Le golf, le maire et le Désert de Retz


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1. La colonne détruite
Désert de Retz
Chambourcy
Photo : Didier Rykner (février 2010)
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Le député-maire de Chambourcy, Monsieur Pierre Morange, a beaucoup communiqué récemment sur la renaissance du Désert de Retz, qui se trouve sur le territoire de sa commune, et dont il serait le principal acteur.
On lit ainsi, dans Chambourcy actualités, le journal de la ville, de janvier 2010, qu’il y avait un « manque total d’entretien pendant ces dernières décennies ». Et sur le blog officiel du maire, que ce « lieu témoin du génie des Lumières », « actuellement en désuétude », connaît « un renouveau sous l’impulsion du Député Maire Pierre Morange dans le respect du site et de sa tranquillité ». Cette auto-célébration a été reprise complaisamment dans la presse, notamment au moment de la visite du ministre de la Culture Frédéric Mitterrand le 24 septembre dernier.

Bref, le Désert de Retz, cette folie du XVIIIe siècle créée par M. de Monville, l’un des derniers parcs à fabriques subsistant en France, serait sauvé grâce à l’action quasi héroïque de Pierre Morange1.
Il n’y a pas grand chose de vrai dans cette affirmation. La réalité est même plutôt à l’opposé de ces déclarations flamboyantes. Derrière l’achat par la mairie d’une partie du Désert de Retz se cache une affaire très curieuse, assez scandaleuse et beaucoup moins glorieuse, qui laisse en réalité le domaine démantelé et sans ressources pérennes. L’histoire, un peu longue et complexe, vaut d’être contée. On pourra la lire également dans Le Monde paraissant aujourd’hui et daté du 23 février 2010, sous la plume de Michel Guerrin (voir ici et ici).

Dans les années 1960, le Désert de Retz était un chef-d’œuvre en péril. C’est même pour lui qu’André Malraux décida de faire voter une loi permettant à l’Etat d’imposer des travaux aux propriétaires des monuments historiques laissés à l’abandon2.

En 1986, le domaine appartenait à la Société fermière et de participation (dépendant du groupe Worms). Celle-ci, ne souhaitant pas entretenir un monument historique en mauvais état qui allait nécessiter d’importants travaux, décida de le céder à deux amoureux du domaine, Jean-Marc Heftler-Louiche et Olivier Choppin de Janvry, qui s’en retrouvèrent propriétaires à part égale au travers d’une Société civile immobilière, la SCI du Désert de Retz. Le domaine était alors partagé en deux parties : la première, au sud, boisée, conservait encore plusieurs fabriques en mauvais état ou en ruines ; la seconde (dite aussi partie nord) n’avait plus de fabriques mais son paysage reflétait encore sa splendeur passée.
La Société fermière et de participation, également propriétaire d’un terrain jouxtant le parc qu’elle souhaitait transformer en golf, voulait englober dans celui-ci la partie nord du Désert. Le ministère de la Culture conditionna son accord pour l’installation d’un golf à la signature d’une convention entre celui-ci et la SCI du Désert de Retz3. La convention, finalement signée entre le golf et le Désert de Retz le 16 février 1988, stipulait notamment qu’en échange de cette autorisation le golf s’engageait « à redessiner conformément à l’esprit des plans d’origine le tracé du rû de Buzot et à recréer autant que faire se peut le paysage ancien par des plantations appropriées en lieu, densité, et qualité sur l’ensemble des terrains dépendant de la SCI du Désert de Retz et qu’elle occupe » et qu’il devait s’acquitter tous les ans d’une redevance de 300.000 F indexés sur la valeur du SMIC4. Le golf bénéficiant d’un usufruit de trente ans sur cette parcelle et d’un bail de vingt ans supplémentaire5, cela procurait donc une ressource non négligeable pour le domaine jusqu’en 2035, d’autant qu’après la fin de la location, la poursuite de l’activité du golf mettait le Désert de Retz en position de force pour renégocier un contrat équivalent. En 2010, cette redevance de 300.000 F équivaut à près de 100.000 €, compte tenu de l’indexation.

