Les Clouet de Catherine de Médicis. Portraits dessinés de la cour des Valois Contenu abonnés


Chantilly, Musée Condé, du 23 mars au 27 juin 2011.

JPEG - 143.5 ko
1. Jean Clouet (vers 1485-1540/1541)
Portrait de Jean de La Barre, vers 1519
Pierre noire et sanguine - 28,4 x 20 cm
Chantilly, Musée Condé
Photo : RMN/R. G. Ojeda
Voir l'image dans sa page

C’est à la fois le portrait d’une dynastie, la personnalité d’un collectionneur, la naissance d’un art, et le talent de deux artistes qu’étudie la nouvelle exposition du musée Condé de Chantilly. Les traits des derniers Valois sont fixés par Jean et François Clouet dont les « crayons1 », deviennent progressivement des œuvres indépendantes, passionnément collectionnées par Catherine de Médicis. La rétrospective vient clore une campagne de restauration entreprise entre 2001 et 2008 et couronner la publication de l’ouvrage d’Alexandra Zvereva, publié chez Arthena en février 2011. La thèse de l’auteur, soutenue en 2005, portait sur « la collection de portraits au crayon de Catherine de Médicis. Reconstitution et analyse socio-culturelles » ; elle a été soutenue à Paris-Sorbonne, sous la direction de Denis Crouzet et Alain Mérot, et a reçu le Prix Nicole en 2006.
L’auteur avait déjà donné un aperçu de ses recherches en 2002-2003 lors d’une première exposition à Chantilly de 90 portraits dessinés, accompagnée d’un catalogue publié chez Somogy. Son parti-pris était alors de classer les dessins selon les différentes mains qui les avaient légendés, celles de Catherine de Médicis ou de ses secrétaires.

Il s’agit de l’une des plus grandes collections de crayons de la Renaissance. Catherine de Médicis se passionna pour les portraits - en témoigne la grande galerie de l’Hôtel de la Reine à la gloire des Valois-Angoulême – et réunit 551 dessins, en commençant par récupérer ceux que François Ier avait gardés, notamment de Jean Clouet, puis en en commandant elle-même à François Clouet, Le Mannier, Bouteloup…
Véritable florilège de portraits du règne de François Ier à celui de Charles IX, cette collection fut soigneusement rangée dans des boîtes et sur chaque dessin, la reine fit inscrire par ses secrétaires ou écrivit elle-même le nom du modèle, en se trompant parfois, comme l’explique Alexandra Zvereva qui remet en cause les annotations de certaines feuilles après avoir entrepris un important travail d’identification. Ainsi, le très beau Portrait de Jean de La Barre (ill. 1), comte d’Etampes, seigneur de Vérets (vers 1519), portait une inscription du secrétaire de la reine qui y voyait Jean de Brosse. L’auteur s’appuie sur les recueils Aix ou Estampes pour affirmer qu’il s’agit bien de Jean de La Barre.
Puis Catherine de Médicis légua à sa petite-fille Christine de Lorraine, grande duchesse de Toscane (1564-1637), ses précieux dessins qui partirent pour Florence et devinrent propriété de la famille de Médicis avant de sombrer dans l’oubli.
Ils furent redécouverts vers 1737 par Ignacio Enrico Hugford, peintre, collectionneur et marchand anglais, qui les revendit en attribuant au passage une partie des feuilles à Holbein, plus coté que Clouet sur le marché. Hugford…

Pour avoir accès à ce contenu, vous devez vous abonner à La Tribune de l’Art. Les avantages et les conditions de cet abonnement, qui vous permettra par ailleurs de soutenir La Tribune de l’Art, sont décrits sur la page d’abonnement.

Si vous êtes déjà abonné, connectez-vous à l’aide de ce formulaire :





imprimer Imprimer cet article

Article précédent dans Expositions : Gino Severini (1883 – 1966), futuriste et néoclassique

Article suivant dans Expositions : Une histoire toulousaine vers 1500. Les sculptures des Récollets