Les Adieux de Renaud à Armide de Lanfranco acquis par Zurich


JPEG - 169.9 ko
Giovanni Lanfranco (1582-1647)
Les Adieux de Renaud à Armide, 1614
Huile sur toile - 109,2 x 178,5 cm
Zurich, Kunsthaus
Photo : Galerie Canesso

22/3/14 - Acquisition - Zurich, Kunsthaus - Les Adieux de Renaud à Armide de la galerie Canesso était un des plus beaux tableaux présentés à la TEFAF de Maastricht1. Il a été acquis par le Kunsthaus de Zurich.
Armide évanouie, représentée dans la position de l’Ariane du Vatican, un modèle souvent repris par les peintres et particulièrement approprié à cette iconographie, est abandonnée par Renaud. Celui-ci embarque en lui jetant un dernier regard qui semble plein de regret, comme si l’enchantement de la magicienne faisait encore effet.

Cette iconographie, avec une disposition des personnages équivalente, des références antiques identiques et un bateau montrant les mêmes proportions réduites par rapport aux personnages, est relativement fréquente au XVIIe siècle. Le prototype est pobablement à identifier avec la gravure d’Antonio Tempesta2, mais l’œuvre de Lanfranco en est peut-être la version peinte la plus précoce. On citera ici, par exemple, le tableau de Sisto Badalocchio (collection particulière) ou, plus tardifs et français (mais travaillant à Rome), ceux de Charles Errard du Musée de Bouxwiller ou de Charles Dufresnoy (France, collection particulière). On peut aussi remarquer que le Bacchus découvrant Ariane à Naxos d’Orléans, des Le Nain, reprend également mais avec un paysage beaucoup plus réduit et dans un mouvement inverse (Bacchus ici n’abandonne pas Ariane) cette composition, la référence avec l’Ariane du Vatican allant encore davantage de soi. Toutes ces œuvres évoquent une scène d’opéra, avant même que ce poème épique ne soit effectivement transposé en musique3.

L’œuvre, datée de 1614, se situe très tôt dans la carrière de Lanfranco. Elle appartenait au cardinal Giacomo Sannesi (vers 1557-1621) qui l’acquit probablement directement de l’artiste. Erich Schleier, le premier à l’avoir publié, « considère le tableau comme un unicum dans la première phase de l’artiste, influencée par Borgianni4 ». On note aussi dans cette œuvre une influence du Dominiquin. Notons enfin qu’un pendant à ce tableau, un nocturne représentant L’Adoration des Bergers, est conservée dans la collection du duc de Northumberland.

English version


Didier Rykner, samedi 22 mars 2014


Notes

1Il avait déjà été publié en 2006 dans le catalogue de la galerie : Deux tableaux de la collection Sannesi. Tableaux des écoles émilienne et lombarde.

2Voir la notice de Patrick Ramade relative à Renaud quittant Armide de Charles Errard de l’exposition Grand Siècle (Montréal, Rennes, Montpellier, 1993).

3Nous n’avons pas trouvé de référence à des opéras du début du XVIIe siècle sur ce sujet, mais il est possible qu’il y en ait eu.

4Signalé par Véronique Damian dans la notice du catalogue.





imprimer Imprimer cet article

Article précédent dans Brèves : Un buste de Dumas fils par Carpeaux acquis par le Sterling & Francine Clark Art Institute

Article suivant dans Brèves : Acquisition, exposition, mécénat : nouvelles du Musée de Picardie