Le British Museum acquiert une Vierge en albâtre du XIVe siècle


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Vierge à l’Enfant
Angleterre, vers 1350-1375
Albâtre - 75 cm
Londres, British Museum
Photo : British Museum
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30/12/16 - Acquisition - Londres, British Museum - Elle a survécu à la fois à la Réforme anglicane et à la Révolution française : une Vierge à l’Enfant en albâtre réalisée vers 1350-1375 a été achetée par le British Museum1 auprès du marchand londonien Sam Fogg.
Son histoire est incertaine. Sculptée en Angleterre, elle s’est retrouvée à l’abbaye de Saint-Trond, en Belgique, qui fut fermée par les Français en 1789 ; elle entra par la suite dans la collection d’Albert Figdor, puis passa entre différentes mains privées avant d’être mise en vente chez Sotheby’s à Londres le 10 décembre 2015 ; elle a été depuis dégagée de l’épais vernis jaune qui cachait le raffinement de sa sculpture.

Probablement créée dans les Midlands, elle témoigne de la qualité des albâtres anglais qui sont parfois dévalorisés. L’extraction du matériau se faisait essentiellement près de Nottingham, entre Derby et Stafford, il était ensuite travaillé dans différents centres, rehaussé de peinture et de dorure. Facile à sculpter, d’une blancheur qui pouvait rappeler le marbre ou l’ivoire, il fut particulièrement populaire au XIVe siècle et les statuettes comme les reliefs de dévotion privées se multiplièrent, souvent produits en série et de qualité inégale.
AU XVIe siècle, quand la Réforme anglicane initiée par Henri VIII et poursuivie par son fils Edouard VI condamna les images religieuses, la production des albâtres de Nottingham s’essouffla.

La Vierge à l’Enfant était évidemment une figure largement représentée. L’attitude de Marie varie d’un modèle à l’autre : elle tient le pan de sa robe, un sceptre ou serre le pied de son fils. Ici elle porte des fleurs tandis que Jésus pose tendrement sa main sur la poitrine de sa mère. Il porte un orbe et Marie, reine du ciel, a une couronne. Elle est habillée d’une robe à boutons et d’un manteau qui tombe en tablier devant elle. La souplesse des plis de son vêtement, le détail des mèches de cheveux, des doigts distinctement séparés les uns des autres témoignent de la qualité de cette sculpture. Elle conserve en outre quelques traces de polychromie et de dorure.
Le Victoria and Albert Museum conserve une Vierge à l’Enfant assez proche de celle-ci.


Bénédicte Bonnet Saint-Georges, jeudi 5 janvier 2017


Notes

1Avec l’aide de Art Fund et the National Heritage Memorial Fund.





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