Le héros épique. Peinture d’histoire et politique artistique dans la France du XVIIe siècle Contenu abonnés


Auteur : Thomas Kirchner

jpg-couverture_kirchner_heros-jpgLes rapports entre art et politique au XVIIe siècle apparaissent aujourd’hui comme l’un des domaines parmi les plus étudiés de l’histoire des arts en France. C’est aussi l’un de ceux où les certitudes semblent le mieux ancrées, notamment pour la période qui s’ouvre avec le début du règne personnel de Louis XIV en 1662, et l’établissement, quelques années plus tard, de Versailles comme le nouveau centre du pouvoir. Il est donc rare qu’un ouvrage « foisonnant » (pour reprendre le terme utilisé par Thomas Gaethgens dans sa Préface), ce qui est ici une qualité, nous amène à réfléchir en profondeur et à questionner ces apparentes certitudes. C’est le cas du Héros épique de Thomas Kirchner récemment publié à Paris, à l’initiative du Centre allemand d’Histoire de l’Art.

Avant de poursuivre ainsi ses recherches sur les rapports entre l’art et la politique dans la France du XVIIe siècle, ce professeur d’histoire de l’art à la Johann Wolfgang Goethe-Universität de Francfort avait notamment travaillé sur la représentation des passions1 dans l’art français des XVIIe et XVIIIe siècles2. Le présent ouvrage, aussi dense (il s’agit de la publication de sa thèse d’Etat3) que souvent passionnant, et largement illustré, aborde la réflexion plus générale, présente tout au long du siècle, sur la meilleure manière de représenter l’histoire par l’art, et de célébrer les actions et les vertus du Roi, selon des approches multiples, mais presque toujours pertinentes. Ainsi, l’un des aspects les plus importants et les plus intéressants du livre de Thomas Kirchner est la façon dont il replace, à chaque fois, l’évolution de cette réflexion et des moyens artistiques d’y répondre dans un contexte plus large, éclairant les différentes influences qui entrent en jeu. Hormis la présence de quelques passages moins convaincants, notamment ceux traitant de l’influence des Jésuites ou de la subornation de l’Académie Royale au pouvoir politique, le principal regret que l’on puisse avoir est que cette traduction arrive assez tard : depuis dix ans, les approches de ces problématiques ont quelque peu évoluées et malgré une certaine remise à niveau des références et de la bibliographie, on a assez souvent conscience de ce décalage.

Même s’il apparaît assez difficile de rendre compte d’un livre où tant de questions parfois complexes sont abordées, on peut sans doute y dégager une sorte d’axe principal : l’étude des solutions qui sont successivement envisagées afin de décorer de la façon la plus « convenable » le lieu par excellence de la représentation et du prestige des Grands : la galerie palatiale. Les trois grandes étapes de cette évolution, et les différentes manières d’y répondre qui sont successivement choisies puis abandonnées, aboutiront au chef-d’œuvre politique et artistique que constitue la voûte de la galerie des Glaces de Versailles. Outre les préalables historiques (ouvrages des auteurs classiques et exemples, pas toujours acceptés, des décors italiens), Thomas Kirchner…

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