Cette exposition était-elle bien nécessaire ? Non, si l’on considère son propos scientifique, assez pauvre. Réunir des tableaux et quelques sculptures sur le thème de Vénus, sans réel point de vue, ne suffit pas à justifier le déplacement d’œuvres par nature fragiles, dont des tableaux sur bois.
Oui, cependant, car il faut reconnaître que l’exposition (petite) est plaisante, bien présentée sur un beau fond vert, et que les tableaux, s’il y a peu de réels chefs d’œuvres - le Lorenzo di Credi (ill., Vénus, Florence, musée des Offices), le Véronèse, le Johann Liss - sont tous, à un titre ou à un autre, intéressants. Le sujet n’est ni facile ni grand public, et cela seul devrait nous inciter à l’indulgence.
Quelques tableaux anonymes exciteront l’intérêt des connaisseurs, comme ce tondo représentant Vénus et Adonis et attribué à un peintre florentin du XVIIe siècle. Le Vénus et Adonis sur le Mont Ida du musée des Offices n’est en revanche pas attribuable à Poussin, comme cela est proposé dans le catalogue. “Attribué” signifie que l’artiste est selon toute probabilité l’auteur du tableau. C’est faire injure à Poussin que d’insinuer qu’il ait pu peindre cette toile assez faible. On peut, en revanche, avancer prudemment le nom du Maître de Hovingham, tant le putto tenant la lance à droite avec sa tête un peu disproportionnée est proche de ceux peint par cet imitateur de Poussin1.
Dans le désert estival parisien, on pourra donc visiter au moins une exposition de peinture ancienne.
Paris, Mairie du Vème arrondissement, 21 place du Panthéon. Exposition terminée le 7 septembre 2003.
Catalogue sous la direction de Maria Sframeli, édition SilvanaEditoriale Arthemisia. 22 €.
Aucun historique et seulement deux essais dont l’un est hors de propos (le thème de Vénus dans l’antiquité, alors que les objets exposés datent eu XVIe au XIXe siècle, hors un beau marbre romain du Ier siècle après J.C.). Les notices semblent parfois médiocrement traduites.

