Le musée de Stockholm acquiert un tableau de Xavier Leprince


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Auguste-Xavier Leprince (1799-1826)
À la barrière de la Villette, vers 1820.
Huile sur toile - 37 x 44 cm
Stockholm, Nationalmuseum
Photo : Lasseron SVV

17/2/16 - Acquisition - Stockholm, Nationalmuseum - Un tableau d’Auguste-Xavier Leprince, À la barrière de La Villette, a été acquis par le Nationalmuseum de Stockholm pour 63 000 € (hors frais) lors de la vente organisée à Drouot, vendredi 12 février, par Olivier Lasseron, avec l’expertise du cabinet Chanoit.

L’artiste, mort très jeune, appartenait à une famille de peintres : son père, Pierre, et ses frères, Gustave et Léopold Leprince. Il exposa au Salon de Paris entre 1819 et 1824, se spécialisant dans la peinture de paysage animé d’une scène de genre, avec un goût marqué pour la peinture nordique.
La peinture mise en vente représente la rotonde de la Villette, ou barrière Saint-Martin, qui fut construite par Claude-Nicolas Ledoux : entre 1784 et 1788, juste avant la Révolution, le mur dit des Fermiers généraux fut élevé tout autour de Paris pour les aider à percevoir l’octroi, impôt sur les marchandises qui entraient dans Paris. Pour franchir l’enceinte, il fallait passer par les barrières, marquées par un bâtiment abritant les bureaux d’octroi. Ledoux appela lui-même ces édifices des propylées, et la rotonde de la Villette en fait partie. Malgré les aléas de l’histoire et quelques incendies, elle est encore debout et se dresse aujourd’hui place de la Bataille-de-Stalingrad dans le XIXe arrondissement.
L’enceinte était bien sûr impopulaire, « le mur murant Paris rend Paris murmurant » disait-on. En 1791 l’octroi fut supprimé par l’Assemblée, puis rétabli en 1798. Finalement le mur des Fermiers généraux sera détruit en 1860 lors de l’extension de la capitale. Avant cela, les guinguettes se multipliaient aux alentours, proposant au-delà du mur un vin moins cher. La Villette quant à elle était à l’époque un village où les parisiens se rendaient le dimanche, notamment pour profiter des jardins autour du bassin qui fut créé en 1808, juste derrière la rotonde et dont la première fonction était de servir de réserve d’eau potable.

L’artiste peint donc, vers 1820, une scène de la vie quotidienne dans la périphérie parisienne, pleine de détails pittoresques, dans la mouvance de Boilly ou de Jean-Louis Demarne. Une jolie carriole aux roues rouges contraste avec le chariot de foin plus rustique juste à côté. Le cocher nourrit son cheval, deux chiens se courent après, beaucoup des personnages sont présentés de dos, ils vaquent à leurs occupations, une famille se dirige vers une estrade sur laquelle un homme s’adresse à un petit attroupement de gens. Les jeux d’ombres participent à l’animation de l’ensemble, tandis que toute la moitié supérieure de la composition est occupée par un ciel calme et lumineux.
On connaît une autre version de ce tableau conservée au Musée Carnavalet et attribuée à Bernard Edouard Swebach (1800-1870) peintre de genre et de sujet militaire, comme son père. La peinture de Stockholm, signée et datée remettra sans doute en cause cette attribution.


Bénédicte Bonnet Saint-Georges, mercredi 17 février 2016





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