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2. Visite de François Mitterrand et
de Jack Lang au Désert de Retz
le 25 juillet 1990,
devant la colonne en restauration
Photo : D. R.
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Un an plus tard, contrairement à ses engagements, le golf fit faire des travaux sur la partie du Désert de Retz qu’il occupait et, bien loin de restituer le paysage, détériorait ce site classé monument historique. Les propriétaires du Désert de Retz portèrent l’affaire devant les tribunaux, la presse s’empara de l’affaire6, François Mitterrand lui-même vint voir le domaine en compagnie de Jack Lang (ill. 2) et ne put que constater les dégâts, le ministère de la Culture, demanda, via la DRAC, « que les aménagements se conforment au permis de construire [...] Nous serons intransigeant »7. Le golf fut condamné en première instance et en appel ; il dut remettre en état le parcours et respecter ses engagements. Aujourd’hui encore, cette portion du golf présente un aspect paysager très agréable.

Progressivement cependant, des dissensions étaient apparues entre les deux propriétaires du Désert de Retz, rendant difficile la gestion du domaine. Ils décidèrent alors, en 1996, de confier celle-ci à un administrateur, nommé par un juge. En 2001, l’impossibilité d’arriver à un accord entraîna Jean-Marc Heftler-Louiche et Olivier Choppin de Janvry à convenir que la vente du domaine était inéluctable et à la faire réaliser par un administrateur. Il convient de noter que la disparition programmée de la SCI du Désert de Retz n’était en aucun cas une liquidation judiciaire, mais une dissolution judiciaire anticipée à la suite d’une démarche volontaire.

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3. La pyramide
Désert de Retz
Chambourcy
Photo : Didier Rykner (février 2010)
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Entre temps, en 2000, le golf décida de ne plus payer la redevance prévue par la convention. Les prétextes étaient essentiellement au nombre de trois : l’indexation suivant le SMIC n’était pas règlementaire ; le Désert de Retz n’était pas ouvert à la visite ; le Désert n’était pas entretenu, le golf n’avait donc plus à participer à l’entretien... Nous verrons un peu plus loin ce qu’il convient de penser des deux premiers arguments, et nous ferons d’abord justice, une une fois pour toute, de la dernière accusation, reprise aujourd’hui par le maire de Chambourcy à diverses occasions8 pour se faire passer ainsi comme le sauveur du domaine.
En effet, l’absence d’entretien « depuis des décennies » est un mythe. Alors que le domaine était effectivement resté en déshérence jusqu’en 1986, malgré des travaux d’office imposés par l’Etat grâce à la loi Malraux dans le années 1970, l’acquisition du domaine par MM. Heftler-Louiche et Choppin de Janvry signa le début d’une série de restaurations menées avec l’aide de l’Etat. Plusieurs conventions furent signées, pour un total de 1.620.000 €, l’Etat participant à hauteur de 50%, le reste provenant des associés de la SCI et du mécénat qu’ils avaient pu trouver. Les travaux portèrent sur la colonne (ill. 1), la pyramide (ill. 3), le temple de Pan, l’église gothique, la tente tartare (qui fut reconstituée), le mur du théâtre et l’autel votif, la clôture du parc, la recréation du parc et des pièces d’eau... Les articles de presse célébrant la renaissance du Désert de Retz à renfort de photos sont extrêmement nombreux. Le domaine fut ouvert au public et reçut, entre 1987 et 1997, une moyenne d’environ 6000 visiteurs par an (ill. 4).
Jack Lang est formel : « c’est Sybille Heftler-Louiche et son mari qui ont sauvé le désert de Retz. Ils m’ont fait découvrir ce chef d’œuvre et j’y ai emmené François Mitterrand. Je suis allé sur place, j’ai été conquis, subjugué, et j’ai dégagé des fonds importants pour les aider. Sans eux, rien n’aurait pu être sauvegardé. Il faut les féliciter cent fois, mille fois. » On ne peut être plus clair9.

