Le Delaware Art Museum vend une œuvre


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William Holman Hunt (1827-1910)
Isabella and the Pot of Basil, 1867
Huile sur toile - 60,7 x 38,7 cm
Vendue par le Delaware museum of Art
Photo : Christie’s

22/6/14 - Deaccessioning - Delaware Art Museum - Et en plus, le tableau a été bradé. Afin d’éponger ses dettes, le Delaware Museum of Art a vendu (voir la brève du 31/3/14) une œuvre phare de sa collection préraphaélite. Entrée au musée en 1947, Isabelle et le pot de basilic de William Holman Hunt illustre un poème de John Keats (1818) qui puise lui-même son sujet chez Boccace. Isabella a caché dans un pot de basilic la tête de son amant Lorenzo, tué par ses frères. Une première version plus grande est conservée au Laing Art Gallery de Newcastle upon Tyne. Elle influença plusieurs artistes tels John White Alexander (1897) et John William Waterhouse (1907).

Estimée entre 8,5 et 13,5 millions de dollars (5 à 8 millions de livres), la toile du Delaware a finalement été adjugée 4,8 millions de dollars (2,8 livres) dans une vente de Christie’s à Londres le 17 juin. Il s’agirait d’un record pour un tableau de cet artiste mis aux enchères, on peut donc s’étonner que l’estimation ait été aussi élevée.
Autant dire que le fruit de cette vente ne comblera pas la dette du musée : combien d’oeuvres devra-t-il aliéner pour atteindre l’objectif (abyssal) de 30 millions de dollars ? D’autant que tous les acheteurs savent que le musée a besoin d’argent, les prix ne s’envoleront certainement pas très haut.
L’Assocation of Art Museum Directors a condamné cette vente dans un communiqué du 18 juin 2014 et demandé à ses membres de suspendre toute collaboration avec le musée, dépôt ou prêt d’oeuvres et projets d’expositions. Elle regrette que le Delaware Museum of Art considère sa collection non comme un héritage pour les générations d’aujourd’hui et de demain, mais comme des actifs disponibles pour renflouer les caisses. L’association rappelle en outre que l’aliénation d’une œuvre d’un musée ne peut être envisagée que pour en acheter d’autres dans le but d’enrichir la collection. Cette affaire est une nouvelle preuve que l’inaliénabilité ne devrait pas être conditionnelle, mais absolue, faute de quoi toutes les dérives sont possibles.


Bénédicte Bonnet Saint-Georges, dimanche 22 juin 2014





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