Le Musée Rodin acquiert un nouveau dessin


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Auguste Rodin (1840-1917)
Celle qui fut la Belle Heaulmière, 1889
Fusain et estompe - 53,3 x 38,6 cm
Paris, Musée Rodin
Photo : Galerie de Bayser

26/3/14 - Acquisition - Paris, Musée Rodin - On connaît ses dessins de nus féminins croqués sur le vif, dans une grand liberté d’attitudes, chargés d’érotisme - certaines feuilles ont récemment été retrouvées au Musée Clemenceau - mais c’est une vieille femme courbée par le poids des ans que vient d’acquérir le Musée Rodin auprès de la Galerie de Bayser et que l’on peut actuellement voir au Salon du dessin.

Les aquarelles et dessins de Rodin sont en général indépendants de ses sculptures, formant un œuvre en soi. Pourtant, la feuille qui vient d’entrer au musée, dédicacée à Maurice Guillemot journaliste et critique d’art, est liée à Celle qui fut la Belle Heaulmière. Le thème inspiré d’un poème de François Villon apparaît d’abord sur La Porte de l’Enfer en 1880, et fut repris sur un vase de Sèvres réalisé par Rodin et Jules Desbois en 1888-1889. Les deux artistes se disputèrent le modèle - Marie Caira - qui servit à Desbois pour La Mort et le bûcheron (œuvre disparue) et La Misère, elle inspira également Camille Claudel notamment pour Clotho. Rodin quant à lui traduisit cette chair flétrie et ce corps fatigué dans le bronze, le plâtre et le marbre, sous le titre de Celle qui fut la Belle Heaulmière ou L’Hiver (1880-1883) et dans un groupe plus tardif des Sources taries (1889) titre tout aussi évocateur... Christina Buley-Uribe, dans le catalogue raisonné de l’artiste suggère d’ailleurs que c’est à cette dernière œuvre que ce dessin doit être relié.

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Bénédicte Bonnet Saint-Georges, mercredi 26 mars 2014





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