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4. Groupe visitant le Désert de Retz en 1997
Photo : D. R.
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5. Panneau de chantier resté sur le domaine
du Désert de Retz
Photo : Didier Rykner (février 2010)
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Si les travaux sur les fabriques avaient cessé, le domaine n’était pas laissé à l’abandon malgré l’arrêt du paiement de la redevance qui le pénalisait gravement. Les visites furent interrompues, en dépit des demandes faites par les propriétaires aux administrateurs successifs10, mais des visites de groupe et des événements ponctuels continuèrent à y être organisés.
Le 1er juillet 1999, l’Architecte des Bâtiments de France constatait que « Le Désert de Retz [...] se présente dans un état de conservation tout-à-fait satisfaisant ». Le 15 mai de la même année, le Dr Sally Jeffery de la Society of Architectural Historians of Great Britain écrivait : « It was good to see that the Desert is being kept so well ». En 2003, le club d’Harvard organise dans le Désert une garden-party réunissant plus de 300 personnes. Le 12 juin 2004, l’auteur de cet article a visité le Désert de Retz avec la Société de l’Histoire de l’Art français et peut témoigner - ainsi que tous les participants à cette excursion - que celui-ci, était entretenu et praticable, contrairement à ce que prétend le maire de Chambourcy. En 2006 encore, plusieurs visiteurs, dont l’épouse de l’ancien ambassadeur de Belgique en France, Micheline Champenois, ou Alain Camu, alors Président des Parcs et Jardins de Belgique, pouvaient témoigner du bon état du domaine.
Pierre Morange s’est indigné devant nous que les propriétaires du Désert aient bénéficié des subventions du Ministère de la Culture (donc des contribuables précise-t-il) sans eux-même participer aux travaux, ou presque pas. Il signale ainsi l’existence d’un panneau resté sur le site, annonçant une des tranches des travaux, pour 1,5 million de francs, et sur lequel serait inscrite la prise en charge de l’intégral, par l’Etat11 Manque de chance, nous avons vu ce panneau lors de notre visite (ill. 5). On y lit évidemment que les propriétaires ont participé à 50 %, à parité avec l’Etat. Le contraire aurait d’ailleurs été illégal, l’Etat ne pouvant contribuer pour plus de 50 % aux travaux sur les monuments historiques privés. Le maire de Chambourcy, vice-président de la commission des affaires culturelles de l’Assemblée Nationale, devrait le savoir mieux que personne.

La cessation de paiement de la redevance pour de tels prétextes fit évidemment l’objet d’une action en justice. Dans son jugement daté du 9 février 2006, le tribunal, tout en constatant effectivement l’irrégularité de l’indexation, la remplaça par une autre, plus avantageuse encore pour le Désert de Retz, et condamna le golf à payer les redevances en retard, y compris celle à venir de 2007, ce qui portait le total à environ 650.000 €, qui durent cependant être consignés auprès de la Caisse des Dépôts et Consignations en attendant le résultat de l’appel.
Les propriétaires du Désert de Retz demandèrent à l’administrateur judiciaire (comme ils l’avaient fait à ses prédécesseurs) d’attendre la résolution de ce procès, crucial pour l’avenir du domaine et sa valorisation, avant de le vendre, manifestant clairement leur opposition à ce qu’il soit cédé au golf, ce qui paraît compréhensible puisqu’à deux reprises celui-ci avait refusé de se conformer au termes de la convention, la première fois en ne respectant pas le permis de construire et en abîmant la partie nord, la seconde fois en refusant de payer la redevance pour l’entretien du domaine.

En 2004 pourtant, la mairie de Chambourcy qui ne pouvait ignorer le litige en cours, avait signé une convention avec le golf. Cette convention prévoyait qu’au cas où le golf se porterait acquéreur du Désert de Retz, il rétrocèderait immédiatement la partie sud à la municipalité, c’est-à-dire celle boisée conservant encore des fabriques. C’est alors que le ministère de la Culture et la sous-préfecture entrèrent en scène, multipliant les pressions pour que le Désert de Retz puisse être vendu au golf. Quelle légitimité avaient-ils pour intervenir dans une affaire privée, sur la vente d’un domaine privé, alors qu’une procédure judiciaire était en cours ? Le maire de Chambourcy, qui est également député UMP, est-il intervenu pour que le golf de Joyenval puisse acquérir le domaine et lui en revendre une partie pour un euro symbolique conformément à la convention de 2004 ? ll nous l’a formellement démenti : « Mais comment voulez-vous que j’intervienne ? On est dans le principe constitutionnel de la séparation des pouvoirs, on n’est pas dans une république bananière ici. »
Est-ce si sûr ? Plusieurs documents semblent montrer le contraire : le 20 octobre 2005, Henri Paul, directeur de cabinet du ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres, adressait un courrier à l’administrateur judiciaire en charge de la vente. Il y expliquait que son « attention a été attirée sur la procédure engagée par la commune de Chambourcy et sur la proposition de transaction formée par la Société Foncière de Joyenval12 », lui demandant explicitement de « procéder dans les meilleurs délais à la réalisation de cette vente » et se permettant même de fixer un prix ! Le 12 octobre 2006, c’etait au tour du sous-préfet des Yvelines d’ « écrire officiellement » au nouvel administrateur judiciaire (celui-ci avait changé suite au départ à la retraite du précédent). Il reprenait à son compte la fable de « l’absence totale d’entretien13 » « depuis longtemps » et soulignait que « Le ministère de la Culture, comme le député-maire de Chambourcy regrettent qu’un site aussi remarquable soit à l’abandon ». Il proposait ainsi une réunion entre l’administrateur, le maire de Chambourcy et « toutes les parties concernées ». Cette réunion a bien eu lieu, le 13 novembre 2006, à la Mairie de Chambourcy, en présence de « toutes les parties concernées », c’est-à-dire de divers représentants des ministères de la Culture, mais aussi de l’Equipement, de l’Agriculture... et le directeur du golf de Joyenval. Mais, bien sûr, en l’absence des propriétaires du domaine.

