
Canova enfant modelant un lion en beurre, vers 1885
Huile sur toile - 58 x 73 cm
Norfolk Chrysler Museum
Photo : Shepherd W & K Galleries

9/1/15 - Acquisitions - Norfolk, The Chrysler Museum of Art - Plusieurs œuvres ont été acquises pour le Chrysler Museum par les membres de la Chrysler’s Mowbray Arch Society en décembre dernier : une peinture de Pinckney Marcius-Simons représentant Canova enfant modelant un lion dans du beurre a été achetée aux Shepherd W&K galléries (ill. 1). Elle date des jeunes années de de l’artiste (1885) qui commença par peindre avec réalisme des scènes de genre ou des anecdotes historiques, comme l’enfance de Canova qui aurait très tôt prouvé son talent en modelant un lion dans une motte de beurre pour décorer la table d’un festin donné par le sénateur Giovanni Falieri, seigneur de Possagno, qui le prit alors sous son aile et le plaça en formation chez le sculpteur Torretti.
Marcius-Simons multiplie ici les détails pour traduire l’effervescence d’une cuisine : les piles d’assiettes, les épluchures, la paille sur le sol, les rangées de casseroles au mur, les toques blanches qui s’agitent, et au milieu de ce capharnaüm, le jeune prodige crée, sous les yeux des cuisiniers et d’un jeune homme, sans doute un valet, assis sur une chaise renversée, appuyé sur un carton de dessins.

Natif de New-York, le peintre se rendit en France, exposa à Paris au Salon de 1882, puis au Salon de la Société nationale des Beaux-Arts entre 1891 et 1894. Il évolua vers une peinture symboliste assez proche de l’univers d’un Gustave Moreau, peignant par exemple Les Anges Gardiens, La Vision du Démon ou Toilette de Nature. Il se passionna pour Wagner, illustra l’Anneau du Nibelung et travailla pour le Théâtre Wagner à Bayreuth où il mourut en 1909.

JPEG - 72.8 ko
2. Atelier de Hans Klocker (actif 1478 – après 1500)
Vierge à l’Enfant, vers 1485-1495.
Bois - 117 cm
Norfolk Chrysler Museum
Photo : Blumka Gallery

Dans un tout autre genre, la sculpture d’une Vierge à l’enfant attribuée à l’atelier de Hans Klocker (vers 1485-1495) a été achetée à la Blumka Gallery (ill. 2). Hans Klocker était actif à Brixen (Bressanone en italien) dans le Tyrol du Sud, et réalisa nombre de retables pour les églises de la région. La manière dont l’enfant Jésus se tient dans les bras de sa mère, penché, les jambe croisées, un bras ballant, n’a rien de solennelle ni de statique. La Vierge avec ses yeux qui tombent, son vêtement ample qui ne laisse pas deviner son corps, caché par des plis cassés, creusés, abondants, décoratifs, est très comparable à d’autres sculptures comme le Saint Léonard qu’on a vu sur le marché de l’art et qui est attribué au sculpteur. Le musée de Nuremberg conserve quant à lui une Vierge à l’enfant de Klocker aux traits et aux plis plus fins.

Enfin, une série de photographies du bois de Boulogne réalisées par Charles Marville ont été acquises auprès de Charles Isaacs Photographs. Elles témoignent des aménagements entrepris sous Napoléons III dans les années 1850, confiés dans un premier temps à Jacques Hittorff et Louis-Sulpices Varé, puis par Jean-Charles Alphand et Jean-Pierre Barillet-Deschamps.


Bénédicte Bonnet Saint-Georges, samedi 10 janvier 2015





imprimer Imprimer cet article

Article précédent dans Brèves : 31 dessins anciens offerts au Musée des Beaux-Arts de Montréal (1)

Article suivant dans Brèves : Disparition de Jeannine Baticle