Le paysage à Rome au Grand Palais et Claude Lorrain au Louvre Contenu abonnés


Nature et idéal. Le paysage à Rome 1600-1650
Paris, Galeries nationales du Grand Palais du 9 mars au 6 juin 2011
Madrid, Museo National del Prado du 28 juin au 25 septembre 2011


Claude Gellée, dit le Lorrain, le dessinateur face à la nature
Paris, Musée du Louvre du 21 avril au 18 juillet 2011
Haarlem, Teyler Museum, du 28 septembre 2011 au 8 janvier 2012

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1. Annibale Carrache (1560-1609)
Paysage fluvial, vers 1599
Huile sur toile - 88,3 x 148,1 cm
Washington, National Gallery of Art
Photo : Didier Rykner
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Deux expositions consacrées au paysage à Rome dans la première moitié du XVIIe siècle ont lieu presque en même temps au Grand Palais et au Louvre. La première, plus ambitieuse, souhaite montrer comment ce genre se développa dans cette ville et à cette époque, pour aboutir aux grandes compositions de Nicolas Poussin et Claude Lorrain. La seconde, plus modeste dans son objet, ne peut se réduire cependant à son titre : bien au delà du dessinateur, elle permet à ceux qui n’auraient pu voir la rétrospective de 1982 de découvrir, avec une centaine d’œuvres dont plusieurs tableaux, l’art de Claude Lorrain, et ses liens avec les paysagistes contemporains. Les dessins ont deux origines : le Louvre et le Teyler Museum de Haarlem où Carel van Tuyll van Serooskerken, commissaire de l’exposition et directeur du département des Arts Graphiques, était auparavant conservateur.

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2. Paul Bril (1554-1626)
Vue du Campo Vaccino avec le marché aux bestiaux
Huile sur cuivre - 21,5 x 29,5 cm
Dresde, Staatliche kunstsammlungen Gemäldegalerie Alte Meister
Photo : BPK, Berlin, Dist. Service presse
Rmn-Grand Palais / Hans-Peter Kluth
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La peinture de paysage n’est pas réellement née en tant que genre autonome au XVIIe siècle comme l’affirme la préface du catalogue du Grand Palais, d’ailleurs aussitôt contredite par les essais qui suivent. En réalité, elle existait au moins depuis le XVIe siècle avec des artistes nordiques comme Patinir qui se spécialisèrent dans ce domaine, ou italiens, notamment vénitiens ou ferrarais, qui en peignirent à l’occasion1.
Il est vrai néanmoins que le paysage ne commença vraiment à s’épanouir qu’à Rome vers 1600 et que l’on peut dater de ce moment la naissance de ce que l’on appelle le paysage « classique » ou « composé », la Nature idéale qui donne son titre à cette exposition. Il est donc regrettable que le Paysage avec la Fuite en Egypte d’Annibale Carrache de la galleria Doria-Pamphili, considéré comme le premier grand exemple de cette formule, n’ait pu être prêté au dernier moment pour de sombres histoires familiales. Il est dommage d’ailleurs qu’un petit panneau, qui pourrait être agrémenté d’une reproduction de cette œuvre, n’explique pas au visiteur cette absence qu’il ne soupçonnera d’ailleurs sans doute jamais s’il ne lit pas le catalogue. Car cette magnifique exposition souffre d’un seul défaut : elle est complexe à suivre pour ceux qui n’ont pas déjà quelques notions d’histoire de l’art. Elle peut ainsi rebuter les visiteurs qui n’auraient pas les clés pour la comprendre.

Ceux-ci peuvent s’interroger : pourquoi deux cuivres d’Adam Elsheimer qui ne sont pas des paysages sont-ils montrés ici ? Si l’on ne connaît pas le peintre allemand, si l’on ne sait pas qu’il n’a exécuté que très peu de tableaux et encore moins de paysages,…

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