Le sixième Festival de l’Histoire de l’Art, malgré grèves et inondations


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Jusepe de Ribera ( 1591- 1652)
Le Pied-bot, 1642
Huile sur toile - 164 x 94 cm
Paris, Musée du Louvre
Photo : RMNGP

3/6/16 - Fontainebleau, Festival d’Histoire de l’art - Trains annulés à cause des grèves, RER bloqués par les inondations… Le dieu de l’histoire de l’art semble fâché (voir la brève 29/5/15). Lors de ses éditions précédentes le Festival de l’histoire de l’art, qui inaugurait aujourd’hui sa sixième édition, avait toujours connu le soleil ou, au moins, un temps clément. Le problème n’est d’ailleurs pas tant la pluie de ce vendredi que celle des jours passés, qui a transformé le voyage vers Fontainebleau en parcours du combattant. Cela reste possible pourtant - le covoiturage marche à fond - et même nécessaire, l’histoire de l’art étant le propre de l’homme... Le thème de cette sixième édition est en effet « le rire », un sujet on ne peut plus sérieux, dont les éclats varient selon les époques et les pays, comme le suggèrent les différentes conférences données au cours de ces trois prochains jours (du 3 au 5 juin) : « Des larmes au rire : valeurs de la folie à la fin du Moyen Âge », « Rire, dérision et transgression dans le Carnaval de la Rome pontificale, XVIe-XIXe siècles » ou bien « Autoportrait de l’artiste en bouffon : formes et fonctions de l’autodérision dans la peinture néerlandaise de la Renaissance au XVIIe siècle ».
Cette année, le pays invité est l’Espagne incarnée aussi bien par Zurbaran dont le Saint Sérapion sera longuement étudié, que par Goya ou encore Gaudi, avec l’exposition sur la Sagrada Familia dont l’interminable construction est racontée à travers vingt-deux tableaux.

Rappelons qu’il s’agit d’un festival gratuit, proposant bien évidemment des conférences, des tables rondes et des expositions, mais aussi un salon du livre et de la revue d’art, des concerts et des projections de films -notamment MASH et l’inoubliable « hot lips » ou « lèvres en feu ». Le programme est détaillé sur le site internet , une application a même été conçue pour les téléphones, fournissant aux festivaliers des informations en direct. Une Université de Printemps - un printemps bien automnal hélas -, sera consacrée aux méthodes d’enseignement de l’histoire de l’art à l’école ; et des méthodes, ils en ont bien besoin, tous ces professeurs d’histoire, de français, ou même de sport - pourquoi pas ? Il suffit de choisir le Discobole - chargés d’intégrer dans leur programme quelques morceaux de cette discipline qui n’a pas été jugée digne d’être une matière enseignée à part entière au collège ni au lycée.

Si le « Festival off » inaugurera, lui, sa troisième année (tout bon festival a son off, comme nous l’avons déjà écrit), plusieurs nouveautés marquent l’édition 2016. Une association des Amis du Festival a été créée, qui a pour objectif de contribuer à son développement et à sa promotion. C’est elle qui a créé l’application pour smartphone, mais elle a également son propre espace et organisera des débats, dont l’un sera consacré au tableau attribué à Caravage récemment redécouvert. Un Forum de l’actualité, concernant le patrimoine, les musées, la recherche et l’édition, se présentera sous la forme de conférences. Enfin pour la première fois, des rencontres professionnelles des métiers de l’histoire de l’art sont organisées. Un beau programme dont on espère qu’il sera plus facilement accessible demain qu’il ne l’a été aujourd’hui.


Bénédicte Bonnet Saint-Georges et Didier Rykner, vendredi 3 juin 2016





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