Le point sur le récolement des dépôts d’œuvres d’art


Domenico Zampieri dit Domenichino (1581-1641)
La Vierge et l’Enfant avec saint
François d’Assise

Huile sur cuivre - 43 x 35,8 cm
Paris, Musée du Louvre
Photo : D. R.

31/1/09 – Musées – Récolement – La conférence de presse donnée au ministère de la Culture jeudi dernier n’a fait que confirmer ce qui avait été révélé à plusieurs reprises depuis que la mission de récolement de Jean-Pierre Bady a été mise en place. Si un nombre relativement important d’œuvres déposées par les institutions nationales ne sont plus localisées aujourd’hui, ces manques doivent être relativisés1. D’abord parce que deux guerres mondiales sont passées par là ; ensuite parce que la période de temps prise en compte est très longue ; surtout, enfin, parce que les objets concernés sont pour leur immense majorité de faible importance.

Qu’on ne se trompe pas : il n’est évidemment pas question de donner quitus aux responsables. Mais il faut reconnaître que, depuis quelques années, les pouvoirs publics, si condamnables sur bien d’autres points, font ce qu’il faut pour clarifier la situation et éviter que de telles pertes se renouvellent. Il est désormais obligatoire de porter plainte dès qu’une disparition est constatée et cette mesure, combinée au renforcement des peines pour vols (voir brève du 6/8/08) commence à porter ses fruits. Ces dernières années, de nombreuses œuvres ont refait surface, dont la plus importante est La Vierge et l’Enfant avec saint François d’Assise du Dominiquin (ill. ; voir brève du 1/7/04). En 2007, une Assomption de la Vierge d’Alexandre Evariste Fragonard, présumée disparue, était retrouvée par le musée de Vannes. Si l’on ne prend en compte que 2007, la liste des œuvres récupérées et celle des plaintes déposées (correspondant aux disparitions constatées dans les collections récolées cette année là), force est de constater que cela porte essentiellement sur des objets d’importance mineure.

A une question que nous avons posée, la ministre de la Culture a répondu clairement : « les musées ne peuvent déposer des œuvres que dans d’autres musées ». Le rapport précise exactement (p. 12) ce qu’il en est : les musées nationaux ne peuvent déposer que dans des musées, dans des « parcs et jardins des domaines nationaux » et dans des « monuments historiques ouverts au public ». Tout dépôt qui serait effectué dans un autre lieu serait, pour reprendre le terme employée par la ministre « une anomalie ». Une réponse sans ambiguïtée et parfaitement satisfaisante. Il y a, hélas, de nombreuses anomalies. Nous y reviendrons prochainement.

English version


Didier Rykner, vendredi 30 janvier 2009


Notes

1. Nous renvoyons au rapport lui-même pour connaître les détails. Fin 2007, 72% des œuvres déposées avaient été récolées, 13% sont non localisées, ce qui correspond au chiffre connu déjà depuis au moins cinq ans.



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