Les décors de l’hôtel La Rivière par Le Brun enfin visibles à Carnavalet


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1. Charles Le Brun (1619-1690)
Le Lever de l’Aurore
Plafond du Cabinet Doré de l’Hôtel La Rivière, 1653
Paris, Musée Carnavalet
Photo : J. B. Woloch/Musée Carnavalet

20/5/14 - Restauration - Paris, Musée Carnavalet - Près de vingt ans ont séparé le début de la restauration des Salons de l’Hôtel La Rivière1 au Musée Carnavalet de leur réouverture définitive au public. C’est dire que les problèmes de ce musée ne datent pas de la mandature de Delanoë même si celui-ci n’a pas fait grand-chose pour les résoudre. Mais on peut désormais se réjouir de voir enfin ces chefs-d’œuvre de l’art français du XVIIe siècle en bon état et bien éclairés (voir notre vidéo ci-dessous).

L’étude préalable avait été faite par l’IFROA en 1995 et la restauration du plafond du Cabinet Doré (ill. 1) en 1996. Le même Cabinet avait vu ses boiseries traitées en deux tranches (reprise de menuiserie et soustraction des repeints en 1998-1999, restauration proprement dite en 2004-2005 - voir notre brève du 2/2/04). Mais il manquait toujours le tissu qui n’a été posé qu’en 2012.
Le plafond de la grande chambre (ill. 2), pour sa part, avait été restauré en 2010-2011. Mais le tout était fermé depuis cinq ans, par manque de gardiens et parce que l’éclairage n’avait toujours pas été posé !



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2. Grande Chambre de l’Hôtel Larivière
avec le plafond de Charles Le Brun
Mercure enlève Psyché
Paris, Musée Carnavalet
Photo : J. B. Woloch/Musée Carnavalet

C’est désormais chose faite et l’on peut donc admirer l’un des rares exemples de grands décors peints du XVIIe siècle (ils datent de 1653) qui aient subsisté à Paris, même si ce n’est plus dans leur bâtiment d’origine. L’Hôtel La Rivière, situé au 14 place des Vosges, fut en effet scandaleusement dépecé seulement cinq ans après avoir été classé monument historique en 1862 ! Les plafonds (à l’exception de la partie centrale de la chambre, peinte sur toile) furent découpés sous la direction de Victor Baltard et remontés dix ans plus tard à Carnavalet par l’architecte Félix Roguet2

La restauration du plafond du Cabinet Doré avait été plus importante que celle de la grande chambre car il était beaucoup plus abimé et présentait de nombreux repeints. L’œuvre, exécutée sur enduit, avait été déposée de manière très violente, et le remontage avait laissé des défauts de planéité qui existent toujours mais sont moins visibles. Par ailleurs, les boiseries du plafond avaient été redorées au laiton sous le Second Empire et celui-ci avait noirci.
La restauration du plafond de la grande chambre a en revanche été moins complexe puisque la partie centrale est peinte sur une toile qui a donc pu être déposée pour être traitée3.


Didier Rykner, mardi 20 mai 2014


Notes

1On dit également Hôtel de La Rivière.

2Ces renseignements sont tirés de l’essai d’Alexandre Gady (Plafonds voyageurs) dans le catalogue de la récente exposition du Louvre « Peupler les Cieux. Les plafonds parisiens au XVIIe siècle ».

3Nous remercions Jean-Marie Bruson d’avoir répondu à nos questions sur cette restauration.





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