1/12/11 - Acquisition - Stockholm, Nationalmuseum - C’est dans une vente ordinaire de la maison de vente aux enchères Stockholms Auktionsverk, non cataloguée1, que le musée suédois a pu, grâce à l’œil aiguisé du conservateur Magnus Olausson, s’enrichir le 22 mars 2011 d’une terre cuite originale de Clodion (ill. 1).

1. Claude Michel, dit Clodion (1738-1814)
Nymphe et satyre s’embrassant, vers 1780-1790
Terre cuite - H. 58 cm
Stockholm, Nationalmuseum
Photo : Nationalmuseum

2. Claude Michel, dit Clodion (1738-1814)
L’Ivresse, vers 1780-1790
Terre cuite - H. 58,4 cm
New York, The Metropolitan Museum of Art
Photo : Metropolitan Museum
Cette statuette, signée et dont la provenance a pu être retracée (elle a notamment fait partie des collections de Jacques Doucet) avait été vendue, déjà mal identifiée (la signature avait été mal lue) dans une vente à Londres en 1990. Elle fut acquise pour son sujet et aboutit dans une collection suédoise d’objets érotiques (!). A Stockholm, elle n’était pas présentée comme un authentique Clodion2 et a pu être ainsi acquise par le musée pour une somme très faible (72 050 SEK, soit l’équivalent de 7 205 € avec les frais !). Heureux pays où les découvertes dans de telles conditions sont possibles pour un musée sans qu’il soit menacé d’être privé de sa trouvaille. On se rappelle qu’en France, dans une configuration équivalente, le Louvre avait été il y a quelques années scandaleusement privé d’un Nicolas Poussin qu’avait su reconnaître Pierre Rosenberg.
L’œuvre, typique des petits groupes en terre cuite qu’il réalisait pour des amateurs, représente une nymphe et un satyre s’embrassant. Elle est le pendant de L’Ivresse du Metropolitan Museum (ill. 2), également vendue en 1912 avec la collection Doucet et qui fut léguée en 1913 par Benjamin Altman.
Le musée suédois ne bénéficie d’aucun budget d’acquisition et est ainsi dépendant des fonds qui lui sont donnés par le secteur privé. C’est, ici, grâce à la Fondation Sophia Giescke que cet achat a été possible. Avec le Nicolas Régnier dont nous avons récemment parlé (voir la brève du 22/11/11), l’année a été faste pour le Nationalmuseum.
