Le fonds Jombert d’estampes de Sébastien Leclerc entre à la Bibliothèque nationale


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1. Sébastien Leclerc (1637-1714)
L’Assomption de la Vierge
Fonds Jombert
Eau-forte
Paris, Bibliothèque nationale de France
Photo : Didier Rykner

21/7/14 Acquisitions - Paris, Bibliothèque nationale de France - C’est un ensemble extraordinaire pour l’histoire de la gravure française du XVIIe siècle qu’a acquis récemment le département des Estampes de la Bibliothèque nationale de France sur le marché de l’art parisien (librairie Laurent Coulet). Il s’agit en effet d’un fonds d’œuvres de Sébastien Leclerc, un des plus importants graveurs du règne de Louis XIV, contenant pas moins de 3613 estampes et 64 dessins, représentant l’essentiel de la carrière de l’artiste. Cette collection a appartenu au XVIIIe siècle à Charles-Antoine Jombert (1712-1784), libraire du roi, qui l’a réunie en achetant des œuvres de provenances diverses, notamment un fonds ayant appartenu au marchand graveur Gabriel Huquier qui le tenait pour partie du fils de Leclerc.
Grâce à cet ensemble, Jombert publia en 1774 le premier catalogue raisonné de l’œuvre gravé de Sébastien Leclerc, en deux volumes, le seul ouvrage d’ensemble sur l’artiste (consultable et téléchargeable gratuitement sur le site Archive.org, avec le Getty) avant que Maxime Préaud ne publie, en 1980, le volume de l’Inventaire du fonds français des œuvres qui étaient alors conservées à la Bibliothèque nationale


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2. Sébastien Leclerc (1637-1714)
Lion
Illustration pour Mémoire pour servir à
l’histoire naturelle des animaux
, 1671
Fonds Jombert
Eau-forte
Paris, Bibliothèque nationale de France
Photo : Didier Rykner
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3. Sébastien Leclerc (1637-1714)
Projet de tapisserie
Fonds Jombert
Eau-forte
Paris, Bibliothèque nationale de France
Photo : Didier Rykner

Les estampes de Leclerc ne figurèrent pas dans les ventes de la collection Jombert en 1774 et à son décès en 1784. Elles se retrouvèrent à une date inconnue au séminaire Saint-Sulpice à qui elles durent être cédées par le collectionneur ou par ses héritiers. En 1979, elles furent acquises en bloc par le libraire André Jammes qui fit don d’une cinquantaine de gravures et d’un dessin à la Bibliothèque nationale. L’acquisition de l’ensemble permet aujourd’hui heureusement d’en éviter la dispersion, même s’il s’avère qu’entre 1979 et 2014 quelques feuilles ont été vendues.


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4. Sébastien Leclerc (1637-1714)
Plusieurs estampes montées sur une même feuille
Fonds Jombert
Eau-forte
Paris, Bibliothèque nationale de France
Photo : Didier Rykner
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5. Sébastien Leclerc (1637-1714)
Plusieurs estampes montées sur une même feuille
Fonds Jombert
Eau-forte
Paris, Bibliothèque nationale de France
Photo : Didier Rykner

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6. Sébastien Leclerc (1637-1714)
Allégorie
Fonds Jombert
Pierre noire et sanguine
Paris, Bibliothèque nationale de France
Photo : Didier Rykner

L’ensemble se présente sous la forme de grands feuillets libres sur lesquels sont disposées au recto de quatre à trente estampes, essentiellement des eaux-fortes, presque toutes de son invention. Nous ne pouvons évidemment dans le cadre de cette brève illustrer l’intégralité du fonds comme nous le faisons habituellement pour les acquisitions. Nous nous contenterons de reproduire quelques gravures et un dessin qui peuvent donner une bonne idée de l’ensemble1. Celui-ci comprend, à côté de scènes allégoriques et religieuses plus classiques, de nombreuses planches en rapport avec les sciences naturelles et l’astronomie, Leclerc ayant été féru de sciences, notamment de mathématiques, de géométrie et de perspective.


Didier Rykner, lundi 21 juillet 2014


Notes

1Signalons, pour ceux qui souhaiteraient en savoir davantage l’article de Pierre Wachenheim, Collectionner le dessin de graveur au XVIIIe siècle : les Sébastien Leclerc de Charles-Antoine Jombert, disjecta membra, paru dans les actes du colloque Dessiner pour graver, graver pour dessiner. II Le dessin dans la révolution de l’estampe, organisé dans le cadre du Salon du Dessin, L’Echelle de Jacob, 2013, p. 37-54 et 150-153. Nous remercions Rémi Mathis pour nous avoir signalé cet article et pour les renseignements qu’il nous a donnés sur cette acquisition.





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