Le permis de construire de Blérancourt annulé par la justice


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Blérancourt, château
Première arche du viaduc découvert dans la cour de devant
Photo : D. Rykner

8/9/10 – Patrimoine – Blérancourt, château – On se rappelle (voir notamment cet article) que des éléments remarquables du château de Blérancourt de Salomon de Brosse avaient été découverts au début des travaux réalisés pour l’extension du Musée de la Coopération Franco-américaine. Des associations étaient alors intervenues pour demander l’arrêt des travaux et la conservation de ces vestiges. Alexandre Gady, vice-président de Momus, nous avait confirmé dans une interview (voir ici) que celle-ci avait porté l’affaire devant la justice, afin d’annuler le permis de construire délivré par le préfet.

Le tribunal administratif d’Amiens vient de donner raison, sur tous les points, à l’association. Non seulement celle-ci avait intérêt à agir, contrairement à ce que prétendait le préfet, mais le permis de construire était entaché de plusieurs vices qui justifient l’annulation.
Contactée, la directrice régionale des affaires culturelles de Picardie, Marie-Christiane de La Conté, nous a affirmé que l’Etat ne ferait pas appel de cette décision car « le projet est reparti depuis longtemps sur d’autres bases [...] Tout avait été arrêté et d’autres fouilles archéologiques ont permis de déterminer ce qui était le plus intéressant à conserver. Le même architecte est en train de retravailler. Un nouveau projet, adapté, va être déposé. »
Une commission d’expert avait été réunie, curieusement une seule fois, le 7 novembre 2007. Madame de La Conté nous a affirmé que celle-ci serait à nouveau consultée pour lui présenter le nouveau projet.

On s’interroge tout de même : à en croire la DRAC, cette procédure n’avait plus de raison d’être puisque le projet initial était abandonné. Pourquoi, alors, l’Etat a-t-il refusé, depuis trois ans, de retirer le permis de construire ? Cela aurait interrompu l’action de Momus en épargnant les fonds de cette association1. Surtout, cela aurait évité des dépenses inutiles pour les finances publiques, dont il paraît qu’elles ne sont pas au mieux, ainsi que l’encombrement inutile des tribunaux avec une affaire perdue d’avance et surtout, s’il faut en croire la DRAC, obsolète.
On peut souhaiter aussi que le nouveau projet d’Yves Lion respecte mieux le monument que le précédent. Celui-ci, planté au milieu des vestiges du château, allait le dénaturer gravement. On ne comprend pas bien pourquoi cette extension ne peut être construite à l’arrière du bâtiment, en dehors de son emprise, quitte à la relier par un passage souterrain à l’existant, ce qui résoudrait définitivement le problème des restes archéologiques comme la protection du patrimoine bâti.

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Didier Rykner, mercredi 8 septembre 2010


Notes

1L’Etat est condamné à lui verser 1000 €, ce qui n’est pas suffisant pour couvrir ses frais.





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