Les acquisitions du Museo de América de Madrid


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1. Anonyme
Saint Ignace de Loyola, XVIIIe siècle
45 x 30 cm
Madrid, Museo de América
Photo : Museo de América

3/6/14 - Acquisition - Madrid, Museo de América - C’est une œuvre modeste mais représentative de la production artistique de la Nouvelle-Espagne au XVIIIe siècle que l’État espagnol a préemptée (derecho de tanteo) lors de la vente du 6 mars 2014 organisée par Alcalà Subastas à Madrid : adjugée 1500 euros (sans les frais), elle représente Saint Ignace de Loyola et appartient désormais aux collections du Museo de América (ill. 1).
Sa confection est intéressante puisqu’elle associe la broderie et la peinture : une couche de soie est tendue sur une toile, le motif est formé par des fils de soie, d’or et d’argent, et agrémenté ça et là de paillettes ; seuls le visages et les mains sont peints à l’huile sur toile.
Les artistes de la Nouvelles-Espagne mêlaient ainsi les techniques, empruntées aux savoir-faire locaux, européens et même asiatiques, fournissant une production que l’on appelle « hilo pegado »1. Il s’agit souvent de compositions de petites dimensions, destinées aux églises et à la dévotion privée, représentant des saints avec des matériaux brillants et décoratifs - plumes, écailles, perles, fils d’or, d’argent, de soie - excepté le visage, souvent détaillé à l’huile comme dans le cas présent. L’enseignement religieux sut s’adapter aux goûts et mêmes aux croyances locales, la plume par exemple étant liée au sacré.
Les Jésuites jouèrent évidemment un rôle important au Nouveau-Monde, jusqu’à leur expulsion des territoires espagnols en 1767. Saint Ignace est ici représenté sous un dais bleu, entouré de feuillages et de fleurs ; il a la vision du christogramme, à l’origine de la Compagnie de Jésus, tandis que sur un livre ouvert on aperçoit les lettres A.MARD.GD, devise des jésuites : Ad Majorem Dei Gloriam.


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2. Paravent
Nouvelle-Espagne, XVIIe siècle
Huile sur toile
Madrid, Museo de América
Photo : Museo de América
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3. Paravent (détail)
Madrid, Museo de América
Photo : Museo de América

Cette représentation de Saint Ignace rejoint deux autres œuvres acquises par le musée en 2013 : un paravent du XVIIe siècle également réalisé en Nouvelle-Espagne et une vue de la Plaza Mayor de Lima, toile anonyme peinte en 1680 au Pérou, autre vice-royauté de la monarchie espagnole.
Composé de dix feuilles, le paravent (ill. 2 et 3) mêle des éléments orientaux et occidentaux : des personnages asiatiques illustrent les vers à la fois moralisateurs et satiriques écrits dans des cartouches flanqués d’oiseaux. Le musée conserve en tout trois paravents de Nouvelle-Espagne.

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4. Anonyme
Grand Place de Lima, 1680
Huile sur toile -
Madrid, Museo de América
Photo : Museo de América

Quant à la vue de Lima (ill. 4), elle fait partie de ces peintures destinées à témoigner du bon gouvernement et de la prospérité des vice-royautés de l’empire colonial espagnol. La partie supérieure est occupée par le titre de l’image et par le blason de la ville. La Plaza Mayor est dominée par quelques bâtiments emblématiques comme le palais des vice-rois, le palais de l’archevêque, l’église del Sagrario et la cathédrale. Différents édifices, personnages, fruits et fleurs sont numérotés et identifiés dans les cartels de part et d’autre de la composition, comme un guide de lecture.


Bénédicte Bonnet Saint-Georges, mardi 3 juin 2014


Notes

1María Esther Ciancas, Bárbara Meyer de Stinglhamber, Miscelánea de artes aplicadas : siglos XVI al XX : colecciones del Museo Nacional de Historia Castillo de Chapultepec, 2002.





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