
1. Raymond Balze
La Charité de sainte Elisabeth de Hongrie
Huile ou détrempe sur toile - 125 x 105 cm
Lyon, Musée des Beaux-Arts
© Musée des Beaux-Arts de Lyon - Studio Basset
10/7/05 - Acquisition - Lyon, Musée des beaux-Arts - Longtemps la notoriété de Paul (1815-1884) et Raymond Balze (1818-1908) a été liée aux copies des fresques de Raphaël au Vatican (Ecole des Beaux-Arts et Bibliothèque Sainte-Geneviève) et à celle de l’Apothéose d’Homère (Louvre) de leur maître Ingres [1]. L’acquisition par les musées de Montauban [2] et de Beauvais [3] de tableaux de Raymond, la dispersion de l’atelier en vente publique à Vendôme le 15 février 1998, et leurs notices dans le catalogue de l’exposition Les élèves d’Ingres [4], ont permis de mieux les différencier. S’ils collaborèrent fréquemment, Paul se consacra davantage, outre les copies, aux travaux décoratifs avec la technique de la lave émaillée, tandis que Raymond préférait peindre de grandes toiles religieuses.

2. Raymond Balze
Le martyre de sainte Catherine
Huile sur toile - 127 x 102 cm
Collection particulière
Un nouveau tableau de Raymond Balze vient d’entrer au Musée de Lyon en 2004, grâce au legs André Dubois, essentiellement constitué d’œuvres du XXe siècle, à cette exception près [5]. Son esthétique puriste complétera l’important fonds ingresque et « nazaréen » du Palais Saint-Pierre (Flandrin, Orsel, Janmot...). La Charité de sainte Elisabeth de Hongrie (ill. 1) est datée de 1866. Il s’agit probablement d’un carton de vitrail, faisant peut-être partie d’une commande de quarante-trois compositions pour les ateliers Mauvernay à Saint-Galmier. Sa technique complexe, à mi-chemin entre la détrempe et l’huile, est similaire à celle d’autres projets comme celui de Beauvais (de 1866 également) ou en collections particulières ( La Visitation). Il s’agit, du fait de leur destination, d’images très classiques, aux couleurs pastel, à l’iconographie immédiatement lisible. Balze a éliminé tout le pittoresque de l’Europe centrale, souvent mis en valeur dans les illustrations de ce sujet, notamment dans le costume, ici très conventionnel. Au XIXe siècle, de nombreux peintres ont illustré la légende romantique de sainte Élisabeth de Hongrie : le chef-d’œuvre de François-Claudius Compte-Calix [6], Jean -Louis Bezard (1799-1881) qui fait de Sainte Elisabeth la protagoniste d’une de ses œuvres de Miséricorde [7], Charles Louis Muller (collection privée), Gustave Moreau (musée Gustave Moreau)…. Tout comme saint Martin de Tours ou sainte Geneviève, l’exemple de cette reine si généreuse envers les pauvres entrait parfaitement dans la problématique sociale de l’époque, où la question de savoir si la charité relevait des institutions religieuses ou de l’Etat était décisive [8]
P.S. Un lecteur de La Tribune de l’Art nous a envoyé la photo d’un autre tableau de Raymond Balze, Le martyre de sainte Catherine , daté également de 1866, de taille comparable et faisant sans doute partie de la même série (ill. 2)
