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Le Musée des Tissus doit être sauvé malgré Lyon


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Georges Képénékian
Maire de Lyon
Photo : Wikipedia/Actualitté (CC BY-SA 2.0)
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Nous écrivions le 6 juillet dernier que le Musée des Tissus et des Arts décoratifs de Lyon allait être sauvé. Nous pouvions légitimement tirer cette conclusion après la décision de la Région de prendre en charge une importante partie des frais de fonctionnement et des investissements à sa charge, avec l’aide de l’État, de l’Union Interentreprises Textile Lyon et Région et même de la Chambre de Commerce et d’Industrie qui, non contente de céder un patrimoine immobilier considérable (estimé à 16 millions d’euros) et des collections uniques pour un euro symbolique, acceptait de participer aux frais de fonctionnement pour 200 000 € par an. Ne manquaient plus à l’appel que la mairie de Lyon et Lyon Métropole dont personne ne pouvait désormais douter qu’ils seraient forcés de devenir partie prenante de ce sauvetage.

Mais c’est désormais certain : tant l’ancien maire de Lyon, Gérard Collomb, aujourd’hui ministre de l’Intérieur, que le nouveau, naguère adjoint à la « culture », Georges Képénékian1, sont incapables de faire quoi que ce soit pour sauver le Musée des Tissus de Lyon. De réunion en réunion, ils n’ont rien fait, sinon reporter à la réunion suivante une décision qu’il ne prendront jamais. Le maire a osé déclarer, alors qu’une énième réunion est prévue le vendredi 6 octobre, que « le 6 [octobre] au soir, on n’aura pas décidé de fermer ou de laisser ouvert le musée ! Il faut arrêter de parler d’une énième réunion cruciale… Ce sont des réunions que se succèdent ! » Ces réunions se succèdent uniquement à cause de lui. Tout le monde a désormais compris que la mairie et la métropole ne feraient jamais rien pour ce musée et qu’elles verraient d’un assez bon œil la cession des hôtels particuliers à l’industriel Norbert Dentressangle qui lorgne sur eux depuis longtemps. Nous savions cela sans connaitre les motivations de la Ville. Celles-ci ont été révélées dans un article de Lyonmag.com du 19 juin dernier. Tant de désinvolture et de mépris pour la culture et le patrimoine laissent pantois.

Comme le réclame désormais Daniel H. Fruman, qui a initié la pétition pour le sauvetage du Musée des Tissus et des Arts décoratifs (elle atteint aujourd’hui près de 134 000 signatures), « Agissons avec la Région, la CCI, l’État et Unitex pour une solution indépendante, de laquelle la Mairie de Lyon s’est exclue d’elle-même ». Il est temps en effet que les différents acteurs prennent définitivement les rênes en laissant la mairie hors du coup, puisqu’elle s’est elle même discréditée et qu’il n’y a plus rien à en attendre. Le ministère de la Culture doit aller au delà des maigres efforts consentis afin que le budget nécessaire soit réuni. Et s’il prétexte un manque d’argent, il existe une solution très simple : diminuer des montants équivalents les dotations et les subventions de l’État à la Ville de Lyon !


Didier Rykner, mardi 3 octobre 2017


Notes

1Pour écrire cet article, nous n’avons pas cherché à le joindre. Lors d’une précédente conversation avec lui, avant qu’il soit maire, nous avions essayé en vain de lui faire comprendre la responsabilité de la mairie et l’importance du musée. Manifestement, nous ne parlons pas la même langue.





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