
Attribué à Michel-Ange (1475-1564)
Cupidon
Marbre
New York, Service culturel
de l’ambassade de France
Photo : D. R.
19/6/09– Dépôt – New York, Metropolitan Museum – Le service culturel de l’ambassade de France aux Etats-Unis est situé à New York, sur la 5th Avenue, à proximité du Metropolitan Museum et de la Frick Collection. Ce bâtiment, construit en 1902 par l’architecte Sanford White, conserve dans sa rotonde d’entrée une sculpture représentant un Cupidon, qui est longtemps passée inaperçue.
Son attribution à Michel-Ange, avancée par Kathleen Weil-Garris Brandt, a mis l’œuvre sur le devant de la scène, déclenchant des débats passionnés comme tous ceux qui ont trait à cet artiste (voir brève du 13/5/09 et du 4/1/09) . Si Paul Joannidès y semble favorable, comme le rappelle Lee Rosenbaum sur son blog, d’autres n’y croient pas. L’œuvre avait été présentée dans une exposition-dossier au Louvre en 2000. Jean-René Gaborit, qui n’est lui-même pas convaincu par cette attribution, expliquait dans le catalogue que trois hypothèses étaient possibles : soit il s’agissait « d’un témoignage de l’influence exercée par Bertholdo di Giovanni sur les jeunes artistes du Giardino de San Marco » sans que l’on puisse réellement trancher entre les noms cités par Vasari ; soit il s’agit d’une œuvre « à situer plus tard dans le XVIe siècle et témoign[ant] d’un certain "michelangiolisme", assez diffus dans la sculpture dès les débuts du maniérisme [ayant] certaines affinités avec les œuvres de jeunesse de Baccio Bandinelli » sans qu’il soit possible de l’attribuer à celui-ci ; soit enfin il s’agirait d’une œuvre de Michel-Ange lui-même qui devrait être identifiée avec le Cupidon-Apollon de Jacopo Galli exécuté en 1496-1497.
Depuis deux ans, le devenir de la sculpture était en discussion, en raison des dangers liés à sa conservation à cet endroit, et parce que la France songe à vendre le bâtiment [1]. S’il est probable que le Cupidon y est conservé depuis sa construction, il s’agit d’un bien mobilier, appartenant à la France, inaliénable et imprescriptible. Les Affaires Etrangères ont interrogé la DMF et le département des sculptures du Louvre qui n’ont pas revendiqué l’œuvre, certainement parce que cela serait regardé comme un geste peu élégant envers les Américains, et on ne peut que leur donner raison sur ce point. Il a donc été décidé, après avoir envisagé un prêt à la Frick Collection, d’en faire bénéficier les Metropolitan Museum. Une convention de dépôt de 10 ans va être signée entre ce musée et « l’Etat Français – Ministère des Affaires Etrangères et Européennes. » En échange, le Met offrira un moulage (réalisé par numérisation 3D, donc sans contact avec l’œuvre et sans risque pour elle) qui prendra la place de l’original afin de conserver l’aspect de l’entrée de l’édifice.
Le Cupidon sera exposé au Metropolitan à partir du début du mois de novembre.
