17/11/10 - Patrimoine - France, Trésor national - Il n’y aura pas d’ « affaire Friedrich » comme on pouvait le craindre (voir l’article). Plutôt que d’entamer un marathon judiciaire qui aurait pu durer des années avec une issue incertaine, le vendeur du tableau réapparu aux enchères à Cannes et adjugé à la galerie Talabardon et Gautier a préféré trouver un accord avec les marchands. L’œuvre appartient désormais conjointement aux deux parties.
Fort naturellement, un certificat d’exportation a donc été demandé, ce qui a conduit non moins logiquement, aujourd’hui 17 novembre, la commission des trésors nationaux, à émettre un avis favorable au refus du certificat d’exportation. Il reste au ministre à se prononcer, celui-ci entérinant d’ordinaire la proposition de la commission. Le Louvre aura, à compter de la parution de la décision au Journal Officiel 30 mois pour réunir le montant nécessaire à son achat. On notera pour l’anecdote qu’il faudra désormais appeler ce tableau Hibou sur un arbre. En effet, contrairement à ce que nous avions écrit, il ne s’agit pas d’une chouette, mais bien d’un hibou, comme on peut le reconnaître aux deux aigrettes qu’il porte sur la tête. David d’Angers, qui possédait le tableau et l’avait décrit, n’était manifestement pas ornithologue.
Il faut se réjouir de la conclusion provisoire de cette histoire. Le partage entre le découvreur et le propriétaire initial est une solution infiniment préférable à la véritable spoliation qu’aurait constitué l’annulation de la vente au profit du seul vendeur, comme ce fut le cas naguère pour les frères Pardo et la Fuite en Egypte de Nicolas Poussin. Il reste à espérer que tout se terminera au mieux et que ce nouveau Friedrich – le musée en possède déjà deux - entrera définitivement au Louvre. Il est à vrai dire peu vraisemblable qu’il laisse échapper un tableau aussi important, d’une telle qualité et à l’historique si prestigieux.

