Le Getty reçoit des objets d’arts décoratifs du XVIIIe français


19/1/16 - Acquisition - Los Angeles, The J. Paul Getty Museum - C’est tout un ensemble d’objets d’arts décoratifs du XVIIIe français qui est entré au Getty, en partie donné, en partie vendu par le collectionneur et économiste new-yorkais Horace Wood Brock. Il avait exposé un florilège de sa collection au musée de Boston1, aujourd’hui ce sont trente-et-une œuvres qui viennent compléter le fonds déjà riche du musée de Los Angeles où plusieurs pièces avait déjà été déposées pour des prêts de longue durée.


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1. Paire de vase
Porcelaine, milieu des années 1700
Monture vers 1775
Porcelaine dure et bronze doré
The J. Paul Getty Museum, Los Angele
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2. Paire de vases avec couvercle, France, vers 1780 - 1785
Bronze doré
Los Angeles, The J. Paul Getty Museum

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3. Vase, France, vers 1770
Porcelaine, bronze doré - H. 26,5 cm, D. 15,5 cm
Los Angeles, The J. Paul Getty Museum
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4. Pendule de cheminée, France, vers 1785
Bronze doré, métal émaillé, marbre -
43,5 x 26,7 x 19,1 cm
Los Angeles, The J. Paul Getty Museum

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5. Paire de pot à couvercle (lidded jar),
Porcelaine chinoise, 1662-1722
Monture française en bronze doré : vers 1740 - 1745
The J. Paul Getty Museum, Los Angeles,
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6. Paire de chenets, France, vers 1785
Attribuée au fondeur Jean-Noël Turpin (maître en 1773)
Bronze doré
Los Angeles, The J. Paul Getty Museum

Pendules, vases, chandeliers, console en bois doré, encrier en porcelaine, portrait de Louis XIV sur un médaillon en cuir... Ces objets variés incarnent les savoir-faire d’une époque à travers une diversité de matériaux, illustrent les différents styles du XVIIIe - baroque, rococo, néoclassicisme - et évoquent l’évolution du goût (ill. 1 à 6). Les cheminées par exemple étaient ornées de vases en porcelaine, puis d’une pendule flanquée de candélabres. Une paire de vases montre l’engouement pour les chinoiseries, adaptées néanmoins à la mode occidentale : la porcelaine chinoise a été dotée de montures en bronze doré (ill. 5).

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7. Attribué à André-Charles Boulle (1642 - 1732)
Candélabre, vers 1700
Bronze doré - 50 × 36,5 × 32 cm
Los Angeles, The J. Paul Getty Museum

Des chenets, ornés de putti qui semblent jaillir de volutes et se réchauffer auprès du feu, sont attribués au bronzier Jean-Noël Turpin (ill. 6). Il aurait créé le modèle dit « aux enfants arabesques » d’après un dessin de l’ornemaniste Jean-François Forty. Plusieurs exemplaires sont connus, l’un d’eux se trouve au Musée Nissim de Camondo à Paris.
Quelques grands noms apparaissent : une paire de candélabres ou « girandoles à sphinx et têtes de bélier », est attribuée à André-Charles Boulle2 qui a conçu ce modèle d’après un dessin de Jean Bérain (ill. 7).

Parmi les sept pendules et cartels offerts au Getty, on passe d’un cartel des années 1765-1770 au superbe cartel ailé des années 1785 provenant de la galerie Kraemer (ill. 8 et 9). Une pendule des années 1745-1750 est particulièrement décorative (ill. 10) : le cadran est posé sur le dos d’un âne qui braie et semble vouloir brouter l’une des fleurs de l’arbre sous lequel il se trouve. L’ensemble est en bronze doré, sauf les fleurs qui sont en porcelaine et de couleurs différentes. Sur le socle rocaille, orné de coquillages et de feuillages, se tiennent un chasseur et son chien, qui visent un lapin. Un autre exemplaire de cette pendule, avec des fleurs blanches, dont le mouvement est signé Baudoin, a été mis en vente chez Sotheby’s à Paris le 7 novembre 2013. On trouve des compositions similaires à celle-ci, qui placent un animal - plus ou moins sauvage - sous un arbre fleuri.


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8. Pendule cartel, France, vers 1765 - 1770
Mouvement de Ferdinand Berthoud (1727 - 1807)
Bronze doré, métal émaillé, verre -
96,5 × 45,7 × 16,5 cm
Los Angeles, The J. Paul Getty Museum
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9. Pendule cartel, vers 1785,
Mouvement probablement par
Nicolas Thomas (maître en 1778)
Bronze doré, métal émaillé, verre - 49, 5 x 55,9 cm
Los Angeles, The J. Paul Getty Museum

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10. Pendule de cheminée, vers 1745 - 1750
Bronze doré et porcelaine - 34,9 x 45,1 x 20,3 cm
Los Angeles, The J. Paul Getty Museum
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11. Attribuée à Pierre-Philippe Thomire (1751 -1843),
Mouvement par Charles-Guillaume Manière (maître en 1778)
Horloge de cheminée vers 1789,
Bronze patiné, bronze doré, métal émaillé, verre
marbre blanc et marbre griotte - 55,2 × 64,5 × 19,1 cm
Los Angeles, The J. Paul Getty Museum

Le contraste est grand entre cette pendule et une autre, néoclassique, réalisée vers 1789 et attribuée à Thomire (ill. 11) : elle met en scène deux vestales portant le feu sacré. Le jeu des couleurs est plus contrasté, avec le bronze patiné et les marbres blanc et griotte. La base est supportée par quatre lions et ornée de plaques sur lesquelles une ribambelle de putti est encadrée par deux muses. On connaît d’autres versions de cette pendule dans la collection Corcoran de Washington et aux Musées des Arts décoratifs de Madrid et de Paris. Celle de Paris est en bronze doré et en porcelaine. La notice signale qu’elle fut livrée à Marie-Antoinette en 1788. Le dessin de la composition d’ensemble est dû à Jean-Démosthènes Dugourc, dessinateur du garde-meuble de la Couronne à partir de 1782. Louis-Simon Boizot a dessiné le modèle des deux vestales, sans doute inspiré d’une gravure d’Hubert Robert3 et Thomire l’a réalisée.


Bénédicte Bonnet Saint-Georges, mardi 19 janvier 2016


Notes

1Boston, Museum of Fine Arts, « Splendor and Elegance European Decorative Arts and Drawings from the Horace Wood Brock Collection », du 22 janvier au 17 mai 2009.

2Jean Nérée Ronfort, André-Charles Boulle : die Bronzearbeiten und seine Werkstatt im Louvre ; Ottomeyer, Pröschel et al.,Vergoldete Bronzen, Munich, 1986, Vol. II, pp. 459-520,.

3Recueil des Griffonis, 1771-1773





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