Le Cabinet des Bains d’Eustache Le Sueur pourrait sans doute être restauré


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1. Eustache Le Sueur (1616-1655)
Cabinet des Bains, détail du plafond
qui s’est écroulé lors de l’incendie du 10/7/13
Paris, Hôtel Lambert
Photo : La Tribune de l’Art

19/6/14 - Restauration - Paris, hôtel Lambert - On se rappelle que le Cabinet des Bains de l’hôtel Lambert a été entièrement détruit dans l’incendie qui a ravagé ce monument dans la nuit du 9 au 10 juillet 2013. Mais de plusieurs sources concordantes, nous savons désormais que cette destruction n’est pas irrémédiable, une divine surprise que nous avons le plaisir de révéler ici en exclusivité. Outre que la corniche subsiste, comme nous l’avions déjà indiqué1, les conditions de son effondrement ont finalement permis de retrouver une grande partie de l’œuvre, en morceaux. L’incendie a en effet causé l’écroulement du plafond qui semble s’être détaché d’un bloc, la couche picturale, qui a été en quelque sorte protégée par les débris, n’a pas brûlé. L’eau des pompiers a contribué à compliquer encore la situation, mais selon nos informations, le puzzle subsiste, un peu comme, on s’en rappelle, la peinture murale de Giotto de la coupole de l’église d’Assise avait pu être récupérée. Les pièces sont actuellement en cours de tri et de nettoyage.
Grâce à l’informatique, il serait certainement possible de retrouver l’emplacement de chaque morceau et, toujours comme à Assise, de restaurer l’œuvre avec la peinture originale en se contentant de combler les manques, l’ensemble étant particulièrement bien documenté grâce à la campagne photographique approfondie effectuée juste après la restauration du décor et avant l’incendie.

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2. Eustache Le Sueur (1616-1655)
Cabinet des Bains, détail du plafond
qui s’est écroulé lors de l’incendie du 10/7/13
Paris, Hôtel Lambert
Photo : La Tribune de l’Art

De ce que nous savons, le propriétaire de l’hôtel coopère pleinement sur ce sujet avec le ministère de la Culture. Nous l’avons interrogé, par l’intermédiaire de la SCI Hôtel Lambert qui sert d’intermédiaire, et il nous a été répondu qu’aucune option de reconstruction du Cabinet des Bains n’avait encore été officiellement présentée par la maîtrise d’œuvre.
Deux choix sont en effet possibles : la reconstitution complète à partir des photographies, ou une restauration telle que nous la décrivons plus haut. Le premier devrait à notre sens être exclu car l’œuvre n’aurait alors plus rien d’authentique, excepté sa corniche. On ne refait pas Eustache Le Sueur.
Il est essentiel que la direction des Patrimoines soit particulièrement attentive sur ce sujet, ce décor étant toujours protégé monument historique, comme le bâtiment qui l’abritait. Si cela est possible, comme nous le supposons, le plafond devrait être restauré à partir des fragments subsistants. Si ça ne l’était pas, il faudrait que les morceaux soient soigneusement conservés. Quel beau geste alors que de les offrir au Louvre qui pourrait exposer les plus beaux comme tels, derniers souvenirs d’un des décors les plus exceptionnels du XVIIe siècle (où ils rejoindraient le décor du Cabinet de l’Amour de même provenance) !

Certains disent qu’une information plus un démenti, cela fait deux informations, un point de vue que nous ne partageons évidemment pas. Dans le cas qui nous occupe, il s’agit davantage d’un miracle que d’un démenti. Tous ceux qui avaient vu le Cabinet des Bains après le sinistre pensaient que celui-ci était définitivement perdu, ce qui avait été communiqué officiellement et de bonne foi par le ministère de la Culture. Nous pouvions ainsi écrire un article : « Cabinet des Bains de l’Hôtel Lambert : voilà ce que nous ne verrons plus ». Peut-être, finalement, le reverrons nous un jour...


Didier Rykner, jeudi 19 juin 2014


Notes

1Voir la note 1 de cet article. Nous y écrivions déjà que des morceaux du plafond pouvaient finalement subsister.





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