Le Louvre de plus en plus (radio) actif au Japon Contenu abonnés


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1. François Boucher (1703-1770)
Les Trois Grâces supportant l’Amour, après 1765
Huile sur toile - 80 x 65 cm
Paris, Musée du Louvre
Photo : RMNGP
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Du 20 avril au 17 septembre 2012, le Louvre va envoyer une vingtaine d’œuvres de tous les départements (à l’exception de celui des Arts Graphiques) dans trois villes japonaises au cours d’étapes qui dureront chacune un petit peu plus d’un mois1. Une fois de plus, hélas, une exposition du musée parisien s’avère très discutable, même s’il n’est pas question ici de location (le budget devrait être en partie pris en charge par du mécénat nippon). Il est vrai, on le verra plus loin, que ce que nous appelons ici faute de mieux une « exposition » n’en est pas une. Il s’agit tout au plus d’une réunion hétéroclite d’œuvres d’art appartenant aux collections du Louvre.

Son prétexte peut sembler hautement louable. Il s’agit de se montrer solidaire des japonais sinistrés à la suite du tremblement de terre et du tsunami.
Mais il est légitime de se poser la question de savoir s’il est bien dans le rôle du Louvre de venir en aide, par des expositions, à des populations victimes d’un cataclysme ? Pourquoi ne pas, alors, le faire dans tous les pays victimes de tremblement de terre, de feux de forêts, d’éruptions volcaniques, ou même de guerres car pourquoi se contenter mesquinement des catastrophes naturelles ? Les populations irakiennes n’ont pas moins souffert que celles du Japon. Pourquoi le Louvre n’enverrait-il pas ensuite ces œuvres à Bagdad ?

En réalité, rien n’autorise le Louvre à agir de la sorte. Car ses missions, définies par le décret n°92-1338 du 22 décembre 1992 portant création de l’Etablissement public du musée du Louvre, dont la version actualisée peut-être consultée ici, ne prévoit cela ni de près ni de loin.

Que cette exposition soit organisée au Japon, pays traditionnellement friand d’expositions d’art occidental, très souvent payantes, n’est certainement pas un hasard. Il est toujours bon d’entretenir des relations d’affaire car il n’est en réalité pas question d’autre chose ici. Le musée nous a d’ailleurs répondu que « depuis de nombreuses années, le Musée du Louvre et le Japon ont tissé des liens forts à travers de nombreux projets communs, l’organisation de plusieurs expositions sur l’archipel et la participation régulière de nombreux mécènes japonais à des opérations au sein du Louvre. Depuis de nombreuses années également, les Japonais comptent parmi les publics les plus fidèles et les plus nombreux du musée. Le lien qui unit le Louvre au Japon dépasse donc le simple cadre d’un partenariat, il s’agit plutôt d’une amitié et d’une fidélité réciproque et ancienne. »

On n’imagine pas, en effet, une telle exposition organisée par exemple à Haïti, également victime récemment d’un tremblement de terre dévastateur. A cet égard le musée nous précise qu’au contraire : « dans un passé récent, le musée du Louvre a déjà participé à des opérations de type « post-crise »…

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