27/5/04 – Restauration – Dijon, Puits de Moïse – Depuis 1995, à la suite de trois actes de vandalisme consécutifs, le Puits de Moïse de Claus Sluter n’était plus visible. A partir du 28 mai 2004, ce chef-d’œuvre de la sculpture bourguignonne, réalisé entre 1395 et 1405, est à nouveau offert aux yeux du public.
L’édicule qui le protège (ill. 1), datant du XVIIe siècle, a été restauré et les vitres, installées dans les années 1950, ont été remplacées par un verre clair et blanc qui n’entraîne pas de déformation chromatique lorsque l’on regarde de l’extérieur. La plate-forme, qui entoure le puits et permet au visiteur de circuler, a été abaissée afin d’empêcher de nouvelles agressions. Surtout, le puits lui-même, qui était recouvert d’une épaisse pellicule de crasse qui nuisait à la lecture de l’œuvre et en masquait en partie les restes de polychromie, a été entièrement nettoyé de 1999 à 2003. Plusieurs techniques ont été utilisées, solvant, laser ou scalpel, en fonction de l’état de la surface et des restaurations passées.
Le résultat est une réussite car, tout en permettant une meilleure appréciation des sculptures, il ne donne pas l’impression d’un monument neuf comme peuvent le faire certaines restaurations abusives. Il suffit de comparer des photos du puits avant (ill. 2) et après (ill. 3 à 12) cette dernière intervention pour constater à quel point celle-ci était nécessaire.

13. Claus Sluter
Sculptures de l’ancien portail de la Chartreuse de Champmol
Dijon, Hôpital de la Chartreuse
Le Puits de Moïse est ouvert à la visite tous les jours de 10 h à 18 h, jusqu’au 15 septembre1 date de fin de l’exposition L’art à la cour de Bourgogne, le mécénat de Philippe le Hardi et de Jean sans Peur (1364-1419) dont nous reparlerons2. Signalons enfin que le portail de l’église, également décoré de sculptures par Claus Sluter (ill. 13) et réintégré dans la chapelle néo-gothique édifiée en 1844, est l’unique vestige, avec le puits, de la Chartreuse de Champmol qui fut détruite à la Révolution.