Ce qui devait arriver arriva. Le 12 décembre 2007, le Désert de Retz fut vendu à la Société foncière de Joyenval pour 1.650.000 €, puis la partie boisée et conservant encore des fabriques était cédée à la commune pour l’euro symbolique conformément à l’accord de 2004. Parallèlement, la convention était annulée, les poursuites de la SCI du Désert de Retz contre le golf abandonnées, les 650.000 € déposés auprès de la Caisse des Dépôts et Consignations récupérés par le golf.
Le maire pouvait triompher, sauveur du Désert de Retz qu’il venait en fait de laisser démembrer et qui se voyait privé des 650.000 € que le propriétaire du domaine aurait selon toute vraisemblance récupéré à l’issue du procès en appel, des éventuelles pénalités et des 100.000 € annuels qu’il devait recevoir chaque année du golf de Joyenval, jusqu’en 203514.

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6. Désert de Retz
Panneau à l’entrée du domaine
donnant les jours de visite
Photo : Didier Rykner (février 2010)
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Comme le maire l’a annoncé, la commune de Chambourcy ne mettra pas un euro dans la restauration du domaine. Celui-ci ne pourra donc compter à l’avenir que sur la bonne volonté de l’Etat, de la Région et du Département ainsi que d’éventuels mécènes. Aujourd’hui, le Conseil général s’est engagé à verser 420.000 € (une seule fois), tandis que le député-maire accorde 66.000 € provenant de son enveloppe parlementaire (une seule fois également). La mairie compte sur l’Etat, sur la Région15 et sur l’appel au mécénat (qui implique, on le sait, un fort manque à gagner pour les finances de l’Etat en raison des déductions fiscales) pour augmenter la somme dédiée aux travaux. Pour un maire qui prétend (il nous l’a répété plusieurs fois) n’avoir que l’intérêt public en tête et celui des contribuables, l’appel aux finances publiques paraît particulièrement important, alors que l’abandon de la convention signée en 1998 prive le domaine de beaucoup d’argent privé qui aurait servi pour son entretien et pour les restaurations à mener.
Ces derniers mois, les jardiniers du golf de Joyenval sont intervenus à la demande du maire pour « des travaux de fauchage, de tonte, d’élagage », ce qui, selon la municipalité, a « rendu au Désert sa beauté d’origine »16. Il est extraordinaire que la simple intervention de ces jardiniers ait réussi ce miracle de redonner à un domaine souffrant d’abandon pendant des décennies « son charme originel »17.
Pierre Morange se targue d’avoir ouvert le domaine à la visite (ill. 6). Celles-ci sont pourtant particulièrement réduites : elles sont possibles sur réservation, deux jours de la semaine pendant cinq mois, soit une ouverture de dix jours par an ! Pour chacune de ces journées, seules deux visites - guidées par des bénévoles, et au nombre de places limitées - sont prévues, à 14 h 30 et 16 h 3018 Lorsque nous l’avons interrogé à ce sujet, il nous a répondu que le parc était fragile et n’avait pas vocation à recevoir trop de touristes. Il faudrait savoir.

Notons, avant de conclure, que deux actions judiciaires sont en cours, sur lesquelles nous ne nous prononcerons évidemment pas. Les anciens propriétaires ont attaqué l’administrateur judiciaire pour vente à vil prix19, souhaitant faire annuler celle-ci. Une autre action vise la responsabilité directe de l’administrateur.

Le ministère de la Culture, pour sa part, devrait s’interroger sur la légitimité même du golf. La Direction Régionale des Affaires Culturelles et la Délégation Régionale à l’Architecture et à l’Environnement avaient clairement précisé20 que la délivrance des autorisations nécessaires pour l’installation du golf ne pouvait se faire qu’en échange d’« un engagement de restaurer et d’entretenir le monument historique - la restauration du Désert ne pouvant être dissociée de tout projet de golf » et qu’il « fallait un engagement de la Société Fermière et de Participation à participer au fonctionnement de la SCI du Désert de Retz ». Ces obligations avaient été prises en compte dans la convention de février 1988. L’administrateur, le maire et le golf en ont décidé autrement.


