Le musée de Portland acquiert un portrait par Marianne Loir


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Marianne Loir (vers 1715-1769)
Portrait d’un homme assis à son bureau, vers 1750
Huile sur toile -
Portland, Art Museum
Photo : Portland Art Museum

24/4/14 - Acquisition - Portland, Art Museum - La sacrosainte parité régira bientôt les musées, déterminant non seulement le choix de leurs directeurs mais aussi le choix de leurs collections. Ainsi l’objectif du Portland Art Museum est de faire entrer 125 œuvres de femmes avant 2017, année de son 125e anniversaire. Le risque est bien sûr d’acquérir des créations dont le principal mérite sera le sexe de leur auteur.

Quoi qu’il en soit, c’est dans cette optique que le portrait d’un homme assis à son bureau, peint par Marianne Loir a été acheté en 2013. Le modèle pose, le visage appuyé sur la main, tout en ayant l’air d’avoir été interrompu dans sa lecture, le corps à moitié tourné en direction du spectateur tandis qu’un livre ouvert est posé sur son bureau. Il porte un habit de velours violet-gris bordé d’une fourrure de guépard, ainsi qu’un gilet de soie richement brodé et un jabot de dentelle fine. Ce portrait a longtemps été attribué au Suédois Alexander Roslin puis au Français Jacques Aved, avant que Joseph Baillio ne le rende à Loir, en particulier pour le rendu des yeux, de la dentelle et les rehauts lumineux sur le velours. En outre, le bureau orné de bronzes dorés se retrouve dans d’autres portraits de l’artiste.

Marianne Loir appartenait à une famille d’orfèvres parisiens et avait pour frère le peintre et sculpteur Alexis III Loir (1712-1785). Elle est probablement passée par les ateliers d’Hubert Drouais et de Jean-François de Troy - dont l’ Allégorie de la musique est conservée au musée -, puis mena une honorable carrière de portraitiste, fixant sur la toile les traits du duc de Bourbon ou de la marquise du Châtelet (Musée des Beaux-Arts de Bordeaux). Autre portrait célèbre, celui du petit Antoine Duplaa, habillé en jardinier (Musée des Beaux-Arts, Tours) était visible dans l’exposition « L’Enfant chéri au siècle des Lumières »1 ; la notice du catalogue, rédigée par Xavier Salmon, n’est pas tendre avec le peintre : « Ses œuvres doivent beaucoup à l’art de Pierre Gobert (1662-1744) par leur caractère statique, leur minois inexorablement souriant, leur bonhomie toute provinciale et leur absence de psychologie ». Il faut reconnaître que l’analyse s’applique au tableau de Portland. La fin est moins sévère et tout aussi adéquate : « Elle partage aussi souvent avec Jean-Marc Nattier une palette affectionnant le gris perle, le vert, le rose et le bleu, ainsi que des costumes généralement historiés ».
L’artiste finit par s’installer dans le sud et devint membre de l’Académie des Beaux-Arts de Marseille en 1762.

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Bénédicte Bonnet Saint-Georges, jeudi 24 avril 2014


Notes

1« L’Enfant chéri au siècle des Lumières : après l’Emile », Marly-Le-Roi-Louveciennes, Musée-Promenade, 15 mars-15 juin 2003 ; Cholet, Musée des Beaux-Arts, 10 juill.-12 oct. 2003.





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