Le Supplice de Mézence par Janmot acquis par le Musée d’Orsay


25/4/14 - Acquisition - Paris, Musée d’Orsay - Le roi étrusque Mézence : « allait même jusqu’à lier des cadavres à des vivants, mains contre mains, visages contre visages, en guise de torture, et ainsi infligeait une mort lente à ces êtres qui se liquéfiaient en pus et en pourriture, dans une misérable étreinte1 ».
Ce supplice épouvantable (et on l’espère uniquement légendaire) a pourtant inspiré quelques artistes, parmi lesquels Charles Le Brun mais aussi, cela surprendra moins, William Blake.


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1. Louis Janmot (1814-1892)
Le Supplice de Mézence, 1864
Huile sur toile - 113 x 143 cm
Paris, Musée d’Orsay
Photo : Galerie Michel Descours
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2. Louis Janmot (1814-1892)
Le Supplice de Mézence, 1864
Fusain et rehauts de gouache blanche, traces de rehauts verts
Lyon, Musée des Beaux-Arts
Photo : Musée des Beaux-Arts de Lyon

C’est un tableau de ce sujet par Louis Janmot (ill. 1) qu’a acquis le Musée d’Orsay chez Michel Descours. Cette toile est en rapport avec le Poème de l’Âme puisqu’un des cartons dessinés, faisant partie de ce cycle conservé au Musée des Beaux-Arts de Lyon (ill. 2), montre la même scène. Dans un paysage désolé, sur un fond montagneux, assez différent de celui du carton où les rochers sont beaucoup plus présents, un jeune homme est attaché à une femme morte dont les chairs bleuissent déjà. Contrairement au texte de Virgile, ils ne sont pas liés mains contre mains, visage contre visage, ce qui aurait été sans doute plus complexe à traduire dramatiquement. Comme l’écrit Élisabeth Hardouin-Fugier2 dans la notice du catalogue de la galerie Descours, à laquelle nous renvoyons le lecteur pour une étude complète sur cette œuvre, « L’agressivité calculée de cette composition suggère une aggravation du pessimisme habituel de Janmot » qui venait de se voir refusé une commande de décor à l’église Saint-Augustin, ce qu’il vivait très mal. Le tableau fut présenté au Salon de 1865 sous le titre « Un vivant attaché à un mort ; supplice ancien et moderne ». Si Le Poème de l’Âme comprend plusieurs scènes d’inspiration morbide, celle-ci est incontestablement la plus effrayante. Après l’achat de Méduse ou Le tonneau de la haine par Carlos Schwabe (voir la brève du 12/3/14), les acquisitions d’Orsay - dont nous avons déjà dit qu’elles étaient souvent de qualité, ce qui est le cas ici - se poursuivent dans une veine plutôt sombre...

English version


Didier Rykner, vendredi 25 avril 2014


Notes

1Virgile, L’Énéide, traduit par Anne-Marie Boxus et Jacques Poucet.

2Et non Mehdi Korchane comme nous l’avions écrit dans un premier temps.





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