Didier Rykner, lundi 22 février 2010


Notes

1« C’est l’aboutissement de longues années de lutte et de combat » a-t-il déclaré au Courrier des Yvelines le 10 juin 2009.

2Cette procédure dite de « travaux d’office » est hélas bien trop rarement mise en œuvre.

3Les conditions données par l’administration à la délivrance des autorisations nécessaires pour aménager le golf sont stipulées clairement dans le compte-rendu d’une séance de la Commission départementale des sites des Yvelines du 2 février 1988.

4Si cette somme devait permettre de « participer à l’entretien et au gardiennage du Domaine du Désert de Retz dans la partie dont elle ne détient pas l’usufruit », aucune condition n’était imposée au Désert de Retz en contrepartie.

5Avec une location d’un franc symbolique annuel.

6« Le site le plus protégé de France menacé par les promoteurs », Le Parisien, 24 juillet 1990 ; « Ma cabale au Canada », Le Canard Enchaîné, 25 juillet 1990 ; OPA sur les monuments historiques, Le Monde, 26 juillet 1990 ; « Un golf pas très clair », France-Soir, 28 juillet 1990, « Heftler et Choppin de Janvry, guerre du golf dans le Désert de Retz », Madame Figaro, 6 octobre 1990 ; « Golf contre désert », Le Monde, 26 janvier 1991...

7« Un golf pas très clair », France-Soir, 28 juillet 1990.

8Sur le site de la mairie, on peut lire ainsi que : « Jusqu’à ces derniers temps, aucune intervention significative n’a procuré [au Désert] une nouvelle vie, ni même l’espoir d’une rénovation partielle de ses splendeurs tombant en désuétude ». Dans Chambourcy actualités de janvier 2010, le journal de la ville, on peut lire que « Le manque total d’entretien pendant ces dernières décennies a mis [les fabriques] en danger ».

9Jean-Marc Heftler et Olivier Choppin de Janvry ont d’ailleurs obtenu, en janvier 1990, le Prix Chefs-d’œuvre en péril décerné par Pierre de Lagarde.

10Notons que rien n’impose l’ouverture au public de monuments historiques privés.

11Verbatim : « sur les panneaux d’affichage qui d’ailleurs sont clairement exposés encore et qui datent des années 1985, est clairement stipulé que c’est l’Etat qui a financé à 100 % les travaux, qui était maître d’œuvre et maître d’ouvrage : 1.500.000 F ».

12C’est-à-dire le golf.

13Cet argument avait été réfuté par le juge.

14Précisons que la convention précisait clairement que la redevance devait être payée au propriétaire du Désert de Retz, qu’il s’agisse de la SCI ou d’un repreneur éventuel, personne physique ou personne morale.

15Il est à noter que ni le Département, ni la Région n’avaient donné un sou pour la restauration du domaine lorsque les propriétaires étaient privés.

16Voir sur le site de la Mairie.

17La mairie affirme que ces travaux ont coûté 300.000 € au golf, somme qui n’est étayée par aucun document ; nous avons contacté Alain Sussfeld, président du Golf de Joyenval, qui ne nous a jamais rappelé.

18Les modalités sont d’une complexité ahurissante : les billets d’entrée, fort chers puisque le prix est de 9 €, sont envoyés par courrier ou retirés auprès du service après paiement. Puisqu’aucun stationnement n’est possible (le seul endroit où un parking aurait pu être aménagé à proximité du parc a été loti récemment), il faut se rendre au Désert à pied, ou emprunter une navette une demi-heure plus tôt "sur le parking devant le cimetière". Ceux qui voudraient tenter tout de même l’aventure doivent s’armer de patience : le numéro des réservations ne répond pas toujours et les mois de mai et juin sont déjà complets. Quant aux enfants de moins de 8 ans, la visite est interdite, ce qui est totalement absurde.

19Ils soulignent notamment que le seul montant des redevances qui auraient dû être payées par le golf depuis 2000 et jusqu’en 2035 auraient généré au total un montant de 3.450.000 €, soit beaucoup plus que le prix de vente.

20Ceci est consigné dans le compte-rendu de la Commission départementale des sites du 2 février 1988.





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