Les clés d’Alger resteront au Musée de l’Armée


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Clés de la ville d’Alger remises aux français par le
dey Hussein lors de la reddition de la ville le 5 juillet 1830
Photo : Musée de l’Armée

14/12/12 - Inaliénabilité - Paris, Musée de l’Armée - Les clés d’Alger, que le président de la République devait donner à Abdelaziz Bouteflika lors de son prochain voyage en Algérie les 19 et 20 décembre 2012 (voir la brève du 30/11/12) resteront fort heureusement dans leur musée. L’Élysée a renoncé à son projet illégal qui rencontrait d’ailleurs une forte résistance au sein du ministère de la Culture. Des militaires et des hauts fonctionnaires du ministère de la Défense y étaient également très opposés, et avaient pris l’initiative hier soir de faire déposer une requête devant le juge des référés du tribunal administratif de Paris (par l’intermédiaire d’un particulier, en tant qu’« usager [...] du Musée de l’Armée »). Son exposé des faits rappelait les bases juridiques de l’inaliénabilité des collections publiques, qui ne peut être contournée qu’à la suite d’une procédure très précise, et si la commission spécifique donne un avis conforme.

François Hollande ne remettra pas davantage à l’Algérie le canon dit Baba Merzoug (ou la Consulaire) dont la restitution avait été semble-t-il aussi envisagée. Contrairement aux clés, cette pièce d’artillerie qui gardait la citadelle d’Alger et qui est aujourd’hui conservée à l’Arsenal de Brest, est réclamée depuis longtemps par l’Algérie, de manière plus ou moins officielle.
En revanche, le président français ne devrait pas arriver les mains vides. Il rendra en effet au Musée Zabana (autrefois appelé Musée Demaeght) d’Oran un petit tableau de Jean-François Millet, intitulé La Becquée, qui lui avait été volé1.

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Didier Rykner, vendredi 14 décembre 2012


Notes

1Mise à jour du 18 décembre 2012 : nous avions écrit dans un premier temps, par erreur, qu’il s’agissait d’un tableau de Gustave Courbet. Un tableau de Courbet, La biche morte, également volé à Oran, a été retrouvé en 2001. Celui-ci, déposé à Oran par le Louvre, est un M.N.R., c’est-à-dire un bien juif volé pendant la guerre mais dont on n’a pas réussi à retrouver le propriétaire. Bien que revendiquée également par l’Algérie - à laquelle elle n’appartient pourtant pas - cette œuvre est restée en France, au Musée d’Orsay, demeurant disponible pour une éventuelle restitution aux descendants des collectionneurs spoliés pendant la guerre.




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