Le Louvre préempte un tableau d’Hubert Robert


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Hubert Robert (1733-1808)
Vue de la cellule du baron de Besenval
à la prison du Châtelet

Huile sur toile - 37,5 x 46 cm
Préempté par le Musée du Louvre
Photo : SVV Daguerre

16/11/12 - Acquisition - Paris, Musée du Louvre - Le 29 novembre 1789, le baron de Bensenval, commandant militaire de l’Île-de-France et de la garnison de Paris au moment des premières émeutes de la Révolution (et grand collectionneur de tableaux nordiques), fut emprisonné au Châtelet après avoir été arrêté près de Provins et enfermé au château de Brie-Comte-Robert.
Lors d’une visite qu’il lui rendit dans sa cellule, Hubert Robert peignit celle-ci dans un tableau (ill.) que le Louvre vient de préempter cet après-midi à la vente organisée à l’Hôtel Drouot par la S.V.V. Daguerre, pour la somme de 220 000 €.

Si le musée parisien est riche en œuvres de l’artiste, il n’en possédait jusqu’à aujourd’hui aucune de ce genre. Le tableau est absolument fascinant par son cadrage hors norme. Le baron de Besenval est absent de la toile et l’on ne peut lire son nom que sur le portefeuille posé contre le soubassement de la fenêtre : « LE BARON DE BESENVAL ». L’artiste ne peint pas que la cellule, réduite à un pan de mur et à une ouverture. Il peint surtout la vue extérieure, symbole de la liberté perdue. Il n’y a pourtant aucun caractère tragique dans cette image, bien que le baron ait raconté dans ses Mémoires que son séjour dans cette prison fut « abominable ». La présence du chien roulé en boule, celle de rideaux qui donnent tout de même un certain confort à cet espace réduit, empêchent d’y voir l’ « horrible cachot » qu’il décrit. On lui donna en effet la chambre de l’aumônier et le prisonnier explique qu’il eut « dès le premier jour, la liberté d’entretenir [s]es conseils et de revoir [s]es amis ». Malgré la foule qui se réunit quatre fois en bas de la forteresse pour demander sa mort, le baron fut finalement libéré par le tribunal grâce à l’efficace plaidoirie de Desèze.
Besenval mourut un peu plus d’un an après sa libération, après avoir été peint par Henri-Pierre Danloux dans un tableau que la National Gallery de Londres a acquis en 2004.

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Didier Rykner, vendredi 16 novembre 2